Mourir de la peste. Anthropologie d'une épidémie (1720-1722)
Jacquin Frédéric
CHAMP VALLON
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EAN :9791026713203
Le 23 janvier 1721, à Ais-en-Provence, Marguerite Nouvelle qui est âgée de vingt ans et qui habite près de la porte Saint-Jean, se réveille. Après avoir vaqué à ses occupations toute la matinée, elle se met à table vers midi. Alors qu'elle entame son repas, elle est frappée d'un malaise et commence à ressentir les premières manifestations d'un mal qui lui provoque une alternance de frissons intenses, de spasmes et de fièvres brûlantes. Puis, prise de nausées, sa tête est assaillie par des douleurs aiguës. Quelques heures plus tard, sa peau se couvre de charbons et de bubons qui lui indiquent qu'elle est atteinte de la peste. Elle n'y survit pas plus de quatre jours. Son cas n'est pas isolé et nombreux sont ceux qui succomberont comme elle. Ils furent 1400 00 à avoir connu une expérience identique en Provence entre l'été 1720 et la fin de l'année 1722. Qu'ont-ils vécu entre l'apparition de leurs premiers symptômes et leur mort ? Quels ont été les derniers instants des acteurs de cette tragédie terrible ? Dans quel monde infernal ont-ils été plongés en attente de leurs trépas ? Quels combats ont-ils menés pour résister à leur sort ? Ce sont à ces questions que Frédéric Jacquin tente de répondre. En s'appuyant sur un matériau archivistique exceptionnel, il exhume les fragments de vies d'hommes et de femmes anonymes du dernier épisode pesteux qui frappa le royaume de France. Il essaie de reconstituer leur parcours d'épouvante dans des cités frappées par la contagion et de comprendre dans le cours atroce de la mort épidémique en quoi celle-ci constituait une expérience singulière et dramatique.
Nombre de pages
208
Date de parution
21/02/2025
Poids
338g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9791026713203
Titre
Mourir de la peste. Anthropologie d'une épidémie (1720-1722)
Auteur
Jacquin Frédéric
Editeur
CHAMP VALLON
Largeur
155
Poids
338
Date de parution
20250221
Nombre de pages
208,00 €
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L Orient attire dès le XVIIe siècle des voyageurs européens, à la recherche de soieries, de céramiques, d épices ou tout simplement d aventure. Le voyage en Perse fait le plus souvent partie d un périple qui conduit ensuite aux Indes ou en Asie. Diplomates marchands ou aventuriers voyagent, dans des conditions géographiques souvent difficiles, le long des pistes caravanières.À leur retour, il arrive fréquemment qu ils rassemblent leurs souvenirs et leurs impressions dans des récits qu ils livrent à un public européen avide d exotisme. Les narrateurs européens y évoquent aussi bien l architecture des villes prestigieuses de Tabriz, Qom ou Ispahan, que les habitants de la Perse, leurs coutumes et leurs pratiques religieuses; ils s intéressent de près au système politique et administratif dont le shâh constitue la clef de voûte et analysent les structures économiques et persanes.Le présent ouvrage repose sur l étude sélective d une dizaine de récits de voyages qui eurent lieu entre la fin du règne de shâh Abbas 1er (1588-1629) et celui de shâh Soltan Hoseyn (1694-1722), à un moment où la Perse, bien qu elle exerçât encore sur ceux qui s y rendaient une véritable fascination, amorçait néanmoins un lent déclin.
Cet ouvrage relate des crimes vieux de trois siècles, des crimes qui demeurent d'autant plus mystérieux que certains d'entre eux semblent s'inscrire dans une fantasmagorie socioculturelle se nourrissant au fil des rumeurs et des soupçons ambiants. Les aveux sont là pour confirmer des stratégies d'empoisonnement, pour dessiner des figures d'empoisonneurs ou d'empoisonneuses appartenant à toutes les strates de la société du XVIIIe siècle, du gentilhomme à la lingère ou à la paysanne. Le poison sort ainsi des cadres étroits de la stigmatisation politique. Il n'y a pas eu que l'Affaire des poisons. Il y eut une sorte d'invasion par de multiples affaires de poison, révélatrices d'un fantasme collectif du doute sur l'autre, ainsi que d'une anxiété face au risque de transgression des interdits les plus sacrés. Car dans ces affaires de poison, il n'y a pas que des coupables, il a aussi, visiblement nombre d'innocents pris dans la trame des dénonciations... autant d'imaginaire que de réalité.
