Les ministres sont-ils - vraiment - responsables, et devant qui ? Voilà bien une question que beaucoup se posent, sans doute. Benjamin Constant la pose en des temps où c'est un roi qui disposait de ministres, mais ce livre montre précisément combien peu de choses ont changé en deux siècles. Il faut dire que l'auteur fut un des plus grands défenseurs du Droit et de la Liberté et critiques des dictatures durant la longue période chaotique de la Révolution puis de l'Empire. Il éclaire son sujet comme nul autre, il fait la preuve de la fermeté de sa parole, toujours rationnelle et logique et toujours pleine de passion. Dans cet ouvrage concis, aux chapitres courts et rythmés, Benjamin Constant décortique pas à pas le mythe juridique de la responsabilité ministérielle pour conclure plus largement sur celle que les institutions étatiques apportent vraiment. Et sa conclusion n'est guère en faveur du pouvoir. Pour nous lecteurs du XXIe siècle, que nous importe un texte aussi ancien, pourra-t-on se demander ? Car enfin, la démocratie moderne n'a plus grand-chose en commun avec la monarchie, s'étonnera-t-on. Est-ce si sûr ? Tel est bien, selon nous, l'intérêt de ce petit livre que d'aider son lecteur à revoir point par point une telle conviction. Rapide à lire, il nous a donc semblé important de remettre cet ouvrage dans toute bonne bibliothèque. "Que l'autorité se borne à être juste, nous nous chargerons d'être heureux," nous dit Benjamin Constant. Dans ce livre, il étudie justement dans quelle mesure l'autorité peut se borner à être juste. Et laisse en filigrane le lecteur conclure quant à sa capacité à faire le bonheur.
Nombre de pages
68
Date de parution
15/07/2022
Poids
112g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782958352530
Titre
La Responsabilité des Ministres
Auteur
Constant Benjamin ; John Galt editions
Editeur
JOHN GALT
Largeur
155
Poids
112
Date de parution
20220715
Nombre de pages
68,00 €
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Les Principes de politique", l'œuvre maîtresse de Benjamin Constant et du libéralisme politique, rédigés en 1806, n'avaient curieusement jamais été publiés en France. De son vivant, l'auteur s'était contenté d'en extraire divers articles, brochures et conférences, mais qui ne permettaient pas de saisir l'architecture d'ensemble. Il a fallu attendre 1980 pour que paraisse à Genève la première édition, critique de cet ouvrage, que l'on trouve ici enfin rendu accessible au grand public. Constant se propose de repenser les fondements de la vie en société à la lumière de cet événement majeur et récent qu'est la Révolution française. Il y définit les conditions de base d'une démocratie libérale - la souveraineté du peuple et la liberté de l'individu - et explore les modalités de leur articulation. Chemin faisant, il découvre en quoi consiste la liberté des Anciens et celle des Modernes.
Stefan Zweig est connu pour ses biographies talentueuses et très documentées, et pour ses romans aux thématiques originales qui savent encore nous toucher. Son dernier ouvrage, Le Monde d'Hier, est une autobiographie remarquable qu'il nous laissa en héritage, tel un témoignage pour nous alerter. La trame générale de cet ouvrage est connue. L'auteur naît en 1881, à une époque et dans une capitale connaissant une prospérité et une liberté impensables de nos jours, qui nous ont donné des arts et des oeuvres à foison. Il a 20 ans en 1901, une vie magnifique devant lui, et pourtant il subira la Grande Guerre à 35 ans, puis la Seconde à 60. En une vie brève, il voit le monde passer du rêve au pire des cauchemars. Cette seconde crise le mènera au suicide. Pourtant, Stefan Zweig ne nous a pas vraiment quittés. Avant son grand départ, il prit le temps de nous écrire, à nous et à nos enfants. Le Monde d'Hier est son ultime message d'espoir. Les jeunes générations pour lesquelles les leçons d'histoire sont restées un peu abstraites et lointaines, tout comme les plus âgés dont les grands-parents leur ont parlé de cette époque, tous ont l'occasion de revivre ces événements qui marquèrent le monde pour longtemps. Le Monde d'Hier est bien mieux qu'un livre d'histoire, car c'est l'histoire vécue par un homme. On entre dans Le Monde d'Hier avec la légèreté du poète qu'il fut, et puis avec les pages, on ne le lâche plus. Même lorsque l'on sait l'histoire qui défile, le talent de Stefan Zweig apporte un grand moment de lecture.
