Seize ans. Un enfant : il ne prend pas la parole, il s'en empare, il l'accapare, il en presse le pouvoir maléfique avec une amère jouissance. En notre époque, qui est celle des explications par la famille, la société - et voici que s'ajoute, pour Tantale, l'explication par l'âge, il est difficile, à un débutant qui a une souffrance vraie à dire, de ne pas la dire avec outrance : comment ne redouterait-il point, en effet, qu'après le passage des sociologues et des psychologues, la charge poétique qu'il entend mettre dans son oeuvre ne soit presque entièrement épuisée ? Il doit donc hausser la voix, sans cesse, attirer, par ses cris, l'attention du lecteur sur la nuit qui enveloppe son âme, et dont nulle analyse ne le pourra délivrer. Je ne dirais donc pas que Tantale manifeste le mal de la jeunesse, mais plutôt la disgrâce de ce siècle, où le progrès dépoétise le malheur, où il faut s'époumoner pour se faire entendre, où il faut passer pour fou si l'on veut être admiré. On n'achève pas cet ouvrage sans malaise. Au vrai, je ne vois pas d'autre raison pour l'aimer, que la sournoise blessure qu'il laisse en vous quittant. Non point qu'il soit cruel à la manière des " premiers romans " d'aujourd'hui : ces histoires élégantes et froides, dont il ne reste rien, une fois la dernière page tournée, qu'un go-t acide au bord des lèvres, ne sont pas le fait de Kalda. Son livre ne provoque pas, il contamine. Il n'est pas cruel, mais nocif. Il vous attache par le mal qu'il vous fait. Quel mal ? C'est au lecteur d'être sincère avec soi. Qu'il ne ferme pas l'oreille à ce cri qui déchire le silence où sont murés les enfants. D. Fernandez
Nombre de pages
246
Date de parution
01/01/1967
Poids
249g
Largeur
127mm
Plus d'informations
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EAN
9782246808244
Titre
Tantale
Auteur
Kalda Alexandre
Editeur
GRASSET
Largeur
127
Poids
249
Date de parution
19670101
Nombre de pages
246,00 €
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Pour comprendre l'Inde, il faut y avoir vécu plus de vingt ans comme le fit Alexandre Kalda dont le nom, à l'ashram de Sri Aurobindo, fut Archaka (en sanskrit, celui qui invoque la lumière). Promenade en Inde est le résultat de l'expérience exceptionnelle de l'auteur qui étudia la civilisation, la culture et la vie quotidienne d'un pays tellement étranger à l'Occident.A la fois récit de voyage, quête ethnologique et essai métaphysique, ce texte vivant, documenté et attachant permet une approche originale et authentique de l'Inde. Attentif et passionné, le regard d'Alexandre Kalda a su discerner, derrière les visages, les paysages et les mots, l'âme de l'Inde. Biographie de l'auteur Né le 27 décembre 1942, Alexandre Kalda publie son premier roman, Tantale, chez Grasset à l'âge de 16 ans. C'est en 1975 qu'il part vivre en Inde dans l'ashram de Sri Aurobindo. Le 7 février 1996, il meurt subitement à Pondichéry.
Le narrateur, ici, qui se penche sur son passé et réfléchit à ses aventures, n'est pas un homme, mais mieux qu'un homme, peut-être : un cheval. Et quel cheval ! Né dans le Grand Désert, Saïd a bien compris les leçons de son premier maître : " Mohammed me voulait droit, franc, léger. " Et c'est en effet " droit, franc, léger ", que Saïd part à la découverte du monde moderne, à l'est et à l'ouest, portant sur les bizarreries des civilisations le regard neuf et noble d'un cheval qui vaut bien le regard du Persan d'un certain Montesquieu.Ce " seigneur des chevaux " mérite d'être aussi seigneur parmi les hommes. Son histoire merveilleuse, parue pour la première fois il y a quinze ans et qu'on lit aujourd'hui jusqu'en Inde, est-elle un conte philosophique à la façon du XVIIIe siècle ? Est-ce une fable ? Faut-il rêver à la morale de cette parabole ? Beaucoup liront ce conte comme un conte - pour le plaisir -, et rejoindront ainsi Jean de La Fontaine : " Si Peau d'Ane m'était conté, j'y prendrais un plaisir extrême. ".
