De 1914 à 1918, le patrimoine français détruit ou dévasté par les ravages de la guerre est sacralisé et devient un réel instrument de propagande. Moins d'un an après les destructions emblématiques de Louvain et de Reims (août-septembre 1914), Paris est le théâtre de spectaculaires expositions à visée de propagande antigermanique fondées sur l'exaltation du patrimoine architectural et artistique meurtri. L'une des premières manifestations a lieu au printemps 1915 au Trocadéro, au sein du musée de Sculpture comparée. Elle montre des photographies de monuments dévastés, exposés à proximité des moulages en plâtre de monuments historiques estampés avant guerre, ultimes témoignages des originaux partiellement ou entièrement détruits. Ces moulages sont valorisés au moyen d'une signalétique au message accusateur : " Sculptures détruites par les Allemands. " L'année suivante, le musée du Petit Palais organise une autre manifestation explicitement intitulée " Exposition d'oeuvres d'art mutilées ou provenant des régions dévastées par l'ennemi ". Dans une scénographie dantesque, des statues décapitées, estropiées et des fragments d'architectures déchiquetés par les bombes lancées sur Verdun, Arras ou Dunkerque s'offrent aux visiteurs comme autant de stigmates de la " fureur du vandalisme allemand ". L'objectif avoué de ces manifestations était d'inspirer " plus de colère encore contre l'envahisseur et présenter des témoignages directs du vandalisme ". Ces expositions furent l'incarnation d'une propagande destinée tant à toucher chaque foyer français qu'à convaincre les pays neutres de s'engager. Elles constituèrent en ce sens de véritables armes idéologiques. A travers des caricatures, des photographies et des illustrations, l'exposition et le livre retracent cette mise en scène des destructions de monuments et la diabolisation de la Kultur. Elles permettent d'appréhender la diversité avec laquelle les antagonismes culturels furent représentés en France et dans les pays alliés.
Nombre de pages
96
Date de parution
11/03/2016
Poids
350g
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EAN
9782915542806
Titre
1914-1918, Le patrimoine s'en va-t-en guerre
Auteur
Hofman Jean-Marc
Editeur
NORMA
Largeur
0
Poids
350
Date de parution
20160311
Nombre de pages
96,00 €
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Forteresse croisée dressée depuis huit siècles au coeur de la Syrie, le Crac des Chevaliers n'est pas seulement "le plus beau des châteaux du monde" (T. E. Lawrence). Ce chef-d'oeuvre d'architecture militaire est aussi un symbole permanent des échanges entre Orient et Occident, et de la fascination de deux mondes qui ne cessent de s'observer, de part et d'autre de la Méditerranée. Entièrement rebâti au XIIe siècle par les moines-soldats de l'ordre des Hospitaliers, le Crac est pris en 1271 par les mamelouks du sultan Baybars. Mais le départ des croisés lui fait perdre peu à peu son rôle stratégique ; cet oubli relatif sauve le monument, qui parvient presque intact jusqu'à nos jours. Redécouvert par les voyageurs et les archéologues à partir du XIXe siècle, le Crac s'impose dans l'imaginaire occidental comme le modèle des châteaux forts : des archéologues français, à partir de 1926, le fouillent, l'étudient et le restaurent. En 2006, le Crac est inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco ; il fait encore aujourd'hui l'objet de recherches archéologiques et historiques. A l'appui de l'exposition de la Cité de l'architecture & du patrimoine (14 septembre 2018 - 14 janvier 2019), le présent ouvrage offre une synthèse claire et illustrée de cette longue histoire, où l'expression du château idéal se mêle sans cesse au rêve oriental.
Réhabiliter le palais de Chaillot, voilà le thème ambitieux de ce livre. Aimé des Parisiens, ce monument d'exception a trop souvent été stigmatisé à l'aune d'une vision sombre de l'histoire qui lui colle à la peau et d'événements funestes dont il ne fut pas responsable. Né sous le Front populaire, c'est un projet culturel et démocratique, une architecture ouvrant ses bras vers Paris et saluant avec bonheur la tour Eiffel, alors qu'elle lui tournait le dos auparavant. Son décor, celui de son coeur et de ses jardins extérieurs, est remarquable et l'ultime témoignage de la période Art déco. Il était temps de lui rendre justice et de le magnifier par l'image.
Saar Ferdinand von ; Boutout Jean-François ; Hofma
Fuyant les troubles politiques liés à la révolution de 1848 et à ses contrecoups, le baron de Güntersheim se retire sur sa terre de Kostenitz en compagnie de son épouse Clothilde, beaucoup plus jeune que lui. S'ouvre pour eux une période idyllique : le couple goûte le bonheur de vivre dans ses terres en s'abandonnant au sentiment de la nature et à un amour idéal et partagé. L'arrivée en garnison d'un fringant officier de cavalerie, le comte Poiga-Reuhoff, vient soudain bousculer ce bel équilibre et ouvre le monde protégé du château à la violence incoercible du désir et aux affres du réel. Considéré par beaucoup, dont Hugo von Hofmannsthal, comme un chef-d'?uvre, et traduit en français pour la première fois, Le Château de Kostenitz offre le récit poignant de la fin d'un monde, en même temps que d'un amour. La mélancolie, le sens de la fugacité des choses, des liens et des lieux, le poids de l'histoire évoquent invinciblement l'univers lui aussi déclinant, sous les stucs et les ors siciliens, de cet autre chef-d'?uvre de la splendeur nostalgique qu'est Le Guépard de Tomasi di Lampedusa.
