Images, passages. Marcel Proust et Walter Benjamin
Kahn Robert
KIME
23,40 €
Epuisé
EAN :9782841741144
L'origine de l'affinité qui lie Benjamin à Proust est à rechercher dans leur théorie du langage. Tous deux refusent de partager une conception linguistique qui pose le principe de l'arbitraire du signe. Benjamin tend vers une " Ursprache ", émanation du langage divin. Proust fait du Nom l'objet même de la quête du roman. Cette conception mystique du langage attire Benjamin vers la Recherche, dont il traduit la moitié vers la fin des années 20. On étudie ici de manière détaillée cette traduction, la confrontant avec la théorie de son auteur telle qu'il l'expose dans " La tâche du traducteur ". L'intérêt de Benjamin pour la vie et l'?uvre de celui qu'il a ainsi rencontré la plume à la main se retrouve dans tous ses écrits ultérieurs. On peut même considérer qu'Enfance berlinoise, entre exorcisme et emprise, est une authentique " réécriture " de la Recherche, un passage obligé dans ses images, une galerie-labyrinthe. Les courts textes de Benjamin tissent les motifs communs aux deux écrivains : nostalgie de l'enfance, pouvoir et limites de la mémoire et du langage, vertiges du désir et de la mort, mise en scène de l'allégorie. Mais Benjamin permet aussi de lire Proust " autrement ", en réexaminant son rapport au judaïsme et à l'Histoire.
Nombre de pages
233
Date de parution
01/11/1998
Poids
320g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9782841741144
Titre
Images, passages. Marcel Proust et Walter Benjamin
Auteur
Kahn Robert
Editeur
KIME
Largeur
145
Poids
320
Date de parution
19981101
Nombre de pages
233,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Ce livre rassemble pour la première fois les textes (inédits ou retraduits), articles, remarques et pensées que Benjamin a consacrés à Proust. C'est moins l'humour que le comique qui est le véritable noyau de la puissance de Proust ; il ne transcende pas le monde par le rire, mais par le rire il l'abat. Au risque de le briser en mille morceaux, devant lesquels il n'y a que lui pour fondre en larmes. Sont en morceaux : l'unité de la famille et de la personnalité, de la morale sexuelle et de l'honorabilité sociale. Les prétentions de la bourgeoise éclatent sous les rires.
Les Journaux de Kafka : voici, enfin, la première traduction intégrale en français des 12 cahiers, écrits de 1910 à 1922, que cette édition reproduit à l'identique, sans coupes et sans censure, en rétablissant l'ordre chronologique original. La traduction de Robert Kahn se tient au plus près de l'écriture de Kafka, de sa rythmique, de sa précision et sécheresse, laissant "résonner dans la langue d'arrivée l'écho de l'original". Elle s'inscrit à la suite de ses autres retraductions de Kafka publiées aux éditions Nous, A Milena (2015) et Derniers cahiers (2017). Les Journaux de Kafka, toujours surprenants, sont le lieu d'une écriture lucide et inquiète où se mêlent intime et dehors, humour et noirceur, visions du jour et scènes de rêves, où se succèdent notes autobiographiques, récits de voyages et de rencontres, énoncés lapidaires, ainsi qu'esquisses et fragments narratifs plus longs. Dans ce battement entre vie écrite par éclats et soudaines amorces fictionnelles, les Journaux se révèlent être le coeur de l'oeuvre de Kafka : le lieu où les frontières entre la vie et l'oeuvre s'évanouissent. Il est plus clair que n'importe quoi d'autre que, attaqué sur la droite et sur la gauche par de très puissants ennemis, je ne puisse m'échapper ni à droite ni à gauche, seulement en avant animal affamé le chemin mène à une nourriture mangeable, à de l'air respirable, à une vie libre, même si c'est derrière la vie.
Le corpus des 149 lettres de Kafka A Milena est ici restitué pour la première fois dans son intégralité et dans sa véritable chronologie, suivant le tout récent établissement du texte original en allemand. Cette nouvelle traduction s'efforce de se tenir au plus près de la langue de Kafka : sèche, précise, rythmée, évitant soigneusement de "faire du style". Traces de l'"amour de loin" de Franz Kafka et Milena Jesenskâ, ces lettres inscrivent l'intensité de leur passion fulgurante, faite de manque, d'attente, de quelques éclairs de bonheur et, surtout, de peur. A Milena n'est pas une simple correspondance, c'est un objet littéraire fascinant, central dans l'oeuvre de Kafka et indispensable à sa compréhension.
Il y a exactement deux siècles, en 1821, Charles Nodier inventait l'appellation "genre frénétique" pour désigner la face sombre du romantisme, sa part d'horreur et d'excès, et il fustigeait l'immoralité du genre tout en reconnaissant les séductions sulfureuses que celui-ci exerce sur le lecteur. Alors que la critique du XXe siècle, des surréalistes à Annie Le Brun et Jean-Luc Steinmetz, a retourné la condamnation moralisatrice du XIXe siècle en faisant l'éloge de la portée subversive de ces oeuvres qui structurent leurs intrigues autour du conflit entre le bien et le mal, il est temps d'adopter une approche dépassionnée des morales du romantisme noir. Si les oeuvres noires, comme on le leur a parfois reproché, se caractérisent par leur manichéisme, celui-ci peut prendre des formes variées. Les romans valorisant la vertu et l'innocence de l'héroïne s'opposent ainsi aux récits sadiens faisant goûter au lecteur les délices vertigineuses de la cruauté. Dès l'époque romantique se multiplient les oeuvres ambivalentes, qui, infusant l'ironie dans le modèle du roman noir, rendent plus incertaine la frontière entre bien et mal. Quelles sont les valeurs défendues dans ces fictions ? Les variations morales dessinent-elles une évolution historique ? Sont-elles corrélées à des tendances esthétiques particulières ? Les études réunies ici proposent quelques réponses à ces questions, à travers l'analyse de l'axiologie du romantisme noir de Ducray-Duminil à Gaston Leroux, en passant par Nodier, George Sand, Balzac ou Pétrus Borel.
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Si la plus importante figure philosophique du vingtième siècle était une femme, ce serait Simone Weil (1909-1943), comme on commence à le discerner aujourd'hui. En parcourant les lieux par où elle est passée, ce livre tente de reconstituer le chemin intellectuel et spirituel de Simone Weil. A chaque lieu, qui constitue un moment mental, est attaché un questionnement majeur de son oeuvre, si bien qu'à la fin la pensée de la philosophe apparaît dans sa globalité : c'est d'abord une philosophie de l'esprit où le miracle de la pensée tient dans le mystère des inspirations qui nous traversent. Mais Simone Weil ne peut suivre le fil de ses pensées que si elle se confronte à l'actualité de son époque, de 1929 à 1943, et qu'à travers les milieux sociaux très différents où elle sème le trouble (du syndicalisme à la France libre de Londres, en passant par le monde des usines, la guerre d'Espagne, l'exode de Juifs français) et les rencontres qu'elle fait. C'est une pensée à la fois très intérieure (mystique même) et complètement ouverte aux problèmes économiques, sociaux et politiques d'une tranche d'Histoire que ces pages essaient de reconstruire à partir de la géographie concrète que sa vie dessine. Cependant, l'ouvrage refuse d'enfermer Simone Weil en son temps et prend le risque d'actualiser sa pensée en interrogeant ce que sont devenus les campagnes, les villes et les pays qu'elle a traversés, jusqu'à faire un état des lieux de la France d'aujourd'hui. Une lecture des lieux à partir de sa pensée ; une lecture de sa pensée à travers les lieux.