La privatisation numérique. Déstabilisation et réinvention du service public
Jeannot Gilles ; Cottin-Marx Simon
RAISONS D AGIR
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EAN :9791097084240
Le développement du numérique réalise une forme de privatisation qui ne dit pas son nom. Les entreprises les plus puissantes s'emparent d'activités jusqu'ici dévolues au secteur public, dans les transports, les services urbains, l'utilisation de l'espace public, la sécurité, l'éducation ou la santé. Il s'agit en fait d'une transformation des relations entre l'Etat et les usagers : substitution d'algorithmes aux agents publics, généralisation des mécanismes de notation, développement de l'ubérisation des tâches. Ce processus s'adosse à des capacités d'investissement énormes qui dépassent celles des pouvoirs publics et à des monopoles détenteurs de brevets puissants. Cette privatisation prend la forme douce de dispositifs qui améliorent le quotidien. Ses effets sociaux sont pourtant considérables : elle déstabilise les entreprises et les administrations, renforce les inégalités sociales d'accès aux services et accélère la perte de souveraineté publique. Les tentatives de réappropriation des communs numériques ouvrent cependant des perspectives, notamment sous la forme d'un militantisme de fonctionnaires qui défendent la souveraineté numérique nationale. Cet ouvrage porte au jour, derrière les sympathiques "applis" de nos smartphones, les conséquences économiques et techniques réelles de cette privatisation numérique, ainsi que les perspectives de résistance et de réinvention du service public.
Nombre de pages
171
Date de parution
18/03/2022
Poids
148g
Largeur
111mm
Plus d'informations
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EAN
9791097084240
Titre
La privatisation numérique. Déstabilisation et réinvention du service public
Auteur
Jeannot Gilles ; Cottin-Marx Simon
Editeur
RAISONS D AGIR
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111
Poids
148
Date de parution
20220318
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Le service public connaît une mutation dont l'usager est l'enjeu. En effet, depuis plusieurs années, on assiste à deux mouvements importants : des transformations dans la gestion esquissant un passage d'une logique de production d'infrastructures à une logique de prestation de services ; des tentatives de dérégulation ou de privatisation qui s'efforcent de faire de l'usager un acteur économique sur le marché. Ainsi, cet ouvrage montre comment l'usager est devenu le point de mire des réformes du service public qui se succèdent depuis 1985, en étudiant l'histoire de la notion d'usager, les réformes de la gestion du service public et l'histoire de la relation usager/citoyen.
Les partis semblent désormais faire l'objet d'une défiance générale, mais leur modèle organisationnel connaît en réalité une double dynamique d'épuisement et de renouvellement. De nouvelles organisations, plus souples mais aussi plus personnalisées, conjuguant horizontalité et verticalité, apparaissent depuis quelques années en Europe et en France (Mouvement 5 Etoiles, Podemos, La République en Marche, La France Insoumise, Place publique, etc.) pour tenter de renouveler la forme partisane qui apparaît indispensable et indépassable dans la démocratie représentative. Serait-on alors entré dans l'ère des partis personnels intermittents, fluides, à obsolescence programmée ? Les définitions les plus canoniques des partis dégagent un critère permettant de les distinguer d'autres organisations : ils sont censés avoir une « espérance de vie supérieure à celle de leurs dirigeants ». La souplesse que ces partis revendiquent est-elle une propriété organisationnelle liée à leur nouveauté ou une caractéristique durable ? Est-on face à un nouveau modèle de parti ? La promesse d'une manière alternative de faire parti est-elle tenue dans le temps ... Pour répondre à ces questions, cet ouvrage propose une approche comparée de deux mouvements qui présentent initialement de fortes similitudes : La France Insoumise et La République en marche. D'un côté, Jean-Luc Mélenchon n'a pas voulu construire une organisation structurée, au point d'indexer LFI sur son temps politique. D'autre part, l'existence de LREM/Renaissance semble suivre la durée de vie politique d'Emmanuel Macron. Ces deux organisations survivront-elles à leurs créateurs ? Cet ouvrage analyse la façon dont ces « mouvements » ont évolué depuis 2017 à partir d'un modèle assez proche. Au-delà du contexte présidentiel qui les a vus naître, il questionne aussi leur intégration au système politique. Il interroge leur capacité à stabiliser des règles claires de fonctionnement, à s'institutionnaliser et à se professionnaliser. Cet ouvrage est le résultat d'une longue enquête engagée en 2017. Il mobilise des sources variées : 250 entretiens avec des cadres, dirigeants, élus et militants ; le suivi de l'actualité des deux mouvements (à travers leurs plateformes numériques) ; une approche localisée fondée sur des observations ethnographiques à Lille.
Deux courts essais du sociologue Pierre Bourdieu sur la télévision et le journalisme Ces « cours », initialement diffusés à la télévision avec le concours du Collège de France en 1996, n’ont pas perdu de leur actualité. Le sociologue y analyse comment la place centrale que le logique de l’audimat occupe dans le monde télévisuel et journalistique affecte l’information. Deux textes incontournables de la critique éclairée des médias. Robin
Un bureau de préfecture, une file d'attente, un espoir - obtenir des papiers. Désormais banale, cette image de l'immigration occulte l'essentiel: ce qui se joue de l'autre côté du guichet. Là, des fonctionnaires examinent les dossiers, jaugent les candidats, statuent sur leur sort. C'est à eux que l'État délègue la mise en ?uvre de sa politique d"" immigration choisie". Mais qui sont ces hommes et ces femmes qui décident d'attribuer des papiers ou, au contraire, de reconduire à la frontière? Comment tranchent-ils? De quelle latitude disposent-ils dans l'interprétation des règlements? Au terme de plusieurs années d'enquêtes dans les coulisses des consulats, des préfectures et des services de la main-d'?uvre étrangère, Alexis Spire dévoile la face cachée de cette machine à trier les étrangers. Ceux qu'on éloigne, et ceux qui rejoignent la main-d'?uvre bon marché réclamée par les employeurs. Situés au bas de l'échelle administrative, les personnels chargés de l'immigration sont sommés de" faire du chiffre "et de" traquer les fraudeurs ". Cobayes de la" modernisation de l'Etat ", ils s'enrôlent dans cette croisade en croyant défendre le modèle social français."
Dans ce livre, Emmanuel Roux relit, à la lumière des ?uvres de Sciacia, mais aussi Pasolini et Debord, les origines de cet « extrémisme du centre » qui s'incarne aujourd'hui dans la tentative de recomposition d'un bloc social-démocrate, désireux de renvoyer dos-à-dos la gauche de rupture et l'alliance droite autoritaire/extrême droite, au prix (et au mépris) de toutes les libertés publiques, de tous les contre-pouvoirs et de l'État social, au profit d'un État autoritaire et de ses techniques de pouvoir.