De 1980 à 1982, Vikram Seth a séjourné en Chine pour étudier à l'université de Nan-King. Au cours de l'été 1981, il décide de rentrer chez lui, à Delhi, en passant par le Tibet et le Népal. Il voyage en faisant du stop depuis les oasis du nord-ouest de la Chine jusqu'à l'Himalaya en traversant quatre provinces chinoises. Ce livre, né du journal qu'il a tenu alors, nous fait voyager dans les régions à l'époque interdites aux étrangers. Vikram Seth, qui obtient le visa nø 0001 pour Lhassa, est accepté par Siu et par son neveu à bord d'un camion sans chauffage ; ce sont des habitués de la route. Les inondations les empêchent souvent d'avancer, et les routes deviennent de grands bourbiers qui piègent les camions. Et si le voyage tient souvent du calvaire, Vikram Seth arrive quand même à Lhassa avant l'expiration de son visa...
Depuis tant d'années, je tourne en rond dans ma cage, mes rêves sont peuplés de meurtre et de vengeance. Jusqu'au jour où la solution se présente enfin, la, sous mes yeux, comme une évidence : prendre le chasseur à son propre piège, l'enfermer dans un livre". Séduite à l'âge de quatorze ans par un célèbre écrivain quinquagénaire, Vanessa Springora dépeint, trois décennies plus tard, l'emprise que cet homme a exercée sur elle et la trace durable de cette relation tout au long de sa vie de femme. Au-delà de son histoire intime, elle questionne dans ce récit magnifique les dérives d'une époque et la complaisance d'un milieu littéraire aveuglé par le talent et la notoriété.
Raconter René Goscinny en bande dessinée. Et lui donner la parole, au fond, pour la première fois. Tel est le projet de cet album exceptionnel. Un événement artistique. Et un livre de tendre amitié. Catel, célèbre dessinatrice, travaille depuis quatre ans, avec l'appui et l'amitié d'Anne Goscinny, à ce "Roman des Goscinny" - un roman graphique où tout est vrai. 320 pages magnifiques, en trichromie, où Catel nous raconte la vie de René Goscinny. Sa naissance, dans le Paris des années 20, au coeur d'une famille juive, exilée de Pologne et d'Ukraine. Son père, chimiste, fils de rabbin. Sa mère, née en Ukraine, ayant fuit les progroms. Son grand-père, imprimeur de journaux yiddish. Son grand-frère moqueur, Claude. L'enfance en Argentine, bientôt. Et les passions de René : le dessin, le rire, puis l'écriture. Catel nous emmène dans un voyage familial marqué par l'histoire, entre l'Amérique et l'Europe. Tandis que le jeune René cherche sa voie, lui le "paresseux contrarié" , une partie de la famille meurt dans les camps d'extermination. René part à New York, frappe à toutes les portes, dessine et vit dans la pauvreté avec sa mère. A Bruxelles puis à Paris, il trouvera peu à peu sa vocation : non pas dessiner, mais écrire, scénario, sketchs, histoires. Goscinny crée, avec Uderzo, le personnage d'Astérix, qui devient très vite célèbre dans le monde entier ; mais aussi le Petit Nicolas avec Sempé. Et il est le grand scénariste de Lucky Luke et de Iznogoud. C'est aux portes du "célèbre village gaulois" que s'arrête le premier tome du "Roman des Goscinny" : alternant avec force et tendresse des épisodes de la vie de "René" ; et ceux racontés par sa fille Anne à son amie - donnant une vérité, une drôlerie et une émotion à ce projet fondateur.
