Violence dans la raison : la formule semble contradictoire. Elle renvoie pourtant à la thèse centrale de l'ouvrage fondateur de la Théorie Critique, La Dialectique de la Raison de Max Horkheimer et Theodor Adorno, publié en 1947. Entre la figure d'Ulysse chez Homère et celle de Juliette chez Sade, ces deux auteurs tracent la généalogie d'une raison dominatrice dont le pouvoir destructeur éclate dans le capitalisme industriel, les guerres du XXe siècle et les camps d'extermination. Vision tragique et négative de la rationalité dont Habermas critique les présupposés historiques et le caractère autoréfutant. Pourtant l'oeuvre de Sade - qu'il laisse de côté - contient un message complexe et radical qu'il faut évaluer. Au-delà de la violence dans l'histoire se pose la question de la cruauté, celle de ses formes extrêmes propres à l'animal humain. Sommes-nous l'espèce cruelle ? Le problème doit être replacé dans le cadre de l'évolution. Il appartient peut-être à un de ses ratés : au décalage grandissant, et de plus en plus mortel, qui se dessine entre une agressivité nécessaire à la vie et des moyens cognitifs et techniques en soi admirables mais dont la croissance exponentielle ne cesse de faire de nous une espèce dangereuse. Et pour cela même une espèce en danger.
Nombre de pages
238
Date de parution
26/11/2014
Poids
320g
Largeur
131mm
Plus d'informations
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EAN
9782851974600
Titre
Violence dans la raison
Auteur
Hénaff Marcel
Editeur
L'HERNE
Largeur
131
Poids
320
Date de parution
20141126
Nombre de pages
238,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Les premières villes, nous disent les archéologues, sont apparues voici plus de dix millénaires dans le sillage de la révolution agricole. Pourquoi les sociétés humaines ont-elles alors opté pour ce mode d'habitat dense et techniquement complexe qui présupposait du travail exploité ? On peut tenter de répondre en montrant que toute ville se forme en intégrant trois dimensions : celle du monument, celle de la machine et celle du réseau. Qu'en est-t-il aujourd'hui de ce devenir-ville de l'humanité ? Est-ce encore la ville qui croît avec l'archipel planétaire des lieux urbains ? Que reste-t-il de la cité comme forme de l'espace public à l'âge du monde virtuel ? Que veut dire pour nous habiter sur la terre avec nos semblables dans ces ensembles construits qui sont d'abord des lieux d'expériences singulières, et qui, entre public et privé, accueillent la vie commune, dont la rue depuis toujours exprime les formes originales et la diversité. " M.H.
Depuis quelques décennies, un nombre grandissant de philosophes ont manifesté un intérêt accru pour la question du don. D'abord pour mettre en cause la toute puissance du marché qui étend son emprise. Mais au-delà de cette inquiétude liée à une situation historique, nombre de penseurs ont construit une réflexion sur le monde - sur l'être - comme donné. On tend alors à rattacher cette "donation originaire" à une éthique de la gratuité. Gratuité pure, geste unilatéral: telle est la pensée du don qui, selon des styles et des arguments propres, domine chez J. Derrida, E. Levinas, J.-L. Marion et bien d'autres. Il était sans doute temps de se défaire de toutes les pensées du don un peu trop pieuses, devenues envahissantes dans la philosophie française de tradition phénoménologique. Confrontant le travail de ces philosophes au célèbre Essai sur le don de Marcel Mauss, Marcel Hénaff montre que le don est d'abord et avant tout une procédure de reconnaissance publique entre groupes au moyen de ces biens compris comme symboles d'une alliance.
Qu'est-ce qui définit l'ethnologie parmi les autres sciences de l'homme? Pourquoi la parentéconstitue-t-elle une part si importante de son champ d?étude et comment Lévi-Strauss en a-t-ilrenouvelé l'approche en partant de la question de la prohibition de l'inceste? Qu'est-ce que letotémisme? Qu'est-ce qu'un mythe? Enfin, qu'est-ce qui différencie nos sociétés dites historiquesde celles que l'on a longtemps qualifiées de primitives? On trouvera également ici une présentation critique des principaux ouvrages et articles de Lévi-Strauss (1908-2009), ainsi qu'une bibliographie choisie et mise à jour de ses oeuvres et des études qui lui ont été consacrées.
