
Philosophie N° 127, Septembre 2015 : Fondation et fondement
Les études ici rassemblées ont pour fin de se confronter aux apories essentielles de la question de l'essence du fondement, telles qu'elles traversent l'histoire de la métaphysique, et d'éclairer ainsi les remises en cause contemporaines de la volonté de fonder, qui répètent la tension opposant le fondement comme substrat et comme origine - ainsi Derrida écrit-il que "la chose même se dérobe toujours", et Desanti, que les moments de crise ouvrent la possibilité de prendre conscience que "le sol fuit toujours". A suivre le fil conducteur des métaphores, le fondement serait ce qui se trouve "sous" les étants, mais en quel sens faut-il l'entendre ? Comme soubassement qui confère à la maison son assise et sa solidité, comme les racines d'un arbre à partir desquelles il ne cesse de croître et de se transformer, ou comme la fin vers laquelle tend son développement ? Le fondement peut ainsi être substrat ferme permettant de poser les premières pierres, source de l'apparaître ou de l'action juste, ou telos de toute genèse et développement. Faut-il cependant adopter pour fils conducteurs les métaphores livrées par l'histoire de la métaphysique, ou au contraire élaborer une métaphorologie critique afin d'en mettre en question le prestige ? Une seconde question tient à la distinction entre les niveaux épistémologique et ontologique. En théorie de la connaissance le fondement s'identifie au principe, proposition première dont la validité est indubitable et fonde celle des autres propositions ; en mathématiques (ici prises pour paradigme), la dérivation des propositions secondes à partir des propositions primitives est une déduction, celles-ci étant les axiomes douées d'évidence immédiate, celles-là des théorèmes doués d'évidence médiate. Or ce paradigme déductif possède-t-il une validité universelle, ou la notion de principe peut-elle, dans les sciences non déductives et les mathématiques axiomatisées, être entendue en un sens autre que celui d'axiome absolument évident ? Y a-t-il, en outre, convergence ou discrépance entre les plans épistémique et ontologique : ce qui est premier dans l'ordre de la connaissance (principe) l'est-il également dans l'ordre de l'être ? Ce qui est premier pour nous l'est-il également en soi ? Une dernière question est liée à la volonté de fonder, c'est-à-dire à l'apparition du projet fondationnaliste et du principe de raison, selon lequel rien n'est sans raison. Si l'apparition même de la philosophie semble dominée par le souci de légitimer le savoir par opposition à la pure opinion, pourquoi l'énoncé du principe de raison a-t-il dû attendre Leibniz pour venir au jour ? Y a-t-il, dans l'histoire de la métaphysique, des mutations du régime d'évidence telles que le principe de raison et la nécessité de la fondation puissent demeurer occultées, puis devenir évidentes ? La compréhension du fondement comme axioma, principium et Grund appartient-elle à des dimensions de sens hétérogènes renvoyant à des époques distinctes du savoir, de l'évidence voire de la compréhension ? Quel est à son tour le fond de ces mutations de sens, et en est-il à proprement parler le fondement ? D. P.
| Nombre de pages | 158 |
|---|---|
| Date de parution | 10/09/2015 |
| Poids | 180g |
| Largeur | 135mm |
| EAN | 9782707328977 |
|---|---|
| Titre | Philosophie N° 127, Septembre 2015 : Fondation et fondement |
| Auteur | Housset Emmanuel |
| Editeur | MINUIT |
| Largeur | 135 |
| Poids | 180 |
| Date de parution | 20150910 |
| Nombre de pages | 158,00 € |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-

