Victime d'une banale fracture de jambe, la vieille Mme Moscovici a dû quitter son appartement de Tel-Aviv et intégrer le service de gériatrie de l'hôpital G. C'est l'enfer, dit-elle, peuplé de morts-vivants et de personnages ambigus. Entre l'entretien de sa chevelure à quoi elle voue un véritable culte, le combat acharné pour récupérer son autonomie, les conflits et les bons moments passés avec ses amies, Mme Moscovici s'y construit cependant une vie bien réglée. C'est alors que surgit Lazare Kagan qui va en gripper le mécanisme : peintre alcoolique, menacé d'amputation, extraordinaire figure de don Juan délabré, il réveille en elle la coquetterie, la jalousie, le goût de la fantaisie. L'hôpital devient alors le lieu de circulation du désir et des passions les plus contradictoires. Mais pas plus comme enfer que comme haut lieu érotique, cet endroit n'appartient au monde réel, comme le dit Kagan. Mme Moscovici devra réintégrer celui-ci, se confronter à elle-même puis se résigner à vivre sans illusions, indifférente à tout, sous le regard implacable des étoiles. Métaphore de la vieillesse écrite sans complaisance, ce récit possède, comme le dit Amos Oz, "un formidable effet cathartique de compassion pour ce qui est notre lot à tous".
Nombre de pages
336
Date de parution
13/10/1994
Poids
324g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070730476
Titre
Vers les chats
Auteur
Kenaz Yehoshua
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
324
Date de parution
19941013
Nombre de pages
336,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Je me souviens de cette douleur, de cette honte de la trahison et de l'échec. Je ne savais pas où emporter cette honte. J'ignorais d'où avaient surgi en moi de telles profondeurs de méchanceté. " Chacun des protagonistes des nouvelles rassemblées dans ce recueil pourrait prononcer ces mots du jeune narrateur de Moment musical, qui, à l'occasion d'un apprentissage problématique du violon, vit une irréversible initiation à la cruauté. Comment l'amour se transforme-t-il en haine ? Quand et pourquoi déserte-t-on l'enfance pour passer sans rémission à l'âge adulte ? En quels lieux secrets de l'âme la perversion trace-t-elle ses chemins ? Sans jamais céder à la tentation de faire vibrer la note lyrique de l'écriture, soumettant au contraire celle-ci à la contrainte de la plus exigeante pudeur, Yehoshua Kenaz porte, sur les " passages " de la vie, et sur la mort de l'innocente, un regard à jamais bouleversé par l'inacceptable découverte de la magie du mal, de la beauté du péché - et de la tentation de s'y accomplir.
Pendant la guerre du Golfe, une vieille dame meurt à la suite d'un incendie qui s'est déclaré dans la cage d'escalier d'un immeuble de Tel Aviv. s'agit-il vraiment d'un accident ? Sur un canevas discrètement policier, l'auteur fait apparaître, en les concentrant de manière saisissante, tous les motifs de la problématique modernité de tel Aviv.
Biographie de l'auteur Ecrivain et traducteur (de Flaubert, Balzac, Simenon...) Yehoshua Kenaz, né en 1937, a étudié à l'université de Jérusalem et à la Sorbonne. Il a publié sa première nouvelle en 1960. Il écrivit La Grande Femme des rêves en 1972, alors qu'il séjournait à Oxford ; depuis la parution de son roman Infiltration, ce livre a été redécouvert et n'a cessé d'être réédité. En France, ont déjà été publiés : Vers les chats (Gallimard, 1994), Moment musical (Actes Sud, 1995), Infiltration (Stock, 2003), Paysage aux trois arbres (Actes Sud, 2003) et Retour des amours perdues (Stock, 2004).
Entre éclat de rire et saisissement glacé, neuf nouvelles tel-aviviennes qui ouvrent une nouvelle porte dans l'oeuvre de Kenaz. Mais l'auteur conserve sa compassion intacte, malgré l'acuité de sa redoutable lucidité et une franche attirance pour le côté glauque des choses.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.