
ENFANT D'HIROSHIMA
Correspondance inoubliable, à la portée universelle, que ces lettres échangées entre un jeune adolescent et sa mère dans le Japon de la Seconde Guerre mondiale. Correspondance inhabituelle aussi : débutée lors d'une séparation désirée - Ichirô préfère rester au lycée de Tokyo lorsque les siens se réfugient à Suwa -, elle se poursuit alors même que la famille est à nouveau réunie. Ces lettres vibrent du profond respect que se portent Ichirô et Isoko, de la difficulté des combats quotidiens dans le monde d'Hiroshima, ce monde d'adultes si douloureux pour le jeune homme. Sa mère, tout en délicatesse et abnégation, épaule et écoute son fils, dont elle apprend humblement, pour vivre malgré les chagrins, l'inquiétude et la guerre. Et Ichirô d'écrire : Faites rage, lames et vent du monde impur, moi j'avance dans la vie aux côtés de ma mère.
| Date de parution | 30/08/2007 |
|---|---|
| Poids | 360g |
| Largeur | 150mm |
| EAN | 9782744407017 |
|---|---|
| Titre | ENFANT D'HIROSHIMA |
| Auteur | HATANO ISOKO |
| Editeur | GRAND CARACTERE |
| Largeur | 150 |
| Poids | 360 |
| Date de parution | 20070830 |
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L'Enfant d'Hiroshima
Hatano Isoko ; Hatano IchirôExtrait 1. ICHIRO A SA MERE Le 10 mai Maman, tu m'as permis de décider si j'irais avec vous à Suwa ou si je resterais seul à Tokyo. J'y ai réfléchi depuis l'autre jour et je préfère rester seul ici. Je pense que tu serais plus contente si je partais avec vous tous, et c'est cela qui me faisait hésiter depuis l'autre jour, mais, en fin de compte, j'ai pris la décision de rester. La première raison est naturellement le collège. J'ai beau y réfléchir, je trouve que c'est dommage de m'en aller dans un lycée de province après avoir été reçu dans un des premiers lycées de Tokyo. Remarque que je ne sais pas grand-chose de celui-là, mais je ne crois pas que je puisse m'y plaire. Tous mes camarades seront comme ces garçons de Ninomiys ou de Tateshima n'est-ce pas ? Au début, ils ne faisaient que me regarder sans presque rien dire, puis quand ils se sont un peu habitués, ils se sont mis à prendre les livres auxquels je tiens le plus, à tripatouiller mon microscope, même quand je leur disais de ne pas y toucher. Ils ne font que dire : «donne-moi ci ! donne-moi ça !» Ils ont envie de tout ce qu'ils voient. Je ne crois pas que je puisse devenir ami avec des types pareils. Et puis, quand j'en parle aux camarades, ils disent tous qu'on ne va pas se réfugier à la campagne, que c'est bon pour les froussards. Quand on me dit ça, je me fais l'effet de fuir devant l'ennemi, et je n'ai pas envie de partir. D'un autre côté, ça ne me dit rien d'être séparé de toi. C'est ce qui me faisait hésiter, mais une fois ma résolution prise, tout cela me tracasse moins. Tu m'as bien dit, n'est-ce pas, que si je restais, tu viendrais me voir au moins une fois par mois ? Si tu viens, je pourrai t'avoir à moi tout seul. Pas de Kinji, ni de Yuzô, ni de Shirô... Ma maman à moi, du matin au soir, tu seras ma maman à moi tout seul : c'est ce qui me remplit de joie. Et puis - mais je ne devrais peut-être pas te le dire - à la vérité, ça me fait plaisir d'essayer de vivre un peu tout seul. Je suis un lycéen et j'ai envie d'être comme une grande personne. Jusqu'ici, j'ai entendu et j'ai lu des histoires de garçons qui restaient à travailler à la ville, loin de leur famille, et maintenant que cela m'arrive, j'en éprouve presque de la joie. Comment t'expliquer cela ? C'est comme si j'étais devenu un personnage de roman. Je t'ai écrit un tas de choses sans queue ni tête. En somme, je voudrais rester seul à Tokyo. Voudras-tu me le permettre, sans que cela te fasse de la peine ? Je sais bien que tu ne me diras pas non, mais ce qui me tracasse, c'est ta mine triste quand nous faisons quelque chose qui te déplaît. Je t'en prie, donne-moi joyeusement la permission de rester. À ICHIRÔ, DE SA MÈRE Tu as donc décidé de rester à Tokyo. J'ai parfaitement compris tes raisons. A vrai dire, je pensais bien que c'était ce que tu déciderais, et ta lettre ne m'a pas étonnée. Mais quant à savoir si je pourrai me séparer de toi joyeusement, je n'en suis pas trop sûre. Cependant, en bonne maman, j'essaierai bien fort, pour toi. Si tu te décides à rester, j'ai pas mal de choses à faire : 1 ° Te recommander à ton professeur. 2° Décider qui viendra garder la maison. 3° Réfléchir à qui tu devras t'adresser quand il y aura quelque chose que tu ne comprendras pas pour tes études. 4° Décider le menu de tes repas. 5° Décider combien je dois te laisser d'argent et où. 6° Décider quel médecin te soignera, si jamais tu tombais malade et comment on m'avertirait. 7° Que faire en cas de bombardement. Il y en a peut-être encore d'autres, mais je vais commencer par m'occuper de celles-ci, décider ce qu'il faut décider en ce qui les concerne. Toi aussi, réfléchis à ce qui reste à faire. J'ai fait partir un tiers des bagages aujourd'hui. Comme j'ai déclaré le second tiers ce matin, il partira probablement dans une semaine. Le reste, je compte le laisser ici. Dis-moi ce que tu veux garder et ce que tu veux envoyer là-bas, et particulièrement ce qu'il faut emballer soigneusement. Il est encore temps, je pense, pour que ce que tu désires soit fait. Bonsoir, mon Ichirô. --Ce texte fait référence à l'édition Broché .Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER8,70 € -

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