L'empathie ou intropathie (Einfühlung) se définit dans la psychologie philosophique de l'idéalisme romantique en tant que connaissance esthétique d'objets auxquels on attribue des sentiments, puis comme autoprojection sentimentale, " sympathie symbolique " (V. Basch). L'empathie apparaît, dans le dictionnaire de Laplanche et Pontalis à l'entrée " identification ". C. Rogers tient que la compréhension empathique crée l'atmosphère qui permet l'épanouissement et le développement. Selon B.J. Broome, l'empathie construit une troisième culture entre ceux qui, d'origines différentes, se mettent à communiquer. Mais la souffrance, le désespoir chez l'autre et certains affects réveillés chez le sujet peuvent limiter voire empêcher l'empathie (J. Cosnier). Et l'empathie n'est qu'une condition préalable, nécessaire mais insuffisante de la rencontre (G. Marandon). Les études de cet ouvrage invitent à l'approche critique, problématisante des situations où l'empathie, éprouvée, s'exprime ou, au contraire, fait défaut. Elles appellent, et commencent à instrumentaliser l'observation du rapport entre l'empathie ressentie (en situation thérapeutique et en dehors, lors d'autres rencontres, notamment interculturelles) par un sujet et la conduite que celui-ci adopte.
Nombre de pages
216
Date de parution
01/11/2003
Poids
268g
Largeur
135mm
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EAN
9782747504072
Titre
L'empathie et la rencontre interculturelle
ISBN
2747504077
Auteur
Kiss Adam
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
268
Date de parution
20031101
Nombre de pages
216,00 €
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Ce volume résulte d'une coopération interdisciplinaire - toujours trop peu pratiquée - entre anthropologues, psychanalystes, psychologues et psychiatres. Il prend pour thème le suicide et les conduites suicidaires, des faits universels, interprétés et connotés différemment en particulier selon les contextes culturels, mais aussi faits que nulle part on ne contrôle. Progresser dans la compréhension de ces événements est une condition préalable nécessaire à la conception d'une meilleure prévention, car, comme on le sait, ces faits, incontestablement relationnels, n'échappent pas à toute influence. Dès lors, cette avancée est une tâche qui s'impose : la fréquence des suicides augmente dans bien des pays, y compris en France.
Au-delà de la prise en, compte de l'universalité des émotions et d'une certaine spécificité de leur occurrence dans chaque culture, cet ouvrage scrute la régulation des rapports qui résultent de nos affects. Des chercheurs - anthropologues, ethnologues, psychologues et psychiatres - donnent ici un éclairage convergent sur les émotions. Ils partent d'une double différence : les uns, cliniciens, se fondent sur l'unicité de chaque expérience subjective, les autres au contraire prennent la société, la culture, le collectif pour assise de leurs élaborations ; les uns, inscrits dans un seul contexte, pensent sans relativiser leur objet à sa spécificité culturelle, les autres, coutumiers du va-et-vient entre Asie et Europe, ne peuvent le concevoir sans cette donnée. Les émotions, toujours sociales, ne peuvent s'observer en dehors de l'intersubjectivité. pourraient-elles être perçues sans l'empathie de celui qui percevrait chez l'autre ... Intersubjectivité et empathie sont deux voies d'accès, parmi d'autres, à une lecture active de ces textes qui tantôt se répondent, tantôt se complètent librement, sans se limiter.
Témoins de génocides et de violences collectives, nous sommes aussi spectateurs de la fracture entre les économiquement et socialement exclus et les économiquement nantis et socialement dominants. Or, sans soumission, obéissance, conformisme, rien de tel ne pourrait se réaliser. Depuis Milgram, les recherches montrent que, dans les conduites sociales en général et celles d'obéissance et de désobéissance en particulier, le pouvoir des déterminants situationnels l'emporte trop souvent sur les dispositions personnelles. La question à laquelle nos contributions, fondées sur les sciences humaines, pourraient esquisser des réponses, est de savoir comment l'acte d'obéissance et de désobéissance se situe par rapport à l'acteur, à l'objet de l'acte, à l'ordre donné ou à la norme ambiante, au contexte socioculturel et historique, référé aux Droits Humains entendus au sens large et minimal comme portant sur les prestations que tout humain revendiquerait pour lui, et partant serait en mesure d'admettre comme exigibles par autrui.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...