Claude Lévi-Strauss nous ouvre les yeux et les oreilles. Il sait comme personne mettre en évidence des agencements intelligents, tels que les systèmes de parenté, ou des ensembles symboliques comme les formes plastiques, les rites, les décors, les lieux habités. Autant de dispositifs qui - selon des modalités variées - "font sens'. Les mythes eux-mêmes sont d'abord des systèmes de pensée permettant d'organiser les êtres et d'ordonner le monde; les éléments des récits s'y répondent en des transformations réglées comme une phrase musicale se traduit en variations. Le mythologue n'est alors que l'intermédiaire de cette opération plus large de mise en relation; il n'est pas celui qui dit le sens; il est celui qui le fait circuler; il en est le passeur. Biographie de l'auteur Marcel Hénaff, philosophe et anthropologue, enseigne à l'université de Californie, à San Diego. Il a notamment publié Claude Lévi-Strauss et l'anthropologie structurale, Le Prix de la vérité: le don, l'argent, la philosophie et La ville qui vient."
Ce petit écrit entend rassembler, pour ainsi dire de manière dogmatique, les thèses de la psychanalyse sous la forme la plus ramassée et dans la version la plus définitive. Bien entendu, sa visée n'est pas d'exiger la croyance ni de susciter la conviction. Les assertions de la psychanalyse reposent sur un nombre incalculable d'observations et d'expériences, et seul celui qui répète ces observations sur lui-même et sur d'autres est engagé sur la voie menant à un jugement personnel.
L'anarchisme, au moins tel que je le comprends, est une tendance de la pensée et de l'action humaines qui cherche à identifier les structures d'autorité et de domination, à les appeler à se justifier, et dès qu'elles s'en montrent incapables, à travailler à les surmonter. Loin d'avoir "échoué", il se porte très bien. Il est à la source de beaucoup de progrès - très réels - des siècles passés, y compris depuis les années 1960-1970. Des formes d'oppression et d'injustice qui étaient à peine reconnues, et encore moins combattues, dans un passé récent, ne sont plus considérées aujourd'hui comme tolérables. C'est une réussite, pas un échec. N. C.
Quand Paul Celan (1920-1970) s'établit à Paris à l'été 1948 ses poèmes ne sont connus que d'une poignée de gens ; à sa mort, en avril 1970, son nom est associé à l'une des oeuvres poétiques les plus importantes de la littérature allemande. Pourtant, aborder cette oeuvre, a fortiori pour un lecteur francophone, n'a rien d'évident : si les poèmes relèvent bien d'une écriture qui réclame pour elle une "obscurité congénitale" la critique a aussi pu contribuer à en obscurcir le sens. Il faut donc sans cesse reprendre le travail de lecture d'après les coordonnées que Celan a fixées, en partant de ce qu'il appelle "l'accent aigu de l'actualité", inséparable de "l'accent grave de l'histoire" et de "l'accent circonflexe de l'éternité". Appuyé sur de nombreux documents inédits (lettres, traductions et notes privées) qui éclairent sa vie et ses choix poétiques, ce volume donne accès à un "autre" Celan qui se situe tant dans une tradition dont il discute la pertinence que dans une époque qu'il guette avec une acuité implacable, attrapant dans son écriture les mots, les textes et les personnes de son temps. Juif, Celan a ancré son écriture dans l'événement de l'extermination des siens pour en faire une arme critique et analytique, esthétique aussi. Grâce aux contributions de spécialistes de l'oeuvre, cette entreprise est placée dans un réseau de discussions critiques qui l'éclairent depuis des positions multiples : linguistique, traductologique, philosophique et biographique mais aussi historique et poétique, etc.
Madame la vicomtesse de Beauséant était blonde, blanche comme une blonde, et avait les yeux bruns. Elle présentait noblement son front, un front d'ange déchu qui s'enorgueillit de sa faute et ne veut point de pardon. Ses cheveux, abondants et tressés en hauteur au-dessus de deux bandeaux, qui décrivaient sur ce front de larges courbes, ajoutaient encore à la majesté de sa tête. L'imagination retrouvait, dans les spirales de cette chevelure dorée, la couronne ducale de Bourgogne ; et, dans les yeux brillants de cette grande dame, tout le courage de sa maison ; le courage d'une femme forte seulement pour repousser le mépris ou l'audace, mais pleine de tendresse pour les sentiments doux." Honoré de Balzac.