Changer de regard sur les organisations du travail social. Une approche par les seuils
Janvier Roland
L'HARMATTAN
32,00 €
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EAN :9782336517841
«?Combien as-tu de salariés dans ton établissement???»«?Combien de personnes prenez-vous en charge???» C'est souvent par ce genre de questions que des directeurs d'établissements ou de services sociaux et médico-sociaux entrent en contact. La reconnaissance est liée à des normes quantitatives, plus il y en a, plus c'est important. Cette vision des organisations du travail social par leurs stocks occulte une approche plus qualitative qui s'intéresserait plutôt aux capacités d'échanges et d'interactions que génèrent les établissements et services au profit de leurs bénéficiaires et avec leur environnement. Roland Janvier propose dans cet essai de faire un pas de côté pour analyser les organisations du travail social. C'est en s'intéressant aux seuils des organisations que l'on peut embrasser plus largement les réalités des établissements et services sociaux et médico-sociaux. Les seuils sont ici tous ces espaces physiques, matériels et immatériels, ces interstices et ces écarts qui rendent possible la vie quotidienne des équipes professionnelles et des personnes accompagnées.Interrogeant les modalités d'organisation et de management des établissements et services, cet ouvrage s'adresse largement à tous les acteurs du monde des solidarités.
Nombre de pages
318
Date de parution
20/02/2025
Poids
376g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782336517841
Titre
Changer de regard sur les organisations du travail social. Une approche par les seuils
Auteur
Janvier Roland
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
376
Date de parution
20250220
Nombre de pages
318,00 €
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Alors que la pensée dominante tend à faire croire qu'il existerait des données objectives et indiscutables devant être adoptées par tous, il est urgent de développer une critique argumentée du concept de qualité. Envisagée comme une question, c'est-à-dire comme un concept équivoque et discutable, la qualité (substantif d'ailleurs toujours utilisé au singulier comme pour signifier sa prétention universalisante) quitte le ciel idéal du modèle unique et consensuel pour devenir l'enjeu d'un débat. Débattue, la qualité descend de son piédestal pour devenir une donnée relative et contingente. Elle peut alors être l'espace d'un engageaient possible des acteurs autour de convictions partagées. Le présent ouvrage prend le contre-pied des idées toutes faites pour ouvrir des pistes stratégiques. Dans cette perspective, la définition de ce qui fait qualité devient le préalable à une démarche d'évaluation mobilisatrice. Hors de cette perspective, la qualité reste une injonction infondée et l'évaluation une mise en conformité.
Quelles sont les "tensions éthiques" qui traversent et structurent la fonction de direction en institution sociale et médico-sociale ? Répondre à cette question suppose de cerner la fonction de direction d'établissement ou de service du champ social et médico-social. Fonction délicate sinon difficile, marquée par l'environnement complexe qui caractérise l'action sociale, fragilisée par le contexte d'incertitude des politiques publiques, exposée au risque que représente l'exercice du pouvoir et, enfin, impactée par les situations particulières des usagers. Répondre à cette question suppose également de situer ce qu'est l'éthique dans l'action sociale et médico-sociale. Elle n'est ni une normalisation comme la morale, ni une règle professionnelle à l'instar de la déontologie. Elle renvoie la personne à ses choix quotidiens et les collectifs de travail, notamment les équipes de direction, à leurs responsabilités engagées dans l'action au nom d'un projet partagé. L'éthique est un sujet à la mode, de toutes les modes... A l'heure où les critiques fleurissent contre le "management", elle peut être une opportunité facile pour redonner ses lettres de noblesse aux formes d'exercice du pouvoir mises à mal par l'évolution des institutions. L'auteur se plie ici à une double exigence. D'une part, relier l'éthique et le politique parce que l'orientation de l'action en travail social repose sur un projet qui contribue à la construction sociale. D'autre part, relier les pratiques professionnelles avec le travail de la personne sur elle-même, parce que la fonction de direction ne peut qu'être habitée, investie par un sujet assumant sa responsabilité et interrogeant son rapport au pouvoir. Ce livre est destiné aux cadres de direction, directeurs ou cadres intermédiaires, en exercice et en formation. Il s'adresse également aux formateurs.
Un débat traverse le champ de l'action sociale et médico-sociale autour de l'expression "usager" : le terme est souvent remis en cause. Certains veulent l'abandonner car il serait stigmatisant, d'autres critiquent le statut contraint qu'il signifie ou encore le trouvent réducteur au seul lien administratif. Cet ouvrage voudrait ouvrir d'autres perspectives en intégrant la notion de rapport d'usage comme élément central de la relation d'aide. Qu'entend-on par "rapport d'usage" ? Il s'agit de la manière dont des bénéficiaires d'interventions sociales ou médico-sociales, mais aussi les intervenants, "font usage" des dispositifs sociotechniques de prise en charge ou d'accompagnement. Contre l'accusation faite à la technicisation du travail social de pervertir la qualité relationnelle entre intervenants et bénéficiaires, la prise en compte du rapport d'usage réhabilite la médiation technique comme support de l'échange. Faire usage d'un dispositif instaure une relation triangulaire entre le professionnel, le support technique lui-même et l'usager, qui s'apparente à un rapport de force : l'usager n'est plus un simple utilisateur mais un acteur inscrit dans une stratégie, dans un rapport social. Prenant appui sur l'analyse de l'ingénierie de la loi n° 2002-2, des outils en découlant (livret d'accueil, contrat de séjour), de l'évaluation, de journaux associatifs, mais aussi de la parole des usagers eux-mêmes sur Internet (blogs, forums), l'auteur démontre que le rapport technique qui s'instaure dans les institutions sociales et médico-sociales peut permettre aux usagers de développer leur pouvoir d'agir. Au coeur du débat, cet ouvrage propose un changement de point de vue qui ouvre de nouvelles perspectives. La technicisation, qui caractérise l'évolution du travail social, serait une opportunité pour refonder la relation d'aide : une autre manière de "faire ensemble", de créer du lien, de se positionner les uns par rapport aux autres et, finalement, de faire "bon usage" des dispositifs sociotechniques.
L?« aller-vers » est une expression qui fait florès en travail social. S'agit-il d'un simple mouvement de mode ou d'un nouvel horizon permettant d'ouvrir des pistes pour l'avenir des pratiques professionnelles et des organisations ? Avec ce livre nous sommes donc invités àÌ? dépasser les évidences pour nous interroger sur ce qui pourrait se cacher sous ce thème. En quoi l'aller-vers représente-t-il une transformation de l'offre sociale et médico-sociale ? Quels sont les effets de ce nouveau concept pour les pratiques des travailleurs sociaux ? Quelles perspectives d'action l'aller-vers ouvre-t-il en fin de compte pour un accompagnement de meilleure qualité ? Sous certaines conditions développées dans cet ouvrage, l'aller-vers apparaît comme une opportunité pour renouveler les pratiques professionnelles, réÌ?former les organisations et refonder les légitimités du travail social.