Ce livre est une transcription de deux manuscrits originaux, écrits par des témoins directs de la peste de Marseille (1720-1723). Ceux-ci n'ont jamais été édités. Les auteurs, le père trinitaire Paul Giraud et le négociant et riche armateur Pierre-Honoré Roux, retracent les moments forts de la crise épidémique qui frappa la cité marchande. Ils racontent la vie des Marseillais pendant plus de deux ans d'une crise sanitaire particulièrement violente. Ils fournissent également des informations intéressantes sur la façon cette crise a été gérée par les autorités de l'époque, qui ont été débordées par une épidémie particulièrement destructrice. Afin de placer ces deux récits dans leur contexte et d'éclairer leur lecture, l'ouvrage comprend une introduction historique de cet évènement traumatique, ainsi qu'une présentation critique des deux manuscrits. Des cartes et des chronologies permettent d'aider à la localisation des faits rapportés par Paul Giraud et Pierre-Honoré Roux et des lieux dans lesquels ceux-ci se sont déroulés.
Une plongée au coeur de la pratique du débat. Qu'est-ce qu'un débat ? Comment le différencier d'un autre type d'interaction ? Comment les acteurs d'un débat orientent-ils leurs actions pour correspondre à cette activité ?Pratique verbale à la fois familière et fondamentale dans les sociétés démocratiques contemporaines, le débat reste paradoxalement peu connu et peu étudié en tant que tel. L'ouvrage propose de plonger au coeur de cette pratique et d'opérer ce travail à deux niveaux étroitement articulés. À un niveau théorique, le débat pose certaines questions aux sciences du langage et à la sociologie de l'action. L'auteur s'attache à y répondre en approchant les pratiques verbales à l'articulation des perspectives textuelle (problématique de l'enchaînement des énoncés) et interactionnelle (problématique des dynamiques au travers desquelles les agents gèrent leur relation). Le caractère multimodal de ces pratiques est également considéré, qu'il s'agisse de l'articulation oral-écrit, du lien entre parole et mimo-gestualité ou encore de la répartition des participants dans l'espace. À un niveau pratique, la spécificité du débat repose sur certains observables qu'il s'agit d'identifier et de décrire et qui permettent de distinguer le débat d'autres formes de comportement, telles que l'anecdote, la discussion ou la dispute. Par l'analyse de nombreux exemples tirés d'interactions publiques, l'ouvrage montre en quoi la pratique de l'argumentation et l'inscription langagière de certaines identités apparaissent comme les deux ressources fondamentales d'accomplissement et de reconnaissance de la pratique du débat.
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.
Les figures souvent grotesques créées par James Ensor s'animent. Elles évoquent la mer du Nord, Ostende la ville balnéaire et ses habitants évanouis, le retour du carnaval ou le célèbre Bal du Rat mort. Libérées des tableaux où leur apparition continue à nous surprendre, elles haussent parfois le ton entre les murs d'une baraque abandonnée, se répondent et s'affrontent. Elles aimeraient régler de vieux comptes. Elles interpellent un visiteur à la nature incertaine. Tout à la fois ancrées dans leur époque et hors du temps, les voix interrogent, avec une ironie d'outre-tombe, la disparition des corps qui un jour les habillèrent. Avoir connu semblable mascarade est-il possible ailleurs qu'en un rêve où l'on croisera les ombres de Proust, Rilke, Roth, Celan ou Perec bien vivant, installé à la terrasse d'un café ...