Avec cet ouvrage, Jean-Louis Cohen, architecte et historien, et Monique Eleb, psychologue et sociologue, proposent une promenade architecturale dans le Paris intra-muros et sa proche banlieue. Trente-trois bâtiments photographiés par Antonio Martinelli sont visités parmi la multitude de réalisations qui ont marqué le XXe siècle. Ils ont été choisis en fonction de leur contribution au paysage urbain, de leur force esthétique et de leur rôle dans la transformation des modes de vie. Des architectes du début du siècle à qui les découvertes techniques ont permis de se libérer des conventions à la génération actuelle qui a retrouvé une dimension intellectuelle après la crise architecturale des années 1960-1970, on suit dans le Paris d'aujourd'hui les transformations d'identité d'une ville dont le centre dense est enserré dans une agglomération de plus de dix millions d'habitants. Par la succession et la mise en correspondance d'édifices en apparence étrangers les uns aux autres, des ossatures de béton des frères Perret aux prismes transparents de Jean Nouvel, Jean-Louis Cohen et Monique Eleb révèlent combien l'idéal d'une architecture rationnelle et lisible aura marqué l'architecture du siècle. This book takes the form of an architectural promenade devised by the architect and historian Jean-Louis Cohen and the psychologist and sociologist Monique Eleb. Thirty-three buildings in Paris and the inner suburbs are presented with photographs by Antonio Martinelli. Selected from the multitude of buildings which have marked the 20th century, each has been chosen for the contribution it makes to the cityscape, for its aesthetic value and for the role it has played in transforming life-styles. From the technical discoveries which enabled architects to break free from conventions in the early 20th century, to the rediscovery of an intellectual dimension by the present generation of architects in the wake of the architectural crisis of the 1960s and 1970s, this itinerary through today's Paris reveals transformations in the identity of the densely-built capital city at the center of an agglomeration populated by over ten million people. By explaining the connections between a sequence of buildings which look very different from one archer, ran no from the Perret brothers' concrete frames to Jean Nouvel's transparent prisms, Jean-Louis Cohen and Monique Eleb reveal the extent to which the long-established French architectural ideal of rationality and legibility has marked the architecture of the 20th century
« Mon ambition est de me consacrer aux grandes décorations murales, à la fresque, qui m'intéresse plus que tout. [?] Vous voyez que mes ambitions sont vastes ! » Première femme à obtenir le Grand Prix de Rome en peinture en 1925, à seulement 22 ans, Odette Pauvert (1903-1966) est une figure méconnue du XXe siècle, à contre courant des avant-gardes. Après un voyage à Pise où elle découvre les fresques monumentales du Camposanto, elle est durablement inspirée par le Quattrocento italien, notamment par Pisanello, Piero della Francesca ou encore Gozzoli. Née dans une famille de peintres et de miniaturistes, elle revendique un style classique et décoratif, et la tradition de la peinture d'histoire et de la fresque. D'abord élève à l'École des Beaux-Arts de Paris, où elle prend part à l'atelier de Ferdinand Humbert, puis pensionnaire pendant 3 ans à Rome, elle intègre les Ateliers d'art sacré en 1929, et passe l'année 1934 à la Casa Velázquez à Madrid, aux côtés d'Alfred Giess et de René Cottet. Elle participe au Salon des artistes français de 1923 à 1966. Peintre du monumental comme de la miniature, elle participe à de grands chantiers comme l'Église du Saint-Esprit à Paris, qui sera sa commande la plus importante, et se distingue tout particulièrement avec ses autoportraits, sujet singulier pour une femme de cette époque. Une première rétrospective lui est dédiée en 1986 au musée Sainte-Croix de Poitiers.
Barsac Jacques ; Viatte Germain ; Brunhammer Yvonn
Invitée en 1940 par le gouvernement japonais pour orienter la production d'art industriel du pays, Charlotte Perriand découvre une pensée, un mode de vie et une architecture ancestrales, conformes aux préceptes modernistes qu'elle défendait avec Le Corbusier et Pierre Jeanneret. L'élaboration de son "art d'habiter", qui modifia profondément la manière de vivre des Français dans les années 50, est née des réflexions qu'elle a menées pendant sa mission au Japon. En retour, elle a contribué avec passion, à travers ses interventions dans les ateliers de production, au renouveau de l'artisanat japonais. "De tous les Occidentaux qui ont travaillé au Japon, c'est probablement elle qui a eu la plus grande influence sur le monde du design japonais", a déclaré le grand designer Sôri Yanagi, qui fut son assistant. Ses expositions au Japon, "Sélection, Tradition, Création" (1941) et "Proposition d'une synthèse des arts" (1955), qui eurent un grand retentissement, ses publications et ses études, ses réalisations à Tôkyô, la maison de Jacques Martin (1953), l'agence Air France (1959), ou à Paris, la résidence de l'ambassadeur du Japon (1966-1969), le showroom Shiki Fabric House (1975) et la maison de Thé à l'Unesco (1993) sont autant de témoignages des liens entre cultures occidentale et japonaise et de leur enrichissement réciproque. L'ouvrage, qui révèle la liberté de pensée de cette grande créatrice face aux enjeux d'une période complexe, est d'un enseignement précieux pour les nouvelles générations d'architectes et de designers, mais aussi pour l'homme d'aujourd'hui.