Comment expliquer les ressemblances troublantes que l'on observe entre des mythes dont l'aire de répartition fait parfois le tour de la Terre, alors même que les populations auprès desquelles ils ont été recueillis, distantes dans l'espace ou dans le temps, n'ont pu se côtoyer ? Se pourrait-il que cet air de famille relève non de convergences fortuites, mais de véritables liens de parenté unissant des récits transmis de génération en génération au fil du peuplement humain de la planète ? En empruntant aux biologistes de l'évolution leurs méthodes statistiques de classification des espèces du vivant sous forme d'arbres phylogénétiques, cet ouvrage novateur montre comment des récits apparemment distincts les uns des autres se ramifient autour de troncs communs, qui s'enracinent dans les profondeurs de la Préhistoire.Mais la reconstitution de ce processus de transmission d'un patrimoine mythologique ouvre une perspective plus vertigineuse encore : la possibilité de reconstruire les protorécits dont les versions documentées sont issues ; autrement dit, faire à nouveau résonner les premiers mythes de l'humanité et appréhender la vision à travers laquelle nos lointains ancêtres donnaient sens au monde qui était le leur.Table des matières : PréfacePréludePremier mouvement ? Le cycle de la terre1. PolyphèmeUne brève histoire des classements en mythologie comparéeUn exercice pour comprendreLa généalogie des mythes2. De l'approche phylogénétique en mythologie comparéeDes mythes et des arbresL'arborescence des mythesLes arbres de PolyphèmeAu-delà de l'arbre...Comment s'est diffusé le mythe ...Une évolution alternant stases et changementsReconstruction du protorécitDes mythes aux sociétés ...Conclusion provisoireInterlude. Le serpent gardien des eauxDeuxième mouvement ? Le cycle de l'eau3. Le Plongeon cosmogoniqueUne histoire partagée des deux côtés du détroit de BéringL'interprétation géologiqueL'interprétation psychanalytiqueL'interprétation aréaleL'interprétation structuraleUne version sibérienne du Plongeon cosmogoniqueDes mythes en rapport de transformation4. Comment se transmettent les traditions mythologiquesCréation du monde et catastrophes cosmiquesUn arbre de traditions ...Reconstruction de protomotifs mythologiquesAutour du Plongeon cosmogoniqueConclusion provisoireInterlude. Le serpent a-t-il volé le soleil ...Troisième mouvement ? Le cycle du feu5. Le vol du feuSoleil caché, soleil voléLe feu à la source du soleilConclusion partielle6. Les mythes de matriarchie primitiveLe matriarcat originel : un récit patriarcalUne symbolisation fondatriceFaire du mythe à partir du mytheSe libérer des mythes ...7. La maîtresse des animauxRetour à PolyphèmeDans la caverne obscureEn résuméInterlude. Du mythe au conteQuatrième mouvement ? Le cycle de l'air8. Le récit de la Femme-OiseauUne alliance avec la surnatureUn peu de structuralismeUne femme-oiseau aquatiqueL'approche aréologiqueApproche statistique des mythes de la Femme-OiseauDifférentes interprétations du récit9. La Ménagère mystérieuseLa Ménagère mystérieuse et la Femme-Oiseau : un groupe de transformation ...Analyse statistique de la Ménagère mystérieuseExogamie et patrilocalitéLa Femme donatriceFinal en mythe majeurLa sortie d'Afrique et le peuplement de l'EurasieLe peuplement des AmériquesUn lien entre les peuplesANNEXESAnnexe de la première partieArbre bayésienArbre de parcimonieCalcul de l'effet de la distance depuis trois origines possibles du mythe de PolyphèmeCalcul de la corrélation entre nombre de n'uds et longueur des branchesAnnexe de la deuxième partieBase de données sur laquelle s'appuie l'approche phylogénétiqueEffet de la distance géographique sur la variabilité des mythesMéthode de construction des arbres de traditionAnnexe de la troisième partieLe récit du Soleil volé : corpusMéthode de construction des arbresUtilisation du logiciel StructureLes mythes d'origine du feu et de la matriarchieAnnexe de la quatrième partieBase de données sur laquelle s'appuie l'approche phylogénétique des traditions liées à la sexualité (partie F du corpus de Yuri Berezkin) et analyses subséquentesMéthode de construction des arbres de la Femme-OiseauMéthode de construction des arbres de la Ménagère mystérieuseRemerciementsBibliographie.
