Dictionnaire du désir de lire. Cent romans contemporains du monde entier (XXe-XXIe)
Jeantet Benoit ; Escot Richard
CHAMPION
19,00 €
Sur commande en 2-4 jours
EAN :9782745322029
Préface par Olivier Barrot.Catalogue amoureux autant qu'alphabétique, cet ouvrage, volontairement subjectif, présente centtextes publiés depuis 1900, principalement des romans; cent livres qui traversent cinq continentset dont la résonance perdure. Cette compilation étayée, dense et variée regroupe des écrivains européens et américains mais aussi et surtout des auteurs de langue arabe, des romanciers asiatiques et africains. A travers ce choix, le projet de Benoit Jeantet et de Richard Escot, journalistes et écrivains passionnés de littérature, consiste à faire entendre une multiplicité de voix singulières, fameuses ou moins connues, autant de styles qui ébranlèrent les canons de leur époque, souffles vigoureux ou lumière à même d'éclairer le monde. Ce « Dictionnaire du désir de lire » permet d'ouvrir la voie aux lecteurs qui hésitent au moment de s'engager dans ce qui passe souvent à leurs yeux pour une jungle inquiétante. D'Achebe à Zweig, en passant par Brautigan, Dagerman, Divakaruni, Kavvadias, Mofolo et Welsh, ce voyage au pays des lettres permet aussi de redécouvrir Beckett, Céline, Duras, Joyce, Musil, Woolf? Pour chaque auteur, biographie et bibliographie remettent en perspective les textes choisis, cent oeuvres singulières à lire ou à relire, cent textes commentés de façon à susciter l'envie et la curiosité, cent romans réinitialisés en fin d'ouvrage par trois index.
Nombre de pages
416
Date de parution
03/03/2011
Poids
609g
Largeur
150mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782745322029
Titre
Dictionnaire du désir de lire. Cent romans contemporains du monde entier (XXe-XXIe)
Auteur
Jeantet Benoit ; Escot Richard
Editeur
CHAMPION
Largeur
150
Poids
609
Date de parution
20110303
Nombre de pages
416,00 €
Disponibilité
Sur commande en 2-4 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Écrire, mais comment et raconter, à quoi bon ? Dans les récits qui composent Nos guerres indiennes, Benoit Jeantet interroge, d’une séquence l’autre, ce qui reste. Ce qui de tout demeure quand les blancs peu à peu dévorent le continu des souvenirs. Vieillir. Avoir été. Avoir vécu. Le lisant, on entre dans le geste de feuilleter un album d’images « flashback / flashforward ». On ne sait trop comment l’ordonner, ni l’entendre, et pourtant entre les pages, la vie. Son continu. Discontinué. Du présent se restitue, même passé, ou manqué. Quoi qu’il arrive, on sait qu’il est inévitable que les blancs l’emportent. Peu à peu, ils percent et délavent en sépia de plus en plus pâles les images. Celles où tous nous nous tenons. Mais « dans la règle du jeu debout », on aura au moins retrouvé l’île de Ré, la forêt, ses arbres, la réserve, la noyée que cherchait la solitude aux bords d’une rivière, le vacarme des boulevards, il/elle, ces aimé(e)s. Un peu d’éternité pliée, et à force, percée. Transpercée. Quelque chose comme d’une mélancolie, le sable du temps et ses éclats. « À part ça, son truc ? La micronouvelle » dit l’un des récits. Ce qui n’empêche pas le livre de construire le continu multiple d’une écriture. Liée et rompue. De celles qu’on ne quitte qu’à regret, une fois le livre refermé sur sa question.
Des poèmes semblables à des chansons, des impressions de voyage. Une poésie pour dire l'amour naissant, le manque, l'amertume ou la douleur des ruptures. Autant de voyages mélancoliques qui jalonnent les traverses, les étapes d'un quotidien où les femmes et les hommes se croisent, se frôlent, s'aiment ou se déçoivent mutuellement". Tu lèves les yeux au ciel Je marche dans les nuages Ensuite nous nous installons devant nos débuts dans la vie" Supposons que toutes les femmes et tous les hommes habitent en face d'une gare. Qu'elles et ils se lèvent toujours avant la sonnerie du réveil pour être sûrs de ne pas rater leur train. Que, sur ce quai de gare, toutes et tous s'efforcent d'illustrer un dernier rêve avec des cartes postales. C'est souvent que nous retournons, dans une humeur de préliminaires, sur les lieux de nos souvenirs. Et puis un geste, une parole plus tard, tout est démenti aussi sec. On assiste impuissant et vide à la mort tragique d'un personnage, dans un grand bruit d'os cassé. Parce que la vie n'est pas la vie si on se borne à l'appréhender comme une ligne droite. Voilà ce qu'auraient à nous dire les êtres qui peuplent ce recueil de leur présence fantôme. Leurs existences ? Le plus souvent, au pire, une tique. Au mieux, rien qu'un cirque de puces. Une somme d'allers et de retours, de chutes sur la tempe à travers le temps. Et tous ces voyages en zigzag rendraient le quotidien plus mystérieux. Plus trivial et tragique. Moins désespéré, parfois, aussi. Et dire que tous ceux-là ne parcourent jamais que les décors tournants de leurs espaces domestiques. Pourquoi, alors, les souvenirs, ce genre de souvenirs, heureux ou beaucoup moins, cravachent-ils encore dans leurs têtes comme les cavaliers maudits des anciennes légendes ...
Si, comme l'assure Joyce Carol Oates dans La foi d'un écrivain (Philippe Rey - 2004), "l'art est la plus haute expression de l'es- prit humain" , il n'y a pas pour autant d'absolu en écriture : on écrit toujours depuis quelque chose. Depuis le stade, la tribune, le terrain, le vestiaire, le bar du club-house, la mêlée, la touche, depuis le train ou le bus ; on écrit depuis l'enfance ; depuis les premières ou les dernières émotions, les premières bagarres ou la dernière guerre, depuis la première fois où l'on a touché, caressé, ce ballon. Oblong. Richard Escot et Benoît Jeantet nous entraînent dans un parallèle rythmé entre rugby et littérature où athlètes et écrivains se croisent, au service d'une vocation commune : l'art.