Le Vatican, la France et le catholicisme oriental (1878-1914)
Hajjar Joseph
BEAUCHESNE
59,00 €
Epuisé
EAN :9782701002200
Cette étude traite de questions touchant à la fois l'histoire religieuse, politique et diplomatique. L'auteur étudie les relations de la papauté avec le gouvernement français dans le cadre de la fameuse Question d'Orient au moment où l'Empire Ottoman devenait, après le Congrès de Berlin (1878), le lieu privilégié de l'expansion et de la concurrence européenne. Protectrice officielle et dûment attitrée du catholicisme romain dans cet Empire, la France y exerce une influence prépondérante et souvent déterminante. Sa politique, éclairée et dynamique, reste cependant au service de ses intérêts supérieurs de grande puissance coloniale. méditerranéenne et musulmane. Marquée par une "entente cordiale" sous le pontificat de Léon XIII (1878-1903), elle est soumise à dure épreuve après la rupture des relations diplomatiques avec le Vatican durant le règne de Pie X (1903-1914). Le catholicisme oriental de tradition slave, roumaine. helléno-grecque, sémitico-arabe, arménienne ou copte se ressent des fluctuations politico-religieuse entre Paris et le Vatican. Une documentation abondante et inédite, puisée très souvent aux meilleures sources d'archives, principalement à celles du Quai d'Orsay, contribue au renouvellement des connaissances historiques, dans une dimension peu perçue jusqu'ici, de l'histoire contemporaine de la France, du Vatican et du Catholicisme Oriental. Fruit de longs séjours d'études et de recherches tant à Rome qu'à Paris en Allemagne et à Oxford, l'ouvrage de J. Hajjar constitue un événement prophétique dans la complexité actuelle des relations Occident et Orient. Joseph HAJJAR, né à Damas et de nationalité syrienne, a déjà publié d'importants travaux historiques en français, notamment en 1962, Les chrétiens uniates du Proche-Orient en 1970, L'Europe et Les destinées du Proche-Orient (1815·1848) ; il a également rédigé les chapitres concernant le christianisme oriental dans la Nouvelle Histoire de l'Eglise.
Nombre de pages
592
Date de parution
01/04/1997
Poids
1 201g
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EAN
9782701002200
Titre
Le Vatican, la France et le catholicisme oriental (1878-1914)
Auteur
Hajjar Joseph
Editeur
BEAUCHESNE
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Date de parution
19970401
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592,00 €
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En un seul thème, la maison, avec ses portes, ses murs, ses ombres et ses objets familiers, et en utilisant un vocabulaire délibérément répétitif, Bassam Hajjar a construit l'une des ?uvres poétiques les plus profondes et les plus exigeantes de la littérature arabe contemporaine. Poète de la solitude et du silence, il n'a cessé d'explorer son petit monde, son refuge, son exil désiré, et d'opposer la présence des choses à l'absence des êtres aimés, en attendant sa propre disparition qu'il savait proche. Ce maître de la langue arabe, féru de lexicographie, a tenu toute sa vie à tordre le cou à l'éloquence des Anciens mais aussi au verbalisme de bien des Modernes. Il se dépouillait devant la page blanche de son immense culture littéraire et philosophique pour aller à l'essentiel avec cinquante mots transparents qu'il excellait, dans chacun de ses poèmes, à doter de nouvelles résonances et d'une densité insoupçonnée.
