Le grand tournant. Une interrogation sur l'avenir du capital
Johsua Isaac
PUF
15,50 €
Epuisé
EAN :9782130535966
Ce livre traite de la pénurie prévisible de main-d'?uvre dans le monde à l'horizon des années 2040 et des conséquences qui en résulteraient pour l'avenir du capitalisme. En effet, l'hypothèse d'une croissance très ralentie ou d'un plafonnement ou encore d'une baisse de la population mondiale à partir des années 2040 apparaît comme vraisemblable. Ces années 2040 peuvent paraître lointaines. En réalité, le mouvement de tassement démographique a déjà commencé : il est là, sous nos yeux, bien que nous y prêtions peu d'attention pour le moment. Le propos peut paraître paradoxal : la réalité à laquelle nous avons à faire face n'est-elle pas celle d'une pléthore de main-d'?uvre, de chômeurs par millions ? Il faut pourtant savoir regarder par-delà l'immédiat et percevoir dans l'aujourd'hui les lignes de force qui préparent l'avenir. D'ici aux années 2040, selon les pays, la population active devrait diminuer, stagner ou connaître une croissance fortement ralentie. Il faut bien prendre conscience de la radicale originalité de l'événement. Les entrepreneurs n'ont connu dans le passé qu'un environnement de surabondance internationale de l'offre de travail (celle des particuliers), tant et si bien qu'elle leur semble aller de soi. Ce qui se profile à l'horizon des années 2040 est entièrement nouveau : la pénurie ne serait ni locale ni provisoire, mais universelle et permanente. Le taux de profit, le ressort même du capitalisme, serait alors menacé. La demande de travail des entreprises se heurterait en effet à une offre de travail décroissante, stagnante ou faiblement croissante de la part des particuliers. Les taux de salaire réels devraient être poussés systématiquement vers le haut, la part des profits dans la valeur ajoutée aurait tendance à se dégrader, tirant le taux de profit vers le bas. Une telle évolution pourrait être contrecarrée par une hausse de l'offre de travail ou par une baisse de la demande de ce même facteur de production, mais les marges de man?uvre sont en la matière bien moins importantes qu'on ne pourrait l'imaginer. Ce livre n'a pas pour objet de proclamer une quelconque fin du capitalisme. Il s'agit de montrer que la nouvelle donne démographique est annonciatrice pour le système de difficultés totalement inédites, qui ne sont pas de celles que l'on surmonte aisément. Ce système est face à une mutation majeure, à laquelle il n'est guère préparé. Au-delà des fluctuations conjoncturelles, c'est dans un espace nettement plus restreint que les entreprises seront amenées à se mouvoir dans les décennies à venir. Le grand tournant du XXIe siècle annonce des jours difficiles pour la domination du capital.
Nombre de pages
117
Date de parution
17/04/2003
Poids
165g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782130535966
Titre
Le grand tournant. Une interrogation sur l'avenir du capital
Auteur
Johsua Isaac
Editeur
PUF
Largeur
135
Poids
165
Date de parution
20030417
Nombre de pages
117,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Ce livre fait un point très complet sur la crise de 1929. Il couvre tout le temps et l'espace de cet événement majeur. Il examine en détail toutes les grandes explications proposées à ce sujet. Mais il avance également une thèse originale : la crise de 1929 y est présentée comme une crise de l'émergence américaine. Ce sont les conditions de cette émergence, la rapidité. avec laquelle elle a eu lieu, qui ont fait la grande dépression. De la même façon qu'une île surgie du fond de l'océan, montant à toute allure à la surface, sera en équilibre intérieur instable et va lever une vague qui ira balayer les continents déjà établis. Crise de l'émergence américaine, la crise de 1929 l'est à un double titre, à la fois sur le plan intérieur américain et sur le plan international. Sur le premier de ces plans, il faut souligner que le monde américain a longtemps accordé une place très importante aux entrepreneurs individuels. Or, en quelques dizaines d'années, à la jonction des XIXe et XXe siècles, cet univers a été transformé en un monde où prédominent sociétés et salariat. Du contraste violent entre ces deux états a surgi, au XXe siècle commençant, la faille cachée de l'économie américaine. La colonisation intérieure a joué ici un rôle décisif. Les conditions de cette colonisation ont fait le très faible degré de marchandisation et de salarisation, et la très forte présence des entrepreneurs individuels. Mais ces mêmes conditions (c'est-à-dire un territoire neuf) ont fait la très rapide montée ultérieure de la marchandisation et de la salarisation, une fois la colonisation terminée et la fin de la frontière proclamée. La crise de 1929 trace ainsi une ligne de partage dans l'histoire des fluctuations économiques : elle ouvre l'ère des crises salariales. L'émergence américaine aura joué également un rôle décisif au plan international. La montée de la puissance américaine a été en effet tellement rapide qu'elle a empêché, à un moment crucial, le Royaume-Uni de jouer son ancien rôle stabilisateur, sans que les Etats-Unis soient pour autant déjà capables de remplacer la vieille Angleterre. Cette double incapacité s'est manifestée lorsqu'à la fin de la Première Guerre mondiale l'Allemagne a été abandonnée à son sort. Elle s'est faite cruellement sentir à nouveau, en 1931, à l'occasion de la crise bancaire allemande et de la chute de la Livre anglaise. Dans sa dimension internationale, la crise de 1929 est donc celle de l'entre-deux, celle d'une guerre inachevée. Il faudra une deuxième guerre mondiale pour mener les choses à leur terme et répondre aux questions que la première n'avait fait que poser.
