Ce recueil de cent cinquante textes, illustrant Les gauches françaises de Jacques Julliard, réunit des "incontournables": la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, le programme de Belleville de Gambetta de 1869, l'expérience de la condition ouvrière décrite par Simone Weil, le discours de Robert Badinter sur l'abolition de la peine de mort de 1981. Mais aussi, au fil de l'Histoire, la chanson des Canuts, les Mémoires de Charlotte Robespierre, l'expérience du TNP de Jean Vilar, le Manifeste des 121 pendant la guerre d'Algérie... Il commence symboliquement en 1762, avec la publication du Contrat social de Rousseau, et se termine avec un fragment du discours de François Hollande au Bourget (22 janvier 2012). C'est ici la chronique à plusieurs voix d'une gauche immuable et changeante, traversée par la zizanie, parfois la guerre civile, et accompagnée d'une incoercible aspiration à l'unité.
Nombre de pages
456
Date de parution
21/09/2012
Poids
520g
Largeur
154mm
Plus d'informations
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EAN
9782081286672
Titre
La gauche par les textes. 1762-2012
Auteur
Julliard Jacques ; Franconie Grégoire
Editeur
FLAMMARION
Largeur
154
Poids
520
Date de parution
20120921
Nombre de pages
456,00 €
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La France pourrait pour la première fois quitter la place qui fut toujours la sienne à l'avant-garde de l'Histoire. Pis que cela, si l'on en croit certains : il ne lui resterait plus qu'à méditer sur l'irréductible diversité de ses origines et sur les crimes qu'elle n'aurait cessé de commettre. Eh bien ! Cette vision lacrymale et pénitentielle de l'Histoire de mon pays ne sera jamais la mienne ; je ne l'accepterai jamais. Ce que nous vivons aujourd'hui n'est rien de moins qu'un changement d'époque. Au moment où s'affirment les grandes puissances régionales du monde de demain, l'Europe fait preuve d'une incroyable impuissance. Et la France se trouve bien seule et bien démunie, en proie à des déchirements intérieurs. Or elle n'a d'unité que dans son passé, d'avenir qu'en Europe, de raison d'être que dans l'universalité de ses valeurs."
Longtemps, la fascination qu'ont exercée sur la plupart d'entre nous les Etats-Unis venait de leur ambivalence : ils se présentaient à la fois comme les héritiers de l'Ancien Monde et les inventeurs du Nouveau. Nous autres vieux Européens les considérions avec le regard mouillé de tendresse de parents qui voient leurs enfants les surpasser en hardiesse, en invention, en réussite, tout en leur restant fidèles. Ce temps-là n'est plus. En renonçant à son ambivalence, l'Amérique a renoncé à son identité.