La vocation de la personne. L'histoire du concept de personne de sa naissance augustinienne à sa red
Housset EmmanuelAujourd'hui le sens de la distinction , fondatrice de l'humanité, entre chose et personne est devenu obscur : jamais le terme de personne n'a été autant utilisé, revendiqué, et jamais le mot n'a été aussi vide. Il y a donc une urgence à rendre au terme de personne la dignité d'un concept, ou au moins d'en faire le lieu d'une controverse, au-delà de tous les consensus anesthésiants. Contre un tel oubli de la personne, il s'agit de lier une méthode historique, qui donne à voir la généalogie du concept de personne, et une analyse philosophique, qui fait avancer la compréhension du sens d'être de la personne, en évitant le relativisme historiciste, qui demeure aveugle au concept, et une téléologie trop dure, qui fait du concept kantien et juridique de personne une mesure absolue. Les recherches de la remarquable philologie allemande permettent de suivre l'évolution de prosôpon et de persona dans l'Antiquité pour montrer sur quel sol le concept de personne va naître. Avec saint Augustin, Boèce, Richard de Saint-Victor et saint Thomas d'Aquin, la latinité transmet et fait se rencontrer le grec et le biblique, pour accéder à un concept véritablement universel de personne, qui n'épuise pas pour autant le secret de chacun. La philosophie médiévale en comprenant la personne comme capacité passive de recevoir, et donc d'aimer, en décrivant l'événement d'une personnalisation qui est un être hors de soi, donne à penser la dignité absolue de la personne à partir de sa dimension relationnelle et responsive. Cette percée du concept de personne permet de relativiser le concept moderne de personne, qui fonde la personnalité sur le pouvoir de dire je Contre l'identification si évidente de la personne à la conscience de soi, la phénoménologie comme méthode rend son titre de noblesse au concept relationnel de personne, sans tomber dans le piège d'une simple intersubjectivité. Elle montre que le corps est le lieu d'une écoute du monde, qui fait de la personne comme totalité un témoin avant d'être un sujet. Elle dévoile le temps comme le lieu d'une vocation dans laquelle se déploie une identité d'exode et d'exil dans la compassion et la patience comme endurances de l'altérité : l'amour fait la personne. . . Emmanuel Housset est maître de conférences, habilité à diriger des recherches, à l'Université de Caen, Basse-Normandie (UCBN) et membre de l'équipe de recherche Identité et subjectivité.Sur commande, 4 à 6 joursCOMMANDER30,50 € -

La différence personnelle. Essai sur l'identité dramatique de la personne humaine
Housset EmmanuelL'identité personnelle n'est pas l'identité de la chose, et pourtant l'ombre de la chose se retrouve encore dans bien des philosophies de la personne, quand elles veulent identifier une constance venant absolument de soi. Or, la constance proprement humaine ne saurait être un repli sur des caractères figés, et elle doit au contraire être pensée dynamiquement comme une réponse toujours ouverte et inquiète à ce qui nous touche au-delà de ce que nous pouvons recevoir. La philosophie médiévale de saint Augustin à saint Thomas d'Aquin a donné à penser et à vivre une identité brisée de la personne. La philosophie moderne (Kant) et la phénoménologie (Husserl, Heidegger, Levinas, Maldiney) permettent, elles, de redécouvrir cette identité impossible, voire anarchique, qui est notre avenir avant d'être notre présent et notre passé. Comprendre philosophiquement la personne en tant que créature comme un être qui est pour autre chose que lui-même, c'est alors pouvoir surmonter les multiples formes du nihilisme actuel qui enferment l'homme dans des identités mortes. Dès lors, élucider cette différence personnelle, qui n'est plus la particularité d'un genre, mais la dimension dramatique, active, de l'existence, permet de mettre en lumière le fait que la signification éthique de la personne est toujours première.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER38,00 € -

Husserl et l'énigme du monde
Housset EmmanuelEn prenant appui sur la notion de monde, cet ouvrage est un parcours informé et clair de la phénoménologie de Husserl. Il interroge le sens de la philosophie considérée comme science rigoureuse, examine la nouvelle tâche que Husserl assigne à la métaphysique comme dévoilement du monde. Le projet de la phénoménologie est en effet de nous rendre attentifs à toute la richesse et à toute la diversité de l'expérience pour rompre avec le nihilisme contemporain, né de la géométrisation du monde au travers des sciences de la nature. Cet ouvrage se présente comme un excellent moyen de se familiariser avec les concepts fondamentaux de la phénoménologie.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER8,30 € -

Husserl et l'idée de Dieu
Housset EmmanuelLa question de Dieu dans la pensée de Husserl fut très tôt un objet d'attention pour la recherche phénoménologique, mais la diversité des textes est telle qu'il était nécessaire d'établir le dossier historique relatif à cette question. Bien évidemment, la mise en lumière de l'unité et de la continuité des analyses de Husserl sur Dieu est animée par une interrogation proprement spéculative: quelle place pour Dieu dans une philosophie descriptive qui se veut méthodologiquement athée? A partir du "je" transcendantal, quel est l'accès possible à la pure phénoménalité de Dieu? Si Husserl décrit la transcendance de Dieu comme celle d'une Idée théorique, éthique et téléologique, il ne s'agit pas pour lui de s'en tenir aux reconstructions abstraites de la métaphysique, niais de revenir à l'expérience originaire de Dieu. La réduction phénoménologique ne demande pas de cesser de croire, mais elle rend possible une purification éthique de l'expérience religieuse qui permet d'élucider son sens. En cela, tout le projet contemporain d'un concept non ontologique de Dieu est redevable à Husserl d'avoir fait le premier pas décisif en affranchissant de tout en soi "et en montrant que la transcendance de Dieu ne peut être séparée de la vie intentionnelle dans laquelle elle s'annonce. Husserl ne confond pas pour autant philosophie et théologie, et la compréhension de Dieu comme évidence d'une Idée pratique infinie laisse ouverte la possibilité de la Révélation sans vouloir parler pour elle."ÉPUISÉVOIR PRODUIT27,50 €
Du même éditeur
-

Ceux qui appartiennent au jour
Doude van Troostwijk EmmaLe temps d'un séjour de quelques semaines dans sa maison d'enfance, la narratrice raconte ses retrouvailles avec sa famille, où, depuis trois générations, hommes et femmes ont choisi le métier de pasteur. Mais quand elle arrive, quelque chose de cet ordre ancien s'est profondément déréglé. De ses proches, elle raconte les rires, les chutes, les chants. De toutes ses forces, elle les soutient, quand leur vie ne semble plus tenir qu'à un fil.EN STOCKCOMMANDER8,50 € -

Autour du monde
Mauvignier LaurentRencontrer une fille tatouée au Japon, sauver la vie d'un homme sur un paquebot en mer du Nord, nager avec les dauphins aux Bahamas, faire l'amour à Moscou, travailler à Dubaï, chasser les lions en Tanzanie, s'offrir une escapade amoureuse à Rome, croiser des pirates dans le golfe d'Aden, tenter sa chance au casino en Slovénie, se perdre dans la jungle de Thaïlande, faire du stop jusqu'en Floride. Le seul lien entre les personnages est l'événement vers lequel tous les regards convergent en mars 2011 : le tsunami au Japon, feuilleton médiatique donnant à tous le sentiment et l'illusion de partager le même monde. Mais si tout se fond dans la vitesse de cette globalisation où nous sommes enchaînés les uns aux autres, si chacun peut partir très loin, il reste d'abord rivé à lui-même et à ses propres histoires, dans l'anonymat.EN STOCKCOMMANDER10,00 € -

Les Bacchantes
EURIPIDEDionysos est là. Il arrive depuis toujours. Il vient d'ailleurs, mais il est partout; c'est qu'il est le dieu du théâtre. La tragédie qu'il met en place sera plus tragique qu'une autre, puisqu'il s'agit de lui. Il lui faut un homme qui lui résiste, à qui il puisse faire la chasse pour le prendre dans les filets du délire. Les Bacchantes sont la pièce du délire qui finit mal. Ce n'est pas l'auteur et ce qu'il a pensé qu'on cherchera, ni en deçà de lui, la langue et son rythme. L'athée s'est-il converti? Peu nous chaut. Au théâtre le poète est masqué, sous les masques de ses personnages. La vigueur de la mise en perspective dépend de sa discrétion. Telle est la règle de l'objectivité scénique. L'auteur ne délivre pas de message. La victime n'apporte pas de salut. La fête n'en répand pas moins ses lumières et ses fastes, ses fantasmagories, ses jeux de cirque, ses bouffonneries et ses horreurs. L'initiation cultuelle des mystères dionysiaques s'y est faite initiation théâtrale. La gloire est toujours douce, dira-t-on, même pour le dieu. Toute arme est bonne pour gagner, surtout celle de la dévotion.EN STOCKCOMMANDER12,00 €
De la même catégorie
-

Les décisions impossibles. Un voyage philosophique en 15 dilemmes existentiels
Peytour CharlotteA travers 15 dilemmes redoutables, situés aussi bien dans notre quotidien que dans des futurs proches ou imaginés, ce livre met à l'épreuve nos certitudes et nos intuitions les plus profondes. Chaque situation force à trancher là où aucune solution ne permet de sortir indemne - là où décider signifie toujours renoncer. En croisant la pensée des grands auteurs classiques et contemporains avec des exemples issus de la science-fiction, de la culture populaire et de l'expérience ordinaire, Charlotte Peytour nous invite à philosopher autrement, de façon vivante et concrète. Ici, pas de bonnes réponses, mais des clés pour comprendre comment nous décidons, pourquoi nous hésitons et ce que chaque choix révèle de nous.EN STOCKCOMMANDER18,00 € -

Qu'est-ce qu'être humaniste ?. Une brève histoire de la liberté de pensée
Bakewell Sarah ; Cavaillès NicolasPeut-on encore avoir recours à la pensée humaniste, cette philosophie lucide et joyeuse, inspirante et bienveillante, dans un monde où les repères sont à ce point brouillés ? Du XIVe siècle à nos jours, d'Erasme à l'espéranto, de Christine de Pisan à Bertrand Russell et de Voltaire à E.M. Forster, ce livre montre comment des femmes et des hommes d'hier et d'aujourd'hui, guidés par leur foi en la raison, ont placé l'amour de l'humanité tout entière au coeur de leur réflexion. Après son inoubliable Comment vivre ? , sur les traces de Montaigne, Sarah Bakewell nous convie à la découverte de la pensée libre, de son foisonnement d'idées et d'expériences, portées par une vision éthique de l'existence. Aujourd'hui plus que jamais, il s'avère urgent de s'inspirer de ces modèles d'humanisme.EN STOCKCOMMANDER26,00 € -

Ce que la philosophie doit aux femmes. L'histoire oubliée de la pensée, des origines à nos jours
Devillairs Laurence ; Hansen-Love LaurenceUne autre histoire de la philosophie, qui redonne leur place aux femmes oubliées. En dépit de leur oubli et de leur effacement, les femmes ont contribué à l'histoire de la philosophie. Cet ouvrage vise à leur rendre justice, en mettant en avant leur pensée et leurs apports décisifs. Les auteures et chercheures qui ont collaboré à cette autre histoire de la philosophie ont consacré leurs travaux à faire connaître cette part oubliée de l'histoire de la pensée, d'Hypathie à Simone de Beauvoir, en passant par Rosa Luxemburg, Jeanne Hersch et Hannah Arendt, jusqu'aux débats récents après #Metoo. Laurence Devillairs et Laurence Hansen-Love analysent ce que la philosophie doit aux femmes, avec les contributions des philosophes Sandrine Alexandre, Annabelle Bonnet, Marie Chartron, Estelle Ferrarese, Geneviève Fraisse, Marie Garrau, Isabelle Koch, Catherine Larrère, Catherine Malabou, Maud M'Bondjo et Camille de Villeneuve. " Un ouvrage remarquable, tant par la qualité des coautrices que par son contenu et sa visée. " LibérationEN STOCKCOMMANDER12,90 € -

Des philosophes pour vivre mieux. Une symphonie de Force, Joie, Sérénité
Rayot MichelEN STOCKCOMMANDER22,00 €