On sait bien peu de choses sur la façon dont nos ancêtres préhistoriques concevaient la mort. Le faible nombre de sépultures paléolithiques attestées, la difficulté à interpréter les vestiges exhumés ou à attribuer l'enterrement et le traitement réservé aux corps à des rituels funéraires ne permettent guère d'en inférer des représentations. Pourtant, les humains qui nous ont précédés devaient avoir des croyances à propos de l'Au-delà. Leur refuser de s'être interrogés sur cette perspective, au même titre que nous le faisons, reviendrait à oublier notre appartenance commune à une même espèce. Mais comment combler les lacunes de l'archéologie ? Après Cosmogonies, qui avait démontré la robustesse des méthodes phylomythologiques pour reconstituer les mythes du passé en retraçant la généalogie de ceux qui nous sont connus, Julien d'Huy s'attelle ici à répondre à des questions fondamentales : à quoi les premiers Homo sapiens attribuaient-ils leur finitude ? Dans leur esprit, l'humanité était-elle mortelle dès l'origine et, sinon, comment l'est-elle devenue ? Sous quelles formes se figuraient-ils leur dernière demeure et le chemin qui y menait ? Croyaient-ils en une vie après la mort et à la possibilité de revenir de l'autre monde ? Comment envisageaient-ils les relations entre les morts et les vivants ? C'est dans ce voyage fascinant, véritable archéologie de la psyché, que nous entraîne l'auteur, en montrant la force avec laquelle certains mythes hérités de nos lointains devanciers continuent de nous influencer dans l'art, la philosophie, la religion, voire la science, sécrétant toujours un puissant imaginaire autour de notre questionnement ultime.
On sait peu de choses sur la façon dont nos ancêtres préhistoriques concevaient la mort. Si l'archéologie nous offre quelques pistes de réflexion, comment dépasser ses limites pour appréhender les croyances de nos prédécesseurs ... Après Cosmogonies , qui a démontré l'efficacité des méthodes phylomythologiques pour reconstituer les mythes du passé en retraçant la généalogie de ceux qui nous sont connus, Julien d'Huy s'attelle ici à répondre à des questions fondamentales : à quoi les premiers Homo sapiens attribuaient-ils leur finitude ? Dans leur esprit, les humains étaient-ils mortels de toute éternité et, sinon, comment l'étaient-ils devenus ? Sous quelles formes se figuraient-ils leur dernière demeure et le chemin qui y menait ? Croyaient-ils en une vie après la mort et à la possibilité de revenir de l'autre monde ? Comment envisageaient-ils les relations entre les morts et les vivants ... À la lumière de l'archéologie de la psyché que développe cet ouvrage, on découvre combien certains mythes hérités de nos lointains devanciers continuent de nous influencer dans l'art, la philosophie, la religion, voire la science, sécrétant toujours un puissant imaginaire autour de notre questionnement ultime.
Comment expliquer les ressemblances troublantes que l'on observe entre des mythes dont l'aire de répartition fait parfois le tour de la Terre, alors même que les populations auprès desquelles ils ont été recueillis, distantes dans l'espace ou dans le temps, n'ont pu se côtoyer ? Se pourrait-il que cet air de famille relève non de convergences fortuites mais de véritables liens de parenté unissant des récits transmis de génération en génération au fil du peuplement humain de la planète ? En empruntant aux biologistes de l'évolution leurs méthodes statistiques de classification des espèces du vivant sous forme d'arbres phylogénétiques, cet ouvrage novateur entreprend d'étayer de manière rigoureuse une intuition fondatrice de la mythologie comparée. De Polyphème à la Femme-Oiseau et à la Ménagère mystérieuse, en passant par le Plongeon cosmogonique, le Soleil volé et les mythes de matriarchie primitive, Julien d'Huy montre comment des récits apparemment disjoints les uns des autres se ramifient autour de troncs communs, qui s'enracinent dans les profondeurs de la Préhistoire. Suivant leur évolution, ponctuée d'altérations, d'emprunts et d'oublis, au gré des pérégrinations de notre espèce, il retrace la généalogie de grandes familles de mythes qui se sont propagées depuis des temps immémoriaux. Mais la reconstitution de ce processus de transmission d'un patrimoine mythologique ouvre une perspective plus vertigineuse encore : reconstruire les protorécits dont les versions documentées sont issues ; autrement dit, faire à nouveau résonner les premiers mythes de l'humanité et appréhender la vision à travers laquelle nos lointains ancêtres donnaient sens au monde qui était le leur.
