Autour de Capiston, le héros de Cassandra, et si loin qu'il remonte dans son aventure personnelle, ce ne sont que suicides, échecs, dégradations. A tel point que le héros finit par croire, par comprendre, que la réalité n'est qu'un complot qui vise à le détruire, ou qu'il est lui-même habité par la mort en sorte que tout ce qu'il touche se transforme comme par magie en sang et en poussière. Est-ce simple malchance si la tendresse amoureuse qu'il porte à sa propre fille, Cassandra, pousse celle-ci, irrémédiablement, à sa perte? Capiston se considère comme un homme bon et affectueux mais il assiste désarmé, muet d'horreur, à tous les malheurs qui s'abattent sur lui et les siens, non sans proclamer, dérisoirement, qu'il est -veut, voudrait être- tout amour et tout courage. C'est seulement après le suicide de Cassandra et la naissance d'un dernier fils, lorsque Capiston, à 59 ans, aura pris un rendez-vous paisible avec la mort, que la malédiction se relâche et que s'éloignent ce monde de terreurs et de brutalités, ce rêve halluciné que fut sa vie. Le domaine de John Hawkes, dans Cassandra comme dans le Gluau (publié en 1963 dans la collection L.N.), est celui de la terreur intime, du cauchemar obsessionnel, de l'impuissance angoissée à dominer la vie.
Nombre de pages
288
Date de parution
05/02/1992
Poids
300g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782020140232
Titre
Cassandra
ISBN
2020140233
Auteur
Hawkes John
Editeur
SEUIL
Largeur
140
Poids
300
Date de parution
19920205
Nombre de pages
288,00 €
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L'Amour tisse sa propre tapisserie, déroule son propre fil d'or, son propre souffle caressant insuffle l'être à ses mystères bucoliques, vigoureux, doux comme les yeux des marguerites, ou gonflés de douleur. Et de sa propre musique il crée la chair de nos vies. Si les oiseaux chantent, les nus ne sont pas loin. Même le dialogue des grenouilles est enchanteur". .
Le Gluau ou le grand art littéraire d'engluer, de prendre. Ici le piège auquel sera pris le lecteur est celui d'une réalité dense au point de paralyser les hommes. Une trame policière feint de guider le roman : un cheval est dérobé, qu'une bande de malfrats engagent sous un faux nom dans une célèbre course. Un quidam est choisi pour assumer le rôle du faux-nouveau propriétaire. Il errera dans un lent cauchemar d'une poignée de jours jusqu'au drame ultime. Un peu à la façon de Malcom Lowry dans Au-dessous du volcan, John Hawkes, autre géant des Lettres américaines, plonge ses héros dans une confusion telle qu'elle devient le symbole du réel. Une écriture exigeante et poétique pour un livre flou, qui ne quitte pas facilement la mémoire.
Quand j'écrivais Tombe en 1970 je voulais relever une tombe, et relever d'une mort vénéneuse. Je voulais désenfouir un secret et je l'enfouissais sous un texte. Je travaillais sans arrêt, je fouissais, Tombe faisait un travail de taupe. Curieusement l'écureuil, dans certains cas, fait aussi un travail de taupe. Ainsi l'Ecureuil de Tombe, citoyen américain par ailleurs, (j'en parlerai plus bas) est à moitié souterrien. Tombe voulait sortir vivant quand même d'un séjour aux Enfers et ne trouvait pas la sortie. La porte d'entrée refuse la sortie. Il faut trouver une autre porte. Tombe avait dû commencer à se frayer un texte sous le texte dès 1964 aux USA. Je voyais bien les textes se bosseler devant mes pages. Jusqu'au jour où il y eut une déchirure dans mes vies par où Tombe put lever. Mais seulement ce Tombe ou cette tombe. Ce n'est pas cela. Je voulais écrire un livre, ma langue a fourché, Tombe est né de cette fourche. Né fourchu. Double. Avec la mort en tiers. Tombe appartient dans mon ?uvre en général à l'espèce des Livres qui se sauvent, dès que je cherche à écrire ce livre, il détale devant moi. C'est peut-être moi qui fuis. Entre nous il y a fuite. Tombe pressent, préécrit le livre qui le hante, sans le savoir. Veille. Attend. Sans que je sache. Attend trente ans. En 2001 la scène de Tombe s'ouvre sur Manhattan, Lettres de la Préhistoire. Les Enfers ont longtemps voyagé.
Résumé : La critique empiriste des prétentions universelles de la pensée humaine est-elle réellement fondée ? On sait que c'est le problème de Kant. Mais Quentin Meillassoux montre avec une force étonnante qu'une autre compréhension de cette critique, restée en quelque sorte dissimulée, bien que plus "naturelle", aboutit à un partage des ambitions de la pensée très différent de celui proposé par Kant. Il établit en effet qu'une seule chose est absolument nécessaire : que les lois de la nature soient contingentes. Ce noeud entièrement nouveau entre les modalités contraires installe la pensée dans un tout autre rapport à l'expérience du monde, un rapport qui défait simultanément les prétentions "nécessitantes" de la métaphysique classique, et le partage "critique" entre l'empirique et le transcendantal. Cette remarquable "critique de la Critique" est ici introduite sans fioritures, coupant vers l'essentiel dans un style particulièrement clair et démonstratif. Elle autorise à nouveau que le destin de la pensée soit l'Absolu, et non la "finitude" dans laquelle nous nous complaisons en laissant la morale, ou le "retour du religieux", servir de fictif supplément d'âme. Quentin Meillassoux est né à Paris, en 1967. Il enseigne la philosophie à l'Ecole normale supérieure (Ulm), et a également publié Le Nombre et la Sirène. Un déchiffrage du Coup de dés de Mallarmé (Fayard, 2011).