LE MOUTON ET LE MURIER. Rituel du sacrifice dans la montagne libanaise
Kanafani-Zahar Aïda
PUF
23,33 €
Epuisé
EAN :9782130499275
Au centre de l'univers animal de la montagne libanaise se trouvent le mouton à queue grasse et le ver à soie. Tous deux sont nourris de feuilles de mûrier, et le mouton mange aussi un produit hautement valorisé, les restes des feuilles ayant servi à nourrir les vers. Le mûrier dont les terrasses ont façonné le paysage de cette montagne, est l'arbre de la magnificence, à la fois damné et sacré. L'animal et le végétal s'imbriquent dans une pratique d'élevage peu commune, le gavage. Gaver, c'est rendre gras, sur-dimensionner ; c'est aussi créer un autre animal, avec une nouvelle image. L'acte de domestication ne sert pas seulement à rentabiliser un animal mais aussi à le transformer en le rendant "encore plus domestique" c'est-à-dire "encore plus gras" et "encore plus proche de l'homme". La base de cet élevage exceptionnel repose sur un rapport au milieu, une gestion de ressources mais aussi sur un système symbolique et rituel. Castré et privé de son autonomie à se nourrir, le mouton dépasse cette double dépendance par l'affection que lui porte la femme qui le gave, affection qui a une retombée économique réelle. Il devient, à la fois animal et humain, à la fois mâle et femelle. Gaver s'apparente ainsi à une action qui transgresse une certaine image, un ordre naturel où l'animal reste confiné dans une typologie stricte, et un ordre culturel où il ne peut pénétrer le foyer humain. Dans le gavage, forme extrême d'intervention de l'homme sur l'animal, cet ordre est renversé. Si la transformation du mouton en animal "encore plus gras" est un succès, celle qui en a fait un animal "encore plus proche de l'homme" se doit d'être interrompue lors de l'abattage par une licitation rituelle. Vulnérable, subissant une action de grande portée, proche de la mort, le mouton a un statut particulier. Au terme du gavage, il est du devoir des humains de l'abattre, de le "sacrifier".
Nombre de pages
174
Date de parution
01/09/1999
Poids
530g
Largeur
150mm
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EAN
9782130499275
Auteur
Kanafani-Zahar Aïda
Editeur
PUF
Largeur
150
Date de parution
19990901
Nombre de pages
174,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Le mezzé, un assortiment d'entrées non carnées et carnées, froides et chaudes, crues et cuites, inaugure un repas épicurien. Il se caractérise par une ouverture marquée par les saveurs du salé, de l'acidulé et du végétal frais, et trois tableaux : le règne du légume, la viande annoncée et le carné confirmé. La variété des matériaux bruts, des modes de préparation et de cuisson, génère une palette de couleurs, de senteurs, de saveurs et de textures d'une grande richesse. Qu'il soit de l'intérieur des terres ou de la mer, le mezzé s'inscrit dans une cuisine saisonnière qui célèbre le végétal et une cuisine intemporelle issue des manières ancestrales de conserver les aliments : le séchage au soleil et la fermentation. Il met en scène la table du quotidien et des fêtes et il associe les mets les plus ordinaires aux entrées les plus rares et les plus élaborées. Sa scénographie visuelle et gustative obéit aux représentations de l'acte culinaire : le « souffle » du cuisinier et « l'âme » du mangeur. En interagissant, chacun avec son sens, ils posent les fondements anthropologiques de la cuisine libanaise.
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