Ce livre est au moins quatre livres à la fois : un traité d'économie politique, un livre d'histoire, tout comme une étude sociologique du XIXe siècle, ainsi qu'une histoire du libéralisme économique. Cependant, ce livre est et restera surtout l'oeuvre d'un grand esprit oublié. Anatole Leroy-Beaulieu, témoin de la seconde moitié du XIXe siècle, fut un historien comme on n'en trouve plus guère. Frère de l'économiste Paul Leroy-Beaulieu, il était de culture libérale, internationale et d'une plume élégante et acerbe. Le titre est trompeur : il ne s'agit pas d'une critique du capitalisme à la manière de tant d'historiens ou sociologues. Au contraire, il retrace comment, à travers l'évolution lente de la société française vers la démocratie, le capitalisme "naturel" glissa peu à peu vers cette perversion contemporaine où la politique et l'économique se corrompent. Ce livre est à conseiller aux nombreuses personnes en mal d'étude historique libérée du prisme marxiste, tout autant que celles qui s'interrogent encore sur les raisons profondes du glissement pervers du duo "politique plus économie" ayant mené à la Grande Guerre. Pour notre plaisir, l'histoire racontée par l'auteur est d'une langue élégante, riche, pleine de bon sens, de logique et de références culturelles. On plonge dans une expérience à la croisée du roman historique, du texte scientifique et de la satire. Un bon moment assuré...
Vivre ensemble", voilà un titre qui fait écho à un thème social omniprésent, de tous les côtés de l'échiquier politique, chacun le brandissant comme un idéal inaccessible, symbole d'une réalité qui au contraire va comme à l'opposé. Christian Michel l'a pris pour thème pour se proposer de répondre, souvent très concrètement, à cette ambition, qui pourtant devrait n'être que la normalité d'une société se disant civilisée. Ce qui le conduit à se poser, à nous poser une douzaine de grandes questions très simples, mais qui permettent à cet ouvrage de mettre à coeur ouvert la démocratie libérale dont l'actualité affiche le délabrement. "Comment penser la politique aujourd'hui ?" "Comment penser l'économie aujourd'hui ?" Voilà déjà de quoi lancer une réflexion de fond. Mais il va plus loin, il ose nous demander : "Doit-on obéir aux lois de son pays ?" Mais qu'on ne s'y trompe pas. Ce n'est pas un violent révolutionnaire qui s'interroge, mais au contraire un grand humaniste. Les pages et les questions défilent et peu à peu l'auteur dessine la société à laquelle il aspire, celle qu'il nous transmet dans cette oeuvre, où le "Vivre ensemble" est aussi un réel bon vivre. Où les valeurs nourrissant les relations humaines sont libérées de l'idéologie et pétries de respect. A l'heure où l'abstention est devenue le premier camp électoral, il brosse comme le programme politique d'un anti-politique, le programme qui pourrait convenir à tous ceux ne demandant qu'à vivre, librement.
Mises Ludwig von ; Greaves Bettina Bien ; Nunes Lu
Les "Six leçons" de ce livre sont l'occasion d'une découverte nouvelle et lumineuse des grandes questions économiques qui frappent encore l'actualité de notre époque, dont l'inflation. La théorie économique a la réputation d'un domaine obscur et complexe. Aborder la lecture des gros volumes ou affronter les équations étranges les garnissant peut rebuter. "Six Leçons" est bien plus abordable. Ludwig von Mises, probablement le plus grand économiste du XXe siècle, y développe six conférences pleinement d'actualité. Données à des étudiants voilà environ 60 ans, leur pertinence et leur pédagogie sautent aux yeux. L'auteur y remet les choses au clair quant au capitalisme. Selon lui, le terme apporte de la noblesse, certaines valeurs de la civilisation. A partir du contexte historique, il bat en brèche la vision marxiste y voyant un système d'exploitation des pauvres par les riches, pour le rétablir dans la liberté d'entreprendre et de diffuser la prospérité. Puis il oppose le socialisme au capitalisme en s'appuyant sur de nombreux éléments historiques oubliés à notre époque, que ce livre didactique rappelle avec mérite. L'auteur en vient ainsi à définir le socialisme d'une manière qui interpellera quiconque a suivi les campagnes électorales et les programmes des partis politiques, de tous bords. Nous saisissons aussi l'occasion pour lancer une collection commune aux Editions John Galt et à l'Institut Mises France qui apporte à nos lecteurs des livres dans les domaines de l'économie ou de l'entreprise qui soient bien plus que d'austères manuels.