Les récits de nos vies atteintes. Une histoire arménienne inconcevable
Hovanessian Martine
L'HARMATTAN
33,50 €
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EAN :9782343021041
Ma proximité avec le champ anthropologique du groupe, mes incursions géographiques dans les communautés arméniennes de la diaspora, mes pratiques d'entretien et d'observation donnant lieu à des rencontres fabuleuses ont fortifié la certitude d'une connaissance enfouie en attente d'un "dire", d'une transmission espérée d'un savoir sensible. Ces faisceaux d'histoires orales recueillies dans la longue durée déploient un paysage d'une intériorité tourmentée sous bien des aspects, que l'on ne peut imaginer si l'on s'applique au strict exercice monographique. Ici, les récits de nos vies encombrées d'impératifs et d'injonctions de nos parents à la voix étranglée, exilés de l'extrême ou orphelins, ont tenté de délier des mouvements narratifs comme autant de voix prolongeant les corps. Le collectif ne fut pas une visée, surtout pas, mais une référence déchirée, turbulente à apprivoiser, à rendre aimable compte tenu du démantèlement violent dont il a été la cible avec le génocide de 1915. La chorale a surgi à travers une relation de confiance qui s'est tressée grâce au temps. Nous ne voulions rien d'autre qu'être là dans l'échange et retrouver nos gestes, nos mots, nos allégresses dans les écorchures de mémoire. Etre là, dans cette histoire arménienne inimaginable qui nous a submergés et qui a brisé nos capacités à nous confronter entre nous, tranquillement, à concevoir un futur possible sans le poids de la menace. Il fallait parler de nos peurs et de nos terreurs intériorisées et dégager un passage possible vers l'idée d'un chemin "à soi", malgré nos hantises des corps entassés, des corps-fantômes, se frayer un passage et permettre de nous caler dans le temps présent.
Nombre de pages
308
Date de parution
10/12/2013
Poids
385g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782343021041
Titre
Les récits de nos vies atteintes. Une histoire arménienne inconcevable
Auteur
Hovanessian Martine
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
385
Date de parution
20131210
Nombre de pages
308,00 €
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Il ne s'agit pas d'une simple monographie locale sur les identifications de la minorité arménienne nouées à un lieu, mais d'un travail anthropologique sur des identités narratives produites en situation d'exil extrême. L'histoire de vie d'Haroutioun, rescapé arménien du génocide de 1915, constitue comme celle de tant d'autres survivants, un moment de vérité sur cette condition du transfert d'un lieu à l'autre et sur l'expérience de la déterritorialisation engendrée par la violence des Etats. Au moment du débarquement à Marseille et de son acheminement vers une destination de travail, Haroutioun témoigne de l'immense décalage entre son monde interne et un monde extérieur totalement dénué de repères. Le lien communautaire, ce sont les récits d'une nouvelle territorialisation, la refondation d'un langage collectif et de nouveaux cadres sociaux de la mémoire, les dynamiques de transmission entre des générations à partir des fragments réappropriés d'une histoire nationale pulvérisée.
Dès 1925, près de la moitié des Arméniens réfugiés en France habitaient Issy-les-Moulineaux ou Alfortville. La diaspora issue de la rupture connaissait ces deux îlots-refuges. Chaque exilé savait qu'il pourrait compter sur l'aide de la communauté pour faire étape ou fonder un foyer. Ceux qui ont vécu l'exode nous livrent, à travers mille péripéties, les récits des trajets qui les ont conduits de l'ancien village de l'Empire ottoman à ces deux communes de la banlieue parisienne. Tout au long de ce siècle, ils ont su inventer une manière particulière de s'intégrer sans oublier. Les monuments, les noms de rues, les commémorations, les églises, les institutions culturelles sont autant de références à un patrimoine symbolique qui inscrivent cette identité dans la cité. Mais la présence de la communauté s'exprime surtout dans la vie quotidienne, à travers les lieux de la sociabilité où se déploient un art de vivre, une convivialité qui nourrissent l'identité communale. Cette " Arménie des bords de Seine ", véritable " grenier de mémoire " porte les cicatrices du génocide et de l'exil. Mais ces territoires où se dessinent des figures insoupçonnées sont aussi des langages, nés de la rencontre avec d'autres modes de vie et d'autres imaginaires.
