L'épistémologie s'intéresse à la connaissance scientifique aux points de vue logique et méthodologique. Soit elle cherche les fondements du savoir qui précèdent la science elle-même, soit elle pose ses problèmes à l'intérieur de la science. Or, depuis que la science mathématique de la nature tend à une forme de mathématique pure, cette distinction classique n'est plus vraiment pertinente. Au-delà des questions épistémologiques habituelles, cet ouvrage propose une lecture critique de la science moderne, où la notion de "fondement" est élargie aux "premiers gestes". Lorsque Galilée a formulé la loi de la chute des corps sous une forme mathématique, il a considéré que les corps du monde physique réel se déplacent dans un espace vide, qui est un milieu idéal. Il a ainsi violé l'interdit posé par Aristote sur le mouvement dans le vide, et depuis lors la question du rapport de la pensée à l'intuition a été soulevée dans le cadre d'une interrogation inédite sur la Nature. La science de la nature a poursuivi son chemin vers sa mathématisation à outrance, et les grandes étapes de ce chemin que sont les théories de la relativité et de la mécanique quantique ont fini par faire resurgir les fantômes de l'intuition qui sont comme des piqûres de rappel du sens de ce qui a été ouvert pour commencer. Il fallait donc poser la question qui fut celle de Husserl : avant de tomber dans le vide, les corps ne sont-ils pas tombés énigmatiquement du vide pour susciter les premiers gestes du savoir? La loi de Galilée ainsi questionnée devient l'emblème d'une interrogation philosophique inédite. Le vide d'où surgissent les phénomènes naturels renvoie en amont de la nature, vers le monde de la vie sur lequel la science n'a pas de prise bien qu'elle en émane. Qu'est-ce qui s'effectue dans ce monde? En essayant d'approfondir cette question, la phénoménologie retrouve dans la science cette dimension intuitive de l'expérience que la science met en question. Dans une métaphysique de la nature tirée de la philosophie transcendantale, Kant l'avait déjà esquissée sous la forme d'une équivoque de l'intuition. Equivoque aussi riche de sens que porteuse d'une énigme à l'horizon de ces premiers gestes du savoir qu'aucun savoir constitué ne peut épuiser.
Nombre de pages
260
Date de parution
04/09/2014
Poids
446g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782841373024
Titre
Les premiers gestes du savoir
Auteur
Kerszberg Pierre
Editeur
MILLON
Largeur
160
Poids
446
Date de parution
20140904
Nombre de pages
260,00 €
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Depuis l'avènement de la science moderne, les grandes questions philosophiques traditionnelles sont absorbées dans un discours qui prétend mettre fin aux interminables conflits sur le sens de l'être, de la nature et de la connaissance. Accordant à la science l'autorité qui lui revient sur la foi de ses succès éclatants, la philosophie se contente alors souvent de dire comment la science est justifiable, comment elle évolue au gré des contraintes plus ou moins bien partagées par la théorie et l'expérience. Certes cette justification fait débat, et différentes écoles épistémologiques continuent de s'affronter, sans toutefois mettre en cause la scientificité même de la science. Depuis l'oeuvre pionnière de Husserl au tournant du vingtième siècle, la phénoménologie a eu l'audace de soulever à nouveau la question des fondements de la science, d'une manière dont l'originalité est loin d'avoir été épuisée et qui le plus souvent n'a été aperçue qu'au travers des clichés véhiculés par la métaphysique classique. Indépendamment de la validité et de la vérité des énoncés scientifiques, qu'est-ce qui justifie l'existence même d'une science comme la nôtre aujourd'hui ? À l'heure où les sciences de la nature font alliance avec les sciences humaines pour dépasser les clivages traditionnels où elles se sont enfermées depuis Galilée, il importe de restituer à la philosophie la liberté de réfléchir sur les sciences à l'écart de certaines normes qu'elles présupposent comme allant de soi. Cette liberté trouve son meilleur emploi dans un concept inédit, le "monde de la vie", dont la richesse propre est ignorée tant qu'on l'identifie au "sens commun" ou au "monde naturel". Il s'agit d'une pensée fondamentale sur le monde dont il est toujours question, dans la science aussi bien que dans toutes les formes d'expérience, sans qu'il ait jamais été interrogé pour son propre compte. Pensée fondamentale qui refuse cependant de jouer le rôle d'un fondement ultime, et qui invite plutôt à approfondir le sens de notre relation au monde désormais médiatisée par la science.
