Nil et autres poèmes. Edition bilingue français-hongrois
Kemény Istvan ; Métayer Guillaume
RUMEURS
19,00 €
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EAN :9782493182067
Avec Nil et autres poèmes, le lectorat francophone retrouve la voix singulière du grand représentant d'un postmodernisme lyrique et critique des marges intérieures de l'Europe, dont l'imaginaire teinté d'ironie se plaît à recueillir et exalter la profondeur dissonante et émouvante des mythes dans notre quotidien. A côté du récent recueil Nil (2018), publié ici dans son intégralité, des poèmes de plusieurs époques ont été rassemblés dans ce volume, pour faire écho à l'originalité de cette oeuvre dans sa variété. Cette poésie de l'allégorie affecte une forme d'insistance butée, qui voudrait triompher du scepticisme à l'usure, rendre possible le miracle une minute avant qu'il ne survienne. Elle s'applique à déjouer les séparations pour esquisser des rapports inouïs, non seulement avec l'histoire et le mythe, mais entre des événements considérés comme trop éloignés. Il s'agit d'une autre forme de la compréhension : non plus l'analyse qui divise, mais l'imagination qui relie, jusqu'au plus lointain, et lui donne ainsi sens dans l'ampleur quasi surhumaine, visionnaire de la représentation. La poésie est le lieu de telles rêveries qui pourraient bien s'avérer justes, si elles n'étaient infalsifiables, c'est-à-dire à la fois irréfutables et improuvables. Ces poèmes, dans leur diversité libre de toute école, ne cessent de nouer des interprétations possibles, pour nous donner à comprendre, à penser, à imaginer et à sentir le monde autrement.
Nombre de pages
208
Date de parution
30/06/2022
Poids
247g
Largeur
141mm
Plus d'informations
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EAN
9782493182067
Titre
Nil et autres poèmes. Edition bilingue français-hongrois
Auteur
Kemény Istvan ; Métayer Guillaume
Editeur
RUMEURS
Largeur
141
Poids
247
Date de parution
20220630
Nombre de pages
208,00 €
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Ce livre réunit quatre des sept recueils du poète polonais Grzegorz Kwiatkowski (né en 1984), Joies, (2013), Combustion (2015), Par un hibou (2017) et Karl-Heinz M. (2019) dans la traduction de Zbigniew Naliwajek. Ces poèmes, placés à l'intersection de l'inspiration de Spoon river Anthology d'Edgar Lee Masters mais aussi de Shoah de Claude Lanzmann, frappent par leur force crue, voire cruelle. "Des vies brèves? Se disant telles-pour mieux se ficher, en éclats acérés, dans nos mémoires" , selon les mots de Claude Mouchard. Une grande voix de la jeune poésie polonaise qui nous met en demeure de revivre et de repenser l'indicible, l'immédiateté semblant à présent le plus sûr chemin de l'anamnèse. Extrait de la préface de Claude Mouchard Joies ? Ce titre (celui du premier groupe de poèmes ici rassemblés), on n'évitera pas - lisant-relisant le mince (mais combien intense) recueil qu'il ouvre - de l'entendre sonner cruellement. Des "joies" ! C'est un sarcasme qui est lancé au lecteur. Celui-ci n'aura-t-il pas à éprouver que, si tous ces poèmes vibrent si brièvement, ce ne sera jamais que pour se rééchapper, l'un après l'autre, immanquablement, en autant d'énigmes ensanglantées ? Joies. . . : ce titre est aussi celui du premier poème, et le mot va revenir dans le dernier vers de ce même poème. De ce poème initial, la simplicité nous saisit : il flotte sur la vision atroce que, d'abord, son épigraphe nous aura imposée - ou intimée comme un ordre : le sang coule là-bas comme l'eau dans la rivière sauve-toi ! Se sauver ? Le lecteur, lui, aura été, d'emblée, saisi, et ne saurait fuir. Lisant plus avant, il reviendra à cette épigraphe, à l'aveuglante fluidité qui y menace - en arrière-plan de ce poème, voire de tous les autres. Ces poèmes si brefs, on ne pourra que les lire et, peut-être, les quasi oublier, mais pour d'autant mieux les relire - selon la puissance discrète de leurs émergences et re-submersions. Des résurgences de moments historiques terribles font leur tension, leurs rythmes, et l'effectivité de leurs liens à ce qui a eu lieu, collectivement, de plus abject, de plus insoutenable.
Les deux ensembles ici réunis, Divan du Tamarit et Sonnets de l'amour obscur, sont des testaments poétiques. Qu'aurait ensuite écrit Lorca, sans doute le plus connu des poètes espagnols, le martyr fusillé à l'âge de trente-huit ans par les franquistes ? L'écriture des poèmes de Divan du Tamarit commence au retour du grand voyage de Lorca à New York puis à Cuba, où il fait l'expérience d'une libération, personnelle et poétique. Depuis la réinvention de la tradition arabo-andalouse, les qasidas et les gazels sont des poèmes brûlants comme le sable blanc du désert, où se désintègre le corps devenu pure flamme sonore. Les onze Sonnets expriment un déchirement amoureux d'une intensité à couper le souffle, vécu au fil de l'année 1935. Ils mènent le lecteur à faire un pas de plus dans l'énergie du malheur, quand soudain tout se retourne en pure beauté, depuis la torture amoureuse la plus radicale. Le corps de la langue, traversé par une voix basse qui racle les sons comme un couteau et pourtant les fait chanter comme les cordes d'une guitare, fait entendre ce que l'on ne peut dire que par la poésie.
Inspiré de situations historiques européennes réelles, ce nouveau roman de Louise L. Lambrichs écrit l'histoire d'invisibles sans voix, rescapés discrets des horreurs de la grande Histoire, de ceux que l'on croise tous les jours sans savoir à quel point les événements historiques les ont définitivement marqués et continuent secrètement de les hanter. Un roman d'amour sans étiquettes ni frontières et de fidélités, un roman inquiet propre à donner à rêver, à penser. (extrait) : « Tu m'avais bien promis, pourtant. La voix baisse encore, chargée d'amour déçu s'éraille. Marko fronce le sourcil, son regard un instant vacille puis s'accroche vaille que vaille aux objets, au tablier taché qui efface la taille épaisse de Mady, à la table maculée de traces innommables, à la robe mouchetée de Bouloum assis sur l'appui de la fenêtre, à l'ampoule nue, au plafond, qui luit faiblement mais troue la nuit, tout de même. ? C'est la guerre, Mady. Tu dois comprendre cela, c'est la guerre. Marko dans un souffle a murmuré. Ces mots qui depuis des jours des mois le hantent habitent ses nuits sans passer ses lèvres, il n'osait les dire et voilà qu'ils sont tombés entre eux comme une pierre, le prenant lui-même au dépourvu. Et maintenant, la guerre est vraiment là. »