Des Juifs s'expriment contre le racisme. Pas seulement contre l'antisémitisme. Contre toutes les formes du racisme ! Les Juifs sont encore parfois victimes de crimes de haine, mais les principales victimes des discriminations et agressions racistes aujourd'hui ne sont plus les Juifs. Dans notre société, négrophobie et violences policières ont partie liée, tandis que l'islamophobie inventive des autorités ouvre la porte aux discriminations et légitime les agressions. Musulman-es, Noir-es, Asiatiques, homosexuel-les, réfugié-es... les formes du racisme changent, mais des procédés comparables d'exclusion sont à l'oeuvre. Il faut d'abord définir le racisme : sa prétention à être "scientifique" doit être anéantie : le racisme est une construction politique et sociale. Pour le comprendre, deux questions doivent être posées : "Le racisme, à quoi ça a servi ?" et "A quoi sert le racisme aujourd'hui ?" Les auteur-es partent de l'histoire des Juifs dans l'Europe de la Shoah comme dans les pays arabes colonisés. Leur but est de mettre cette histoire douloureuse au service des solidarités antiracistes d'aujourd'hui. C'est le sens des actions évoquées ici, comme le Manifeste des enfants cachés dans lequel des victimes des lois raciales vichystes rappellent que sans la solidarité active de délinquants solidaires, ils ne seraient pas en vie. Il faut remonter plus loin dans l'histoire : le racisme d'Etat a produit la traite négrière, l'esclavage codifié dans le Code noir. Le colonialisme est à l'origine d'un siècle et demi de discriminations légales, dont l'apartheid sud-africain. Les fondements du profond racisme qui imprègne la société française se trouvent incontestablement dans des institutions, des pratiques et des discours qui ont été élaborés dans le cadre de l'empire colonial français. Ce livre est une petite pierre à ajouter à la construction d'une nouvel antiracisme politique et décolonial, dans la solidarité avec les mouvements autonomes des racisé-es.
Avec un rôle accru de l'Etat, des transferts sociaux et un nouveau rapport salarial, la régulation fordiste a joué autrefois un rôle stabilisateur, mais nous assistons aujourd'hui aux conséquences de son démantèlement au début des années 1980. Elle a été (mal) remplacée par un nouveau modèle, fait de moins en moins d'épargne, de plus en plus de dettes. Fondé sur une politique d'argent facile, ce modèle navigue de bulle en bulle. S'appuyant sur les fondamentaux de l'analyse marxiste, Isaac Johsua explique le lien entre surconsommation et crise financière: lors des épisodes récessifs, il faut pousser vers le haut la dépense des ménages. D'où la "titrisation des créances", qui a permis aux banques d'accorder toujours plus de crédits; et la "financiarisation de la consommation", qui a rendu cette dernière dépendante de la valeur du patrimoine, boursier ou immobilier. Contrairement à ce qu'affirment de larges cercles de la gauche, la sous-consommation n'est pas la cause de la crise. Il s'agit d'une crise de suraccumulation, où l'accumulation du capital s'effectue à un rythme tel qu'elle ne peut maintenir le taux de profit escompté. Le libéralisme postule que la défense des intérêts privés converge en un équilibre collectif. A l'opposé, l'auteur montre l'actualité de la thèse de Marx: il y a contradiction entre le caractère de plus en plus social de la production et la forme étriquée de la propriété privée. Les décisions que chaque propriétaire privé prend pour sa sauvegarde particulière menacent alors la stabilité générale du système. On ne sortira pas de la crise sans un changement radical de l'édifice économique et social.
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Marx, Engels et nombre de marxistes ont été confrontés à la question nationale. Faut-il défendre la nation ? Sous quelles conditions et dans quel contexte ? Les plus célèbres figures du marxisme (Lénine, Rosa Luxemburg) ont proposé des solutions divergentes voire profondément contradictoires, et suggéré de soutenir certaines causes nationales (notamment celles des peuples opprimés) ou bien au contraire parfois de répudier toute appartenance à un territoire ou une culture. Récemment, la crise de l'Union européenne et l'implosion de plusieurs Etats-nations au Moyen-Orient ont remis sur le devant de la scène les problématiques nationales, que d'aucuns estimaient dépassé à l'heure de la mondialisation et de l'effacement (présumé) des frontières et des espaces nationaux. Ce numéro propose ainsi à la fois de revenir sur les définitions de la nation et du nationalisme proposées par les marxistes mais également sur des enjeux plus contemporains, à travers des études de cas concernant plusieurs continents.