Le goût des tyrans. Une ethnographie politique du quotidien en Biélorussie
Hervouet Ronan
BORD DE L EAU
24,00 €
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EAN :9782356877239
Comment se maintiennent les dictatures ? A partir du cas de la Biélorussie où l'auteur a vécu plus de cinq années et où il a pu conduire des enquêtes auprès de travailleurs de la terre, de "moujiks", de kolkhoziens, de tractoristes, de trayeuses mais aussi d'enseignants de lycées agricoles, d'artisans, de prêtres, de braconniers ou de villageois retraités, il a été possible de mettre en lumière plusieurs mécanismes d'assentiment à la tyrannie au-delà de la capacité de contrôle et de répression du régime qu'il ne faut pas sous-estimer. Apparaissent le jeu avec les marges, les arrangements, les illégalismes et les capacités diverses à satisfaire ses ambitions matérielles. C'est aussi un monde moral, porteur de solidarité et de dignité, en somme doté de sens, qui émerge des paroles recueillies et des pratiques observées. Cette économie morale s'accompagne d'un désir de stabilité et de sécurité qui se traduit par une nostalgie puissante des vertus attribuées au monde soviétique et par la volonté que rien ne change. Comme on s'arrange avec la tyrannie et qu'on peut même y trouver des bénéfices secondaires, on soutient de manière distante ou assumée Alexandre Loukachenko, le "satrape de Biélorussie" (Karbalévitch). Au-delà du cas biélorusse, l'ouvrage invite à une réflexion documentée et vivante, loin de tout écueil théorisant, sur la "servitude volontaire" (La Boétie) et "le goût des tyrans" (Tocqueville), à l'heure où l'évidence démocratique semble largement remise en cause par les entreprises illibérales ou par les projets ouvertement autoritaires, en Europe et dans le monde.
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Nombre de pages
281
Date de parution
20/08/2020
Poids
458g
Largeur
165mm
Plus d'informations
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EAN
9782356877239
Titre
Le goût des tyrans. Une ethnographie politique du quotidien en Biélorussie
Auteur
Hervouet Ronan
Editeur
BORD DE L EAU
Largeur
165
Poids
458
Date de parution
20200820
Nombre de pages
281,00 €
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Depuis 1994, la Biélorussie est dirigée par Alexandre Loukachenko, régulièrement qualifié par les médias de dernier dictateur d'Europe Un sociologue français a eu l'occasion de séjourner plus de deux ans à Minsk, la capitale du pays, et de partager la vie quotidienne des citoyens biélorusses : grisaille de la ville, tracasseries administratives, appartements exigus et mal isolés, libertés individuelles bafouées, consommation d'aliments provenant de zones contaminées par la catastrophe de Tchernobyl... Comment donner un sens à sa vie dans un tel univers ? Contre toute attente, c'est en se construisant des petites maisons secondaires de fortune, avec de la tôle ondulée ou des parpaings de récupération, que les habitants oublient, le temps d'un week-end, leurs soucis. L'aménagement de la datcha et du jardin attenant est-il l'occasion d'inventer des espaces de liberté qui permettent de s'affranchir de la dictature et de retrouver un bonheur perdu ? Ou, au contraire, la datcha n'est-elle qu'un instrument du pouvoir, puisque bêcher son jardin permet d'accepter plus facilement la dureté du régime ? Ronan Hervouet apporte ici des réponses précises et nous livre des réflexions à portée générale sur la vie quotidienne en dictature.
L'histoire du Bélarus indépendant est jalonnée de cycles répressifs. Depuis 1996, ce pays, en forme de conservatoire de l'Union Soviétique, où les statues de Lénine trônent encore sur les places, est tenu par un dictateur sans merci, Loukachenko, dans une atmosphère étouffante d'où il est presque impossible de s'extraire. Pourtant en 2020, une contestation populaire, à la suite d'élections truquées, le secoue. Elle se terminera dans une répression sanglante, avec le départ à l'étranger de sa jeunesse. Ronan Hervouet est parti à la rencontre de cette opposition exilée, où chacun lui raconte ces journées de lutte, puis la fuite, et la reconstruction ailleurs d'un combat qui ne s'interrompt pas. En sociologue et en fin connaisseur du Bélarus, il documente ces journées de l'été 2020 où hommes et femmes de toutes générations ont cru au changement. Ainsi entre-t-on dans une histoire immédiate peuplée de destins individuels dans un climat de roman d'espionnage. Ronan Hervouet est sociologue, professeur à l'université de Bordeaux, membre du Centre Emile Durkheim dont il a été le directeur adjoint de 2016 à 2019.
Résumé : Examiner l'oeuvre d'Emile Durkheim (1858-1917) revient avant tout à faire un bilan de son influence sur la sociologie et ceux qui la font aujourd'hui. Cent ans après la mort de son auteur, elle peut incontestablement nous aider à mieux comprendre le monde d'aujourd'hui, du fait de la similitude entre la France du tournant du XXe siècle et celle du tournant du XXIe siècle, caractérisées par la crise du lien social, la question de l'intégration sociale, les incertitudes concernant la sécularisation des sociétés et la place des religions, ou encore les définitions de la démocratie et des fonctions de l'Etat. Que doit la discipline à celui qui passe pour en être l'un des fondateurs ? Quels questionnements et quelles réponses nouvelles a-t-il suscités ? Ses ambiguïtés, ses apories ou encore ses échecs ont-ils été dépassés, et comment ? En quoi, comment et pourquoi la sociologie contemporaine est-elle redevable, pour le meilleur comme pour le moins bon, tant à l'oeuvre scientifique de Durkheim qu'à ses orientations idéologiques ?