Dans l'Eglise du Moyen Age central, l'inspiration charismatique n'est pas antinomique de la bureaucratisation : elle en est la condition nécessaire. C'est ce que montre cette étude des mobilisations ecclésiologiques de la référence à l'Esprit. Loin d'oublier l'Esprit dans la routine d'une bureaucratie sans âme, les agents de l'institution de l'appareil ecclésial sont les premiers à y faire référence pour opérer, à partir du milieu du XIe siècle, une centralisation pontificale des différentes tendances réformatrices. La monopolisation pontificale de la référence légitime à l'Esprit permet à la fois d'affirmer l'autonomie - la théonomie - de l'appareil ecclésial et d'en suspendre les règles ordinaires. L'appropriation de ce discours ecclésiologique par les chroniqueurs et réformateurs du XIIe siècle va conduire à une nouvelle perception de l'histoire, fondée sur l'idée d'un progrès inspiré et mené par des hommes spirituels. Moines charismatiques et administrateurs peuvent ainsi s'associer autour du fragile malentendu d'une institution spirituelle. Lorsque celui-ci se délite, les discours prophétiques en font l'aune à laquelle juger le présent ou un projet d'avenir. Au cours des XIIIe et XIVe siècles, ce modèle d'une bureaucratie charismatique se dissocie en conceptions antagonistes de la référence à l'Esprit : un usage intégré dans les rouages de l'administration, qui n'apparaît explicitement que dans les périodes de crise, et une référence de plus en plus eschatologique visant à condamner tous ceux qui persécutent les "spirituels".
Scolastique : dérisoire ou sérieuse ? Savante ou bornée ? Ratiocination ou perfection rationnelle de l'investigation universelle ? Virtuosité intellectuelle ou figement formel ? Peu de mots, assurément, résonnent de manière aussi contradictoire dans notre chambre cognitive. Faut-il s'en étonner ? La scolastique, avec le Sic et non d'Abélard au XIIe siècle, se construit sur l'exploration inextinguible de la contradiction. Elle progresse vers la vérité grâce au kaléidoscope des possibles logiques. En son âge d'or, du XIIIe au XVe siècle, auxquels est consacré ce volume, elle ne structure pas seulement la pensée des intellectuels. Imprimant sa forme et ses processus heuristiques à la littérature - latine ou romane - qu'elle érige en son extension, elle trouve en celle-ci non seulement un réceptacle et un lieu de diffusion, mais un révélateur. Codifiée mais libre comme une forme fixe, elle est littérature à part entière, partageant avec elle les ambitions et les modalités protéiformes d'une architectonique savante dévouée à l'éveil de l'esprit. Les vingt-quatre contributions ici réunies sondent la manière dont la littérature médiévale, tirant partie de sa propre diversité, sérieuse, comique, savante, ambiguë ou critique, s'est emparée de la scolastique pour faire d'un phénomène social qui aurait pu devenir un puissant outil de contrôle, un formidable moteur d'émancipation individuelle.
Une exclamation d'Origène (empruntée à Jérémie) : Tu m'as trompé, Seigneur ! Une autre de saint Anselme : Seigneur, je cherche ton visage ! L'une et l'autre nous a paru valoir d'être scrutée, comme introduisant à une demarche de pensée qui caractérise chacun de ces deux grands esprits, et plus encore au mouvement foncier de leur âme. Deux exemples, propres à faire voir, à travers les différences de deux époques aussi bien que de deux individualités, une parenté plus essentielle. Et nous encore, "nous sommes de leur race" . Tous ceux que nourrit de sa substance indéfiniment féconde une même grande tradition, sont frères. Pour compléter ce sentiment de l'unité dans un incessant pluralisme, nous avons cru pouvoir proposer un troisième exemple, pris à notre siècle même, celui du débat qui fut institué, au cours des années trente, sur les rapports de la foi chrétienne, et de la philosophie. Le lecteur verra de lui-même, sans qu'il soit besoin d'instituer parallèles ou contrastes, combien les questions qui agitaient ce débat sont encore aujourd'hui les nôtres.
En octobre 1703, Claude Poullart des Places, un jeune Rennais, arrive à Paris sans autre intention que de faire sa théologie au collège Louis le Grand. Un an plus tard, simple tonsuré, il fonde un séminaire pour les pauvres écoliers, ces aspirants au sacerdoce dont la misère, par ses conséquences, est la plaie majeure de l'Eglise de France. Il assure à ses élèves une longue et solide formation théologique et sait leur communiquer sa mystique de pauvreté et sa hantise des âmes abandonