Jacques Hassoun, dans une délicate impudeur, n'a jamais cessé de se dévoiler dans ses élaborations théoriques. A lire ses livres et articles, on ne peut qu'être sensible aux mouvements de sa pensée marquée par une infatigable reprise, à la lumière de la psychanalyse, de tout ce qui l'a constituée. Ses réflexions se sont nourries en permanence de la reprise dialectique de son histoire dans l'Histoire. Les termes d'auteur et d'acteur pourraient le qualifier. Auteur, il n'a jamais cessé d'écrire sa vie de sujet et de citoyen, sa vie d'homme sujet de l'inconscient et du politique. De même, il n'a jamais cessé d'en être l'acteur - celui qui acte -, que ce soit dans le domaine social ou politique. Traversant la diversité des thèmes, émergent de l'écriture de J. Hassoun des mots récurrents - des signifiants - qui témoignent de ses préoccupations fondamentales. Pour n'en retenir que quelques-uns, citons: contrebandier, passage, langue, exil et passion. Les différents champs que J. Hassoun parcourt ne viennent pas simplement en illustration, appui ou référence. Ils se croisent de manière à constituer des points de nouage pour élargir ou approfondir sa recherche et témoignent de la démarche intellectuelle d'un homme qui se laissait angoisser par le politique. Conformément au titre d'un de ses livres (Les contrebandiers de la mémoire), J. Hassoun apparaît lui-même comme un contrebandier. Contrebandier-braconnier, passeur d'invisible ou chasseur de leurres hors saison, c'est dans cet inconfort et cette non-conformité assumés qu'il trouvait raison à privilégier Eros plutôt que Thanatos, à poursuivre son travail et à en rendre compte.
Nombre de pages
227
Date de parution
05/03/2009
Poids
400g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782296081734
Titre
Extraits d'une oeuvre
Auteur
Hassoun Jacques
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
155
Poids
400
Date de parution
20090305
Nombre de pages
227,00 €
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Comment traiter des passions du point de vue de la théorie psychanalytique alors que ce terme n'apparaît qu'exceptionnellement dans le corpus freudien ou lacanien ? Est-ce la pulsion de mort qui déchaîne la passion ? La passion est en proie à ses démons qui bousculent jusqu'à la folie l'existence de celui qui en est la victime. Et elle rejoue le drame d'un deuil impossible. Jacques Hassoun suit ici à la trace quelques-uns des avatars de la passion, à travers des romans, des essais, la mystique ou l'histoire politique. Il interroge le destin de Judas, de Boukharine, de Georges Bataille, d'Oscar Wilde, de Rilke, de Cocteau... pour tenter d'entendre que la passion exigeante et intraitable a pour partenaire la solitude.
La mélancolie, cette " bile noire " que les Anciens considéraient comme constitutive de l'être, occupe une place de choix dans la théorie psychanalytique. Freud la définit comme une destruction, marque d'un deuil impossible qui touche à la structure même du sujet. Elle se signale effectivement comme suspens du désir, emprisonnement dans la mort, ressassement, apathie, cruauté - et jouisance - exercée à l'endroit de l'autre et de soi-même, et va de pair avec une réduction des fonctions du vivant au seul ordre du besoin et de la survie. La souffrance, la passion, la toxicomanie, la violence, le désespoir politique et l'appel à la tyrannie sont autant de manifestations d'une affection dont Jacques Hassoun entreprend ici d'analyser le fonctionnement et les causes à travers la clinique et la littérature.
Comment traiter des passions du point de vue de la théorie psychanalytique alors que ce terme n'apparaît qu'exceptionnellement dans le corpus freudien ou lacanien ? Est-ce la pulsion de mort qui déchaîne la passion ? La passion est en proie à ses démons qui bousculent jusqu'à la folie l'existence de celui qui en est la victime. Et elle rejoue le drame d'un deuil impossible. Jacques Hassoun suit ici à la trace quelques-uns des avatars de la passion, à travers des romans, des essais, la mystique ou l'histoire politique. Il interroge le destin de Judas, de Boukharine, de Georges Bataille, d'Oscar Wilde, de Rilke, de Cocteau... pour tenter d'entendre que la passion exigeante et intraitable a pour partenaire la solitude.
La mélancolie, cette " bile noire " que les Anciens considéraient comme constitutive de l'être, occupe une place de choix dans la théorie psychanalytique. Freud la définit comme une destruction, marque d'un deuil impossible qui touche à la structure même du sujet. Elle se signale effectivement comme suspens du désir, emprisonnement dans la mort, ressassement, apathie, cruauté - et jouissance - exercée à l'endroit de l'autre et de soi-même, et va de pair avec une réduction des fonctions du vivant au seul ordre du besoin et de la survie. La souffrance, la passion, la toxicomanie, la violence, le désespoir politique et l'appel à la tyrannie sont autant de manifestations d'une affection dont Jacques Hassoun entreprend ici d'analyser le fonctionnement et les causes à travers la clinique et la littérature.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...