L'Homme et la Société N° 167 : Marges et marginalisations dans l'histoire de la psychologie
Kail Michel
L'HARMATTAN
34,50 €
Sur commande en 6-8 jours
EAN :9782296068100
La revue a pour prétention affichée dès sa fondation en 1966 d'embrasser tout le champ des sciences humaines et sociales. La présente livraison s'intéresse à la psychologie sous l'angle de son histoire. Une histoire des marges et de différents processus de marginalisation. La notion ne prenant sens qu'en référence à un centre, une histoire des marges est l'histoire des conflits entre ce centre et les discours qu'il prétend repousser à la périphérie du champ scientifique. A la périphérie ne signifie pas hors du champ scientifique, car la théorie qui occupe, dans telle configuration historique, la position centrale a besoin de se distinguer de ses marges pour assurer sa légitimité. L'attention portée aux marges d'une discipline a l'avantage de ne pas astreindre l'histoire de celle-ci, au schéma évolutionniste. Un tel schéma dessine par avance un cadre immuable, celui du progrès, que les évènements recensés viennent remplir. Comme si tout était déjà arrivé. Il se pourrait cependant que l'accent mis sur les marges d'une discipline scientifique ne perturbe en rien le schéma évolutionniste censé rendre compte de son histoire si l'on devait considérer le centre et les marges comme des zones délimitées une fois pour toutes. Tel n'est pas le cas des études composant ce numéro, qui montrent que le centre et les marges se transforment selon la relation, changeante, qu'ils entretiennent. La réalité du centre et des marges est principalement relationnelle, et non celle d'entités déjà constituées avant même d'entrer en relation.
Nombre de pages
343
Date de parution
18/11/2008
Poids
595g
Largeur
160mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782296068100
Titre
L'Homme et la Société N° 167 : Marges et marginalisations dans l'histoire de la psychologie
Auteur
Kail Michel
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
160
Poids
595
Date de parution
20081118
Nombre de pages
343,00 €
Disponibilité
Sur commande en 6-8 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Dans l'introduction du Deuxième Sexe, Simone de Beauvoir déclare que s'" il n'y a pas toujours eu des prolétaires : il y a toujours eu des femmes ; elles sont femmes par leur structure physiologique ; aussi loin que l'histoire remonte, elles ont toujours été subordonnées à l'homme : leur dépendance n'est pas la conséquence d'un événement ou d'un devenir, elle n'est pas arrivée ". La dépendance des femmes est une réalité qui n'est ni événementielle, ni devenue. Est-ce à dire que cette subordination doive s'interpréter comme un fait de nature ? Beauvoir ne se contente pas de rejeter cette idéologie naturaliste au nom d'un culturalisme bien-pensant, qui a besoin de la notion de " nature " pour détacher celle de " culture ". En prévenant que " pas plus que la réalité historique la nature n'est un donné immuable ", elle dépasse cette dualité de la nature et de la culture, et forge de nouveaux outils conceptuels pour penser cet objet d'analyse inédit : " la dépendance des femmes qui n'est pas arrivée ". Les trois types de discours qui pourraient être convoqués pour mener à bien cette analyse, la biologie, la psychanalyse et le matérialisme historique, sont confrontés à leurs limites, qui les contraignent, quoi qu'ils en aient, à justifier l'oppression des femmes. Ils partagent la conviction que si quelque chose est, c'est arrivé, et qu'il suffit d'en rechercher les causes ou les raisons biologiques, symboliques ou historiques. Beauvoir se propose de rendre compte de l'oppression sans donner aucun gage à sa légitimation. Cette ambition philosophique inédite devrait lui valoir le titre de " grande philosophe ", que seuls les préjugés dominants lui disputent encore.
L'influence de Beauvoir sur la pensée de SartreLa relation entre Beauvoir et Sartre mérite d'être réexaminée. Un moment décisif de leur histoire est déclenché par Mai 68, qui les incite à modifier leur rapport à la politique. Ils se font militants, lui maoïste, elle féministe, et participent activement à l'élaboration de la politique à laquelle ils adhèrent. Ils ne se contentent plus de supporter une politique définie en dehors d'eux, comme lorsqu'ils se sont revendiqués « compagnons de route » du Parti communiste ou ont soutenu la lutte de libération nationale des Algériens. Mais leur engagement politique les amène à emprunter ou tracer des chemins distincts : si Sartre est évidemment favorable à la lutte des femmes, il ne peut cependant aller jusqu'à lui reconnaître une pleine autonomie et la retient dans l'orbite de la révolution socialiste. Leur désaccord révèle tout l'enjeu du débat qui implique le féminisme (matérialiste) et le marxisme.
Les sciences sociales se sont développées sur la base d'une double émancipation épistémologique, l'émancipation de la philosophie et l'émancipation des sciences de la nature, l'enjeu étant l'autonomisation d'objets, de problématiques et de méthodologies propres. Pour nécessaire qu'elle ait pu d'abord être dans la construction d'une identité scientifique, cette double émancipation a conduit à délaisser le chantier d'une anthropologie générale spécifique aux sciences sociales, voire à en disqualifier l'exigence, par l'affirmation d'un constructivisme parfois bien commode et souvent refuge d'un naturalisme subtil. A quelles conditions et sous quelles formes une anthropologie générale est aujourd'hui possible, qui ne soit ni la resucée de la figure abstraite qu'elle prenait dans la philosophie occidentale, ni la capitulation devant l'anthropologie naturaliste que les sciences "dures" (neurobiologie, génétique, cognitivisme, etc) entendent lui substituer intégralement ? Bref, il s'agit d'actualiser la question : "qu'est-ce que l'humain ?", non pour convoquer à nouveau une anthropologie de la nature humaine, mais pour construire une anthropologie de la condition humaine, support indispensable au projet critique des sciences sociales.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...