La figure du dragon se retrouve dans les mythes du monde entier à toutes les époques documentées. Julien d'Huy postule que tous ces mythes sont issus de l'évolution et la transformation d'un seul qui a suivi les premiers hommes lors de leur sortie d'Afrique et s'est répandu et modifié avec eux à travers le monde. D’huy utilise des outils de la biologie évolutive qui lui permettent en détaillant les transformations de cette figure, de remonter à ses premières utilisations dans les protomythes du néolithique. Un essai foisonnant et passionnant où on peut à la fois décortiquer la méthodologie de l’auteur et se délecter des mythes parfois cocasses du monde entier, toutes époques confondues.
Féminisme pour les 99%, c’est un ouvrage qui permet d’ouvrir les thèses du féminisme au plus grand nombre et qui invite à s’écarter de ce féminisme libéral ciblant uniquement les classes les plus favorisées de la société. Pour les autrices, un ennemi incarne aujourd’hui toutes les oppressions que subissent le plus grand nombre : le capitalisme. Et pour s’opposer à ce système capitaliste, elles proposent de créer un féminisme pour les 99% qui doit nécessairement s’allier aux luttes écologiques, antiracistes, syndicalistes, lgbtqia+ pour triompher. Un manifeste condensé mais très riche à partager !
L'énergie se prête bien à l'analyse géopolitique, conçue comme l'étude des relations entre pouvoirs et territoires. Rien n'est possible dans le monde sans recours à l'énergie, et les rivalités et conflits que son exploitation toujours croissante suscitent sont omniprésents à toutes les échelles de l'analyse géographique, de l'international au local. Cet ouvrage s'intéresse aux effets de la transition énergétique et écologique en cours sur la transformation de ces rapports de forces, mais également sur les reconfigurations des échanges internationaux et de la coopération interétatique. Les alternatives aux hydrocarbures s'élaborent depuis les années 1970, mais la révolution actuelle des pétroles et gaz de schiste bouleverse en profondeur la question des énergies sous un angle géoéconomique, géopolitique et environnemental. Ainsi, à l'ère de l'économie numérique et des territoires "virtuels", la matérialité des énergies nous ramène à l'essentiel, c'est-à-dire les pieds sur terre, au coeur d'un "grand jeu" sans cesse réinventé au sein duquel les Etats font leur retour après des décennies de déréglementation.
La politique étrangère française est depuis longtemps sous le feu des projecteurs, tour à tour présentée comme le vestige d'une gloire passée, la marque d'une présence maintenue dans un monde qui n'a plus de limites, ou le signe d'une arrogance blessée par une succession d'échecs. Le débat reste vif, rehaussé par la présidentialisation, chaque locataire de l'Elysée voulant faire de sa propre diplomatie le gage de son succès et de son prestige... Et pourtant, cette politique reste peu étudiée, regardée avec une série d'a priori jamais évalués : l'effectivité de la grandeur gaullienne et sa perception à l'extérieur, la fonction de l'arsenal nucléaire en un temps post-bipolaire énigmatique, la revendication de prés carrés ou de zones d'influence, un souverainisme rhétorique malmené par la mondialisation, un essor notable de la politique d'affichage et de communication... Existe-t-il d'ailleurs un principe qui organise l'ensemble de ces traits, et le logiciel qui lui est associé correspond-il au contexte international actuel ? Pour comprendre comment la France s'insère dans un monde dont elle est de plus en plus tributaire, les auteurs répondent à trois grandes questions, axes majeurs de l'ouvrage. Comment cette politique s'inscrit-elle dans l'histoire ? Ses instruments sont-ils adaptés, ou répondent-ils à d'autres considérations, économiques, politiques, administratives et idéologiques ? Peut-on en mesurer les résultats et la pertinence, eu égard aux grands enjeux contemporains ? Ces analyses éclairantes esquissent, en creux, la possibilité d'une autre politique.