L'actuelle diaspora arménienne, bien que née du génocide de 1915 et des massacres qui l'ont précédé, est aussi issue d'une histoire millénaire faite de stabilité et de mouvements, de périodes d'éclat ou de noirceur, de dépendance ou de domination. Elle est surtout faite de ténacité, de courage et de ruse afin de protéger l'identité arménienne et d'éviter l'assimilation. Ce double héritage, séculaire et moderne, a contribué à faire naître en diaspora une représentation de la nation arménienne fondée sur la notion de solidarité ethnique. S'appuyant sur des données historiques et contemporaines, ainsi que sur des observations participantes et des entrevues réalisées auprès de représentants et membres des communautés arméniennes de Montréal et de Paris, l'auteur montre ici que cette unité nationale est physiquement, politiquement ou juridiquement constamment confrontée à sa rupture effective. De plus, la conscience aiguë de cette fracture a eu comme double effet d'influencer la structure organisationnelle de la diaspora et d'entraîner l'établissement d'un processus de catégorisation autour de la définition de l'être Arménien au sein même de la diaspora. L'auteur met aussi en évidence les rapports de force présents en diaspora, ainsi qu'entre la diaspora et la nouvelle République indépendante d'Arménie quant à la relation centre-périphéries. Enfin, questionnant cette relation, elle insiste également sur ses effets pour l'évolution future de la diaspora.
Si la technique sèche en aquarelle s'adapte à tous les sujets, elle convient particulièrement à l'aquarelle botanique qui requiert souci du détail et finesse dans l'exécution. Calme, patience, précision, concentration, voire méditation, sont des qualités bienvenues pour cette technique qui consiste à capter les caractéristiques et les particularités de chaque végétaux. L'auteure vous guide pour le choix du matériel, la préparation des couleurs, la composition et l'exécution à l'aide de pas à pas de différentes difficultés. Se faire plaisir restant le but ultime du projet, observez, savourez, fleurs et fruits vous livreront leurs secrets.
Comme à son habitude, Marie est la première à se proposer pour venir faire les courses avec moi, deux autres jeunes du groupe nous accompagnent. C'est un soir du mois de novembre, il fait froid, nous parlons du temps, va-t-il neiger ou non? L'ambiance est détendue, je raconte une anecdote personnelle Marie, assise à côté de moi se tourne brusquement et me lance froidement "On n'en a rien à faire de ta vie!" Sur le coup je me tais, je ne comprends pas l'agressivité de ses paroles, je passe à autre chose mais au fond de moi je suis blessée. Que s'est-il passé? Pourquoi de telles attitudes, la sienne, la mienne? Pour quelles raisons cela me touche-t-il autant?.
Cet ouvrage aborde un sujet crucial pour les économies modernes à une époque où les échanges commerciaux internationaux se multiplient et où les frontières économiques deviennent de plus en plus pénétrables. Le texte met en lumière les enjeux complexes de la régularisation du commerce mondial, tout en proposant des pistes de réflexion pour adapter les pratiques douanières à ces nouvelles réalités. La réflexion de l'auteur est profonde et bien documentée, tant dans les recherches que dans les analyses. Le lecteur y est amené à réfléchir aux nouvelles stratégies à mettre en place et à comprendre les spécificités du caractère douanier.
La pensée de Dostoïevski a joué un rôle essentiel de charnière entre la philosophie rationaliste héritée de Descartes et les développements de la philosophie au XXe siècle. Elle part d'une réflexion critique sur le cogito cartésien, dans Crime et châtiment ; puis elle pose, dans L'Idiot, la question de l'être, d'une manière qui a profondément influencé la conception de l'ontologie de Heidegger - cette étude est historiquement la première qui démontre cette influence ; et enfin, dans Les Frères Karamazov, Dostoïevski développe la notion de "visage" , qui nourrira toute l'ontologie de Levinas.
L'histoire se raconte souvent au rythme des batailles. Pourtant, une autre trame la traverse : celle de la médiation, art de dépasser le conflit sans violence, pour préserver la cohésion du groupe. Des premiers rituels collectifs aux dispositifs contemporains, elle apparaît comme une fonction vitale : transformer l'affrontement en parole, organiser l'écoute, restaurer l'équilibre, éviter l'escalade. Une question anthropologique et politique est posée dans laquelle deux logiques s'opposent et se complètent : la contrainte (avec les lois, les sanctions, les institutions) qui protège mais peut aussi opprimer, et l'autonomie (avec la maîtrise de soi, la responsabilité) qui libère mais peut vaciller face aux passions. La médiation ouvre un espace intermédiaire : un tiers accompagne, les parties restent actrices, et la solution devient une justice partagée plutôt que subie. En cinq parties, ce livre suit la médiation à travers les sociétés premières, l'Antiquité, les mondes religieux, la modernité juridique et politique, puis dessine les enjeux actuels. Un fil rouge relie ces parties : comment apprendre à vivre ensemble en transformant la contrainte en responsabilité et la liberté en dialogue.