L'organisation de l'espace rural est au cœur de ce numéro. La nature des problèmes que rencontrent actuellement les agriculteurs et les éleveurs dans différentes régions du monde impose que l'on élabore de nouvelles formes d'agencement, d'exploitation et de représentation du territoire rural. Les premiers articles de ce volume s'intéressent à cette question. C'est, en définitive, l'identité des populations qui est atteinte et doit être réévaluée : ainsi des éleveurs de porcs, exposés de plein fouet à la critique. Confrontées à la réduction des ressources alimentaires, les sociétés rurales développent des stratégies nouvelles, tant au Sénégal qu'en Biélorussie. Face à la pesanteur des héritages territoriaux et sociaux, divers groupes recourent à des formes de mobilité, aussi bien en Inde qu'en Iran, ou encore en Anatolie. Dans cet ouvrage, deux contributions évoquent, l'une, les représentations liées aux vents dans plusieurs espaces français, l'autre, les représentations liées à la chasse à la palombe dans un milieu traditionnel. Une note informative dresse un état des lieux des zones humides. Et un débat s'ouvre sur l'auto-organisation des espaces historiques.
Pourquoi un Nouveau manifeste convivialiste ? Parce que, on le voit bien, les conflits qui embrasent désormais le monde, autant ou plus que des conflits économiques, sont des conflits identitaires. Chaque Etat, chaque culture, chaque religion, chaque genre, chaque individu veut être reconnu comme ayant plus ou au moins autant de valeur que les autres. Ces luttes de reconnaissance, par lesquelles chacun veut affirmer une valeur déniée ou retrouver une grandeur perdue (Make America, or Russia, or China etc. great again), sont en train de détruire tous les équilibres moraux et démocratiques hérités. Ils mènent le monde vers une nouvelle lutte de tous contre tous. Vers la barbarie. Le Nouveau Manifeste convivialiste qui, comme les précédents, va être traduit dans de nombreuses langues, se veut une contribution à la préparation d'un grand symposium qui réunira à l'Unesco une centaine de plus hautes autorités intellectuelles, morales et religieuses de notre temps à qui il sera demandé de dire ce qui est autorisé et ce qui est interdit aux humains alors que la survie même de l'humanité est maintenant en jeu.
Les repas de famille ! Un doux mélange de bons petits plats, de retrouvailles et de débats. Entre la tante convaincue que " c'était mieux avant ", votre cousin qui a un avis sur tout et votre beau-frère spécialiste de l'économie mondiale après avoir rejoint un groupe Facebook, difficile d'échapper aux fausses vérités et clichés éculés. Ce livre sera votre arme secrète pour traverser les discussions des repas de famille avec panache. Rédigé par une équipe pluridisciplinaire de chercheurs et chercheuses en sciences humaines et sociales, ce guide tente de démêler le vrai du faux, vous offre des réponses éclairées et déconstruis les idées reçues. " Les LGBT sont une mode " ? ! " Les jeunes sont de plus en plus violents " ? ! " Depuis #metoo on ne peut plus rien dire " ? ! En quelques pages nous venons à votre secours tant pour offrir des outils de réflexion que pour calmer des débats houleux. A glisser entre la bûche et le café ou à garder sous le coude pour frapper un grand coup (métaphorique, bien sûr) face aux discours les plus récalcitrants. Une lecture aussi instructive que nécessaire pour, enfin, survivre aux repas de famille sans indigestion (intellectuelle).
Il est temps de redécouvrir l'œuvre de Célestin Bouglé (1870-1940), non seulement parce qu'il fut l'un des sociologues majeurs de son époque, aux côtés de Durkheim, mais aussi et surtout en raison de son infatigable combat pour une République laïque et solidaire. Dreyfusard, vice-président de la Ligue des droits de l'homme, radical-socialiste engagé dans les combats politiques de son temps, éditorialiste influent à la Dépêche de Toulouse, Bouglé a exploré des thèmes qui restent encore d'une étonnante actualité, au moment où la question de la solidarité revient en force dans le débat public. Dans Les Idées égalitaires (1899) il explique comment, en Occident, se sont progressivement imposés les idéaux affirmant l'égale dignité de tous et la valeur éminente de l'individu. Il montre aussi que ces idéaux humanistes nourrissent les meilleurs courants de la gauche républicaine: Jaurès lui-même n'affirmait-il pas que le socialisme est un "individualisme", mais "logique et complet"? Car l'analyse de Bouglé est sous-tendue par un projet politique cohérent, dans une proximité affichée avec le socialisme républicain, dont les thèmes clés sont la laïcité, l'école publique, l'exigence d'une politique active de solidarité incarnée par la philosophie du "solidarisme". Lors de la grande vague néo-libérale des années 1980, le slogan: "Solidaire, si je veux!", exprimait bien un discours hostile aux politiques de solidarité, accusées de niveler les talents et d'étouffer la responsabilité individuelle. Au contraire, Bouglé montre que la doctrine sociale de la République est irréductible à ces caricatures : pour le solidarisme républicain, la possibilité pour chacun de s'affirmer dans sa singularité implique une société profondément solidaire.