Première cause de handicap acquis chez l'adulte, l'accident vasculaire cérébral, ou AVC, peut brutalement faire disparaître ou empêcher, de façon temporaire ou non, un grand nombre de capacités de la vie quotidienne, dans des domaines physiques ou intellectuels très divers : la marche, la déglutition, la planification, la lecture, la préhension, etc. Parce qu'il touche à des savoir-faire acquis, l'AVC peut apparaître comme une atteinte biologique du social qui en efface les effets en réinitialisant les expériences, les compétences et les dispositions, autrement dit comme un accident égalisateur qui annule les différences sociales entre individus. Pourtant, à âge égal et à gravité équivalente des lésions cérébrales, les séquelles ne seront pas les mêmes si le patient est un homme ou une femme, un ouvrier ou un cadre supérieur, si la récupération de ses capacités a une grande ou une moindre valeur aux yeux des acteurs de la rééducation, si l'AVC a laissé intact chez lui un rapport aisé ou difficile aux modalités scolaires d'apprentissage. Pour mettre en évidence et expliquer ces phénomènes, Muriel Darmon a mené une enquête approfondie dans un service de neurologie d'un hôpital universitaire et auprès des différents corps de spécialistes - kinésithérapeutes, ergothérapeutes, orthophonistes, neuropsychologues, etc. - de deux centres de rééducation. En suivant le parcours post-AVC des patients au sein de ces unités et des étonnants " plateaux techniques " conçus pour favoriser leurs réapprentissages, ce livre montre que, par-delà ce qui semble perdu, le social perdure chez les individus et résiste à l'atteinte biologique.
L'Égypte ancienne n'est pas seulement la terre des pharaons, des pyramides et de fabuleuses richesses. C'est aussi le pays d'un peuple dont ce livre a le mérite de nous montrer, par le texte et par l'image son existence et ses préoccupations de tous les jours : travaux des champs, lutte contre la pauvreté et la disette, croyance dans un au-delà pareil à l'en-deçà, dont les dieux, semblables aux humains, sont souvent incapables de trancher contre le mal en faveur du bien. Au total, ce livre aux images évocatrices, constitue un panorama de la vie quotidienne dans ce qui fut l'un des plus grands empires du monde antique.
Résumé : Mythes de la Mésopotamie. Un riche héritage de création littéraire, au vaste souffle épique, nous fut révélé lorsque, au XIXe siècle, des érudits réussirent à déchiffrer les mystérieux symboles de l'écriture cunéiforme inscrits sur des tablettes d'argile, il y a plus de cinq mille ans, par les Mésopotamiens de la Haute Antiquité. Des thèmes étonnamment familiers apparurent alors, forçant le monde victorien à réviser ses croyances en la Bible comme source unique de vérité. Ainsi, l'Epopée de Gilgamesh, la saga d'un homme parti à la recherche de la vie éternelle, comprend des scènes d'un déluge antérieur à l'histoire de Noé et de son arche...Une autre version de l'origine de l'humanité est décrite dans l'Epopée de la Création mésopotamienne, tandis que la légende d'Etana préfigure le mythe de la Mésopotamie fondent à leur manière notre tradition littéraire occidentale. Ce sont aussi, tout simplement, des histoires fascinantes.
Résumé : Les légendes et récits traditionnels de l'Iran antique racontent les combats entre le Bien et le Mal, les victoires des dieux, tel Mithra, le dieu du soleil, les exploits des héros et des créatures surnaturelles, comme le Simourgh, l'oiseau magique, les méfaits des démons. Une grande partie de ce que nous savons du passé préislamique de l'Iran vient du livre saint de la religion Zoroastre et aux récits évoquant Ahura Mazda, le Seigneur Sage, l'Avesta intègre aussi des mythes païens, le Livre des rois, splendide épopée en vers achevée vers 1010 après J.C. par le poète Firdousi qui chante en particulier le héros Rustam. L'auteur s'appuie sur toutes ses sources pour réécrire à l'intention du lecteur moderne ces légendes captivantes de l'Iran antique, qui ont inspiré pendant des siècles l'art de la miniature sur manuscrit.
Déesses de la guerre et dieux solaires, animaux fabuleux, sacrifices humains et mystère de l'Autre Monde sont quelques-uns des thèmes liés aux anciens Celtes, qui peuplèrent une grande partie de l'Europe entre 600 avant J. -C. et 400 après J. -C. Bien qu'ils n'aient pas laissé d'écrits, des témoignages importants de leurs croyances et de leur mythologie ont survécu. Le légendaire de l'Irlande et du pays de Galles fut consigné à une période ultérieure par les scribes chrétiens, mais de nombreux éléments de la mythologie païenne ancienne s'y inscrivent en filigrane. Autant de récits qui nous introduisent à un monde fascinant de noms, d'images et de symboles celtiques et attestent des cérémonies et des rituels par lesquels les Celtes communiquaient avec le surnaturel.