L'image du roi procure une visibilité, une existence, à une autorité politique immatérielle. Cette figuration est fréquemment considérée sous l'angle de la propagande, une forme de narration iconique et symbolique visant nécessairement à glorifier et à célébrer la monarchie derrière le simulacre manipulateur de l'image. Par ailleurs, on considère qu'à la fin du quinzième siècle l'image royale passe d'une symbolique médiévale à une symbolique antiquisante, bouleversant non seulement le langage iconographique et mythographique mais surtout l'idéologique sous-jacente, abandonnant le roi pasteur et très chrétien au profit d'un roi de gloire au pouvoir absolu. Ce livre se propose de contrer ces deux postulats et de montrer, d'une part, qu'il est faux de considérer l'image du roi comme étant nécessairement une image de propagande et, d'autre part, que la lecture évolutionniste est incorrecte. La période du règne de Louis XII (1498 - 1515) s'avère être une période de rupture, une parenthèse pendant laquelle se superposent des images issues de la représentation religieuse et chrétienne, d'une symbolique antiquisante et mythique, du langage fort bien élaboré de la courtoisie et de la chevalerie ou encore du mythe du père du peuple consacré en 1506 par la réunion des Etats. Cette hybridité de l'image royale prouve à elle seule qu'il est erroné de parler de propagande puisque l'ensemble est inintelligible. Mais, le fait que les idées et images anciennes perdurent et jouxtent avec les nouvelles ne fait pas du règne du roi Louis XII une époque singulière. Ce qui est remarquable, c'est que le pouvoir ne semble pas trancher ou réguler le débat majeur suscité par ces figurations contradictoires. Si l'image du roi associe des discours figuratifs contradictoires et pluriels, c'est donc que la monarchie de France est enlisée dans un débat majeur relatif à l'identité et à la nature du pouvoir royal qui divise les adeptes d'une monarchie modérée basée sur un système de freins, aux défenseurs d'une souveraineté absolue non consultative. En définitive l'étude de l'image du roi Louis XII permet de mettre au jour une importante crise à la veille de l'émergence de l'absolutisme français. François Ier mettra fin à cette période de flottement : sous son règne l'image royale retrouve une certaine cohérence, glorifiant et exaltant l'image du souverain à travers une symbolique antiquisante.
Date de parution
15/11/2006
Poids
495g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782876734531
Titre
LOUIS XII: LES DEREGLEMENTS DE L'IMAGE ROYALE
Auteur
HOCHNER NICOLE
Editeur
CHAMP VALLON
Largeur
155
Poids
495
Date de parution
20061115
Disponibilité
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Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.
Les figures souvent grotesques créées par James Ensor s'animent. Elles évoquent la mer du Nord, Ostende la ville balnéaire et ses habitants évanouis, le retour du carnaval ou le célèbre Bal du Rat mort. Libérées des tableaux où leur apparition continue à nous surprendre, elles haussent parfois le ton entre les murs d'une baraque abandonnée, se répondent et s'affrontent. Elles aimeraient régler de vieux comptes. Elles interpellent un visiteur à la nature incertaine. Tout à la fois ancrées dans leur époque et hors du temps, les voix interrogent, avec une ironie d'outre-tombe, la disparition des corps qui un jour les habillèrent. Avoir connu semblable mascarade est-il possible ailleurs qu'en un rêve où l'on croisera les ombres de Proust, Rilke, Roth, Celan ou Perec bien vivant, installé à la terrasse d'un café ...