La philosophie est née d'un premier regard interrogateur tourné vers la nature et, dès l'origine, elle se voulait science de la nature. Mais à la suite de la révolution de la pensée au XVIIe siècle, la science a pris les devants. Elle a redéfini la nature, qui a cessé d'être le substrat immuable de tout ce qui existe. Forte du langage mathématique qu'elle privilégie sur les autres voies d'accès à la nature, la science affirme son aptitude à métamorphoser des qualités naturelles et même à les engendrer. Au lieu d'un fondement dernier, surgit la capacité de la nature à se renouveler selon des formes que rien ne laissait prévoir, provoquées par notre intervention. En même temps que son champ d'action s'est étendu, la nature, si abstraite soit-elle, est devenue décidément humaine. C'est une humanité inquiétante, où l'harmonie de jadis est remplacée par le désordre, le contingent, l'effondrement. Or, la maîtrise de cette instabilité s'alimente au trouble que la science a elle-même créé : elle n'a plus affaire au réel que par l'intermédiaire d'un imposant dispositif symbolique, et les symboles mathématiques ont fini par prendre la place du réel ; ils sont l'ombre d'une nature dont on ne sait plus rien de la lumière irradiée au commencement. C'est justement parce que la science s'est accaparé ces potentialités de réflexion traditionnellement dévolues à la philosophie qu'une nouvelle reprise philosophique du concept de nature s'avère nécessaire. Inlassablement le tourment d'une vaste Nature vient rappeler toutes les formes de savoir à leur origine dans le monde qui semble aller de soi. Le monde naturel au premier contact est finalement la plus grande énigme que nous lègue aujourd'hui la science. La Nature ainsi reprise dépose une ombre, réfractée tout à la fois dans le désir de savoir et dans sa perpétuelle insatisfaction.
Centré sur la relation de la philosophie avec la poésie, cet ouvrage examine le conflit qui les oppose, selon les termes mêmes de Platon qui pourrait bien avoir inventé l'opposition pour mettre en évidence une vraie fausse résolution. Celle-ci prend la forme d'une appropriation ou d'une subjugation qui nécessitent une réinvention de la poésie, c'est-à-dire une redéfinition de sa nature et de ses fins. Réinvention qui conduit au refus d'une frontière entre philosophie et poésie. Or la nécessité de ce refus repose sur une exigence de réception, celle d'une pratique qui se déploie dans le dialogue et que le lecteur est invité à émuler. Cette pratique est fondée sur une question : comment faut-il vivre ou qu'est-ce que la vie bonne ? La réponse à cette question exige de répondre à cette autre : qu'est-ce que philosopher ? Ces deux questions, quelles que soient les réponses qui en sont données dans les Dialogues, sont inextricablement mêlées puisque vivre c'est philosopher.
La santé du prince était une importante source de préoccupation pour les sujets de l'Empire romain, qui formulaient chaque année le 3 janvier des uota (voeux) relatifs au salut de l'empereur, intrinsèquement liés à celui de l'Empire. Si jusqu'à présent ce thème a été traité par le biais des "maladies" réelles ou supposées des princes, surtout des maladies nerveuses et psychologiques des "Césars fous", des études plus récentes ont souligné le lien entre la "folie", mais aussi la bonne santé du prince, et le discours idéologique. Les auteurs se proposent, à l'occasion de ce colloque qui s'est tenu les 4-5 juin 2018 à l'Université de Lausanne, de replacer au centre de l'enquête la santé du prince sous le Haut-Empire, ainsi que son corollaire, l'hygiène de vie du prince.
Résumé : Au Ve siècle avant notre ère, l'avènement des mages en Grèce ne se fait pas sans bruit. Présentés d'abord comme conseillers de rois, sacrificateurs et interprètes des songes, dans cet ailleurs qu'est l'empire perse, ils se retrouvent rapidement au c?ur de la cité athénienne, où ils sont accusés de charlatanerie et de tromperie. Avec eux, apparaît une notion nouvelle, qui a connu une fortune durable dans la culture occidentale : la magie. Rares sont les voix qui ont invité à questionner les évidences de ses origines. Peut-on continuer à postuler une contiguïté, sinon une coïncidence, entre la notion grecque de magie telle qu'elle apparaît à la fin du Ve siècle et la conception moderne de la magie, qui en fait une catégorie universelle, un type de mentalité ou de pensée ? Comment les Grecs ont-ils conçu cette notion nouvelle ? Quelle significations lui ont-ils attribués ? Dans une perspective d'histoire culturelle, ce livre analyse le contexte qui a favorisé l'émergence de la magie, au c?ur des débats qui animaient les cités grecques. Il montre également comment elle a été conçue dans le creuset culturel grec et explore les représentations mobilisées à cet effet. A travers cette étude, ce sont plusieurs facettes de la culture grecque qui se révèlent, des dieux qui " médusent " à l'écriture qui enchaîne, de la puissance poétique à la figure de Socrate.