Voici Dany Laferrière dans tous ses exils. Obligé de fuir Haïti à l'âge de 23 ans sous les aboiements d'une meute de chiens, il entame une vie d'exils, de Miami à Paris en passant par le Brésil, sans avoir ajamis vraiment quitté Montréal. Après l'Autoportrait de Paris avec chat, Dany Laferrière approfondit la veine du roman dessiné et écrit à la main. L'Exil vaut le voyage offre un point de vue original sur le sentiment de l'exil : est-ce une expérience aussi terrible qu'on le dit ? En revenant sur ce qu'on croit à tort une fatalité, Dany Laferrière nous dit combien les pérégrinations obligées, si on les accueille en ouvrant les yeux et l'esprit, nous enrichissent. Quelle occasion de rencontres nouvelles, avec des écrivains, des femmes et des chats ! Le monde regorge de richesses, et ce livre nous les fait découvrir avec charme et humour, mais aussi, parfois, un lyrisme pudique : " Je viens de parler à ma mère longuement, et je dois partir sans bagage " . Si les exils ont leur part d'arrachement, ils donnent aussi à voir le monde et des mondes. De Jorge Luis Borges à Virginia Woolf, de jazzmen solitaires en cafés bondés, de l'Amérique à l'Europe, voici de fructueux exils, avec, pour compagnons de voyage, de chapitre en chapitre, les grands exilés du monde, Ovide, Mme de Staël, Graham Greene, le grand romancier cubain José Lezama Lima, et bien d'autres.
C'est l'une des maladies les plus craintes par les Français, mais aussi l'une de celles que le public connait le moins. C'est le grand mal du siècle, appelé à devenir dans les prochaines années la première préoccupation de santé de nos sociétés, mais un mal que la Recherche et la médecine ne savent pas encore soigner. Pourtant, à terme, il est probable que chacun connaîtra, dans son entourage, un proche atteint de la maladie d'Alzheimer. Les chiffres sont connus : 47 millions de cas de démence dans le monde, plus de 800 000 patients en France, 140 000 nouveaux cas chaque année, avec la perspective de voir ces chiffres doubler d'ici l'an 2030. Près de 20 % des sujets âgés de plus 80 ans en sont atteints. Les syndromes aussi : troubles de la mémoire, perte d'autonomie, démence, apathie progressive. Mais qu'est-ce, précisément, que cette maladie qui nous vole ce que nous avons de plus précieux, nos souvenirs et notre identité ? Qu'est-ce qui, dans le cerveau, dysfonctionne ? Comment la diagnostique-t-on ? Oublier le nom d'untel ou un mot doit-il suffire à nous alarmer ? Et comment la soigne-t-on ? Où en est la recherche ? Un médicament pourrait-il un jour être trouvé ou faut-il nous résoudre à voir de plus en plus d'hommes et de femmes sombrer dans l'oubli ? Quel sera alors le rôle de l'Etat ? Pour répondre à ces questions, et pour la première fois, le spécialiste de la maladie d'Alzheimer, le neurologue Bruno Dubois prend la parole et nous dit tout. Ce qu'est la maladie (I) : comment elle affecte les patients, l'entourage et la société. Comment on la prend en charge, ce que la société en sait. Son histoire (II) : du premier cas diagnostiqué par Alois Alzheimer aux différents plans présidentiels en passant par les aventures médicales et scientifiques qui ont permis de mieux la cerner. Ce que nous pouvons espérer (III). Le suivre dans cette épopée scientifique et ce cours magistral, c'est partager l'expérience d'un neurologue chevronné qui a contribué à définir la maladie pour mieux la vaincre ; comment il a dû se battre pour la faire reconnaitre comme une maladie spécifique, pour obtenir certains appareils nécessaires au diagnostic, pour informer aussi, et aller contre les inepties relayées par les médias, d'après lesquelles un carré de chocolat pourrait prévenir ou même guérir ; comment il se bat aujourd'hui pour lever des fonds. Dans cet ouvrage passionnant, il met enfin des mots sur cette maladie redoutée et livre sans fard toute la vérité sur Alzheimer. Un document choc, nécessaire.