En 1970, René Char écrit à Marwan Hoss : "Il m'est agréable de vous écrire combien vos poèmes me trouvent, me découvrent peut-être aussi à moi-même, à l'âge des sombres chagrins". Et un mois plus tard : "Sur la ligne de l'horizon où vous m'êtes apparu, je ne vous confonds avec aucun autre". En 2019 a paru Jours, un recueil de 248 pages réunissant l'ensemble des textes de Marwan Hoss écrits depuis 1969. Terres, rassemble les poèmes écrits depuis lors. On y retrouve la tonalité unique qui marque cette poésie, à la confluence de Char et de Schéhadé : étrange et grave, ascétique et sensuelle, brûlante et raffinée. "Dans l'aube froide / les sarcelles de mon enfance / prennent leur premier envol / Les chasseurs tirent et font / saigner leurs coeurs / Derrière les roseaux / se cachent les oiseaux blessés". Même lorsqu'il s'agit de l'enfance, la menace est toujours présente. Toujours se font sentir "les fusils / au loin". Et l'amour lui-même parachève cette violence : "Le désir a fait trembler / mon enfance // Le feu de ton regard / l'a incendié" Les poèmes sont le seul lieu possible d'une réconciliation : "Mes poèmes ressuscitent / ma mémoire" On y peut reprendre souffle : "Sur la feuille respirent / les mots". Méfiance cependant : les mots, comme l'amour, peuvent vite se retourner. Parfois, "Les mots se révoltent / ils traquent les poètes / dans les jardins de la ville" Même avec les mots la paix est fragile. Le poète vit "en état d'alerte".
Nombre de pages
93
Date de parution
01/06/2023
Poids
130g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782845903579
Titre
Terres
Auteur
Hoss Marwan
Editeur
ARFUYEN
Largeur
135
Poids
130
Date de parution
20230601
Nombre de pages
93,00 €
Disponibilité
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« C'était l'aube. / Les bédouins sortaient de leurs tentes noires, / Les alouettes vrillaient sur le sable rose, / Les chiens aboyaient, / Tandis qu'une frêle gerboise / Scrutait les alentours escarpés. / C'était un jour de septembre.?/ Il faisait froid.?J'avais dix-huit ans.?/ J'étais heureux. » C'est par ce poème inspiré d'un souvenir du Liban de son enfance et de sa jeunesse, que s'ouvre ce nouveau livre de Marwan Hoss. Si la souffrance marquait de son empreinte les textes de son précédent ouvrage, Déchirures, celui-ci est marqué au contraire par une lumière douce et apaisée. Lumière du soir, certes, où un certain fond de nostalgie et gravité est toujours présent, mais aussi lumière des matins, plus profonde encore et sereine : « Chaque jour majestueuse / L'aube se lève / Dans un grand rite de lumière. » L'écriture de Marwan Hoss se plaît à ces entre-deux du jour et de la nuit, où toutes choses semblent en attente, en réserve, et comme de passage. Car le poème a pour seul royaume l'éphémère : « Il ne restera peut-être rien / Qu'un chant bref et grave / Une colonne de mots sonores. » Il ne peut rien saisir ni retenir, seulement discrètement évoquer, suggérer. Quelques mots suffisent pour susciter un souvenir, une présence, un parfum. Mais aussi un trait, une couleur suffisent à délimiter un espace, un silence, à marquer un accomplissement : « Tu es une ligne bleue / Sur laquelle s'achèvent mes mots. » Ce que trace la plume ou le pinceau, ce n'est jamais qu'un possible, d'autant plus puissant de ne rester toujours qu'à l'état de possible. Comme les nuances infinies de ces lumières flottantes dans les crépuscules du soir et du matin.
Le 10 novembre 1970, René Char écrit à Marwan Hoss : " Il m'est agréable de vous écrire combien vos poèmes me trouvent, me découvrent peut-être aussi à moi-même, à l'âge des sombres chagrins. " Et un mois plus tard : " Sur la ligne de l'horizon où vous m'êtes apparu, je ne vous confonds avec aucun autre. " Placée dès l'origine sous le double parrainage de Char et de Schéhadé, l'oeuvre poétique de Marwan Hoss est d'une tonalité unique : étrange et grave, ascétique et sensuelle, brûlante et raffinée. JOURS réunit l'ensemble de ses textes depuis 1969 jusqu'à aujourd'hui : 50 années d'écriture revisitées pour arriver à l'épure d'une vie. " J'étais l'enfant des premières pluies / qu'un baiser emprisonne / Ma mère avait le charme / mon père la fatigue / J'étais l'adolescent qui savait / Des pays je compris la distance / Du silence je pris la parole " Ainsi commence ce livre d'une vie, comme si dans cette vision déjà un destin était tracé. Destin énigmatique, lumineux et cruel, qui semble comme chez Nerval revêtir les d'une femme que le poète sans cesse interroge : " Où vas-tu ainsi / sans détourner ton regard / Je vais vers l'infiniment loin / – me répondit-elle avec tendresse " Sans cesse le rêve s'y mélange à la veille, la mort avec la vie. " Mes yeux étaient ouverts, mais je ne voyais rien, parfois les larmes dispersaient mon regard. " Et les poèmes, brefs, sont autant de révélations, menaçantes ou apaisées.
Ce huitième ouvrage de Maître Eckhart aux Éditions Arfuyen aborde l'oeuvre latine avec un court traité, le Commentaire du Notre Père, traduit ici pour la première fois. Son intérêt est double : d'une part, c'est une réflexion sur un texte fondamental et connu de tous, le Notre Père, et qui s'adresse donc à un public plus large ; d'autre part, le Commentaire mobilise l'ensemble de la culture d'Eckhart et permet de mieux comprendre ses sources, de Cassien et Augustin à Jean Chrysostome et Maxime le Confesseur. Quant à la magnifique Prière de Maître Eckhart, elle est ici publiée pour la première fois en édition bilingue (trad. Gérard Pfister) et en traduction intégrale. Le Commentaire du Notre Père apparaît dans deux manuscrits, dont le célèbre manuscrit de Cues de 1444. L'attribution du Commentaire à Eckhart est néanmoins certaine, du fait de nombreuses similitudes avec d'autres oeuvres eckhartiennes. Eckhart y fait lui-même expressément allusion dans son Commentaire sur l'évangile de Jean. Le Commentaire du Notre Père propose une méditation sur la prière chrétienne. Prier, c'est s'adresser à Dieu et lui parler. Eckhart insiste également ici sur le caractère communautaire et ecclésial de la prière. Enfin, la prière du Notre Père n'est pas seulement un modèle pour les hommes, elle est aussi et surtout la prière du Christ lui-même. Prier, c'est donc entrer dans la prière du Christ, se conformer à lui, et devenir Fils du Père. Le rapprochement entre l'oeuvre latine et l'oeuvre allemande permet ainsi de montrer que les expressions les plus audacieuses d'Eckhart trouvent en réalité leur fondement dans la tradition la plus classique. Éric Mangin, prêtre diocésain, est chargé de cours à la faculté de philosophie de l'université catholique de Lyon et membre de l'équipe de recherche sur les mystiques rhénans. Marie-Anne Vannier, professeur à la faculté de théologie de l'université de Metz, a déjà préfacé trois ouvrages d'Eckhart parus dans la même collection.
Après Maître Eckhart et Thérèse d'Avila, ce livre est le 3e de la collection "Ainsi parlait". Pourquoi Sénèque ? "Sénèque fascine ; Sénèque irrite, écrit Louis Gehres. Déjà Néron supportait mal ce trop sage précepteur ; et la postérité n'a pas fini de s'en agacer. La gloire, la richesse, le pouvoir, tout lui a été donné. Mais il se pique de ne se soucier que de sagesse." Le destin de Sénèque ne fut pourtant pas dépourvu d'épreuves : le bannissement en Corse, la mort de son fils, mais surtout le suicide en 65, sur ordre de Néron. Tacite a donné des derniers instants de Sénèque un récit dont la grandeur évoque, bien sûr, la mort de Socrate. Son oeuvre acquiert là une signature de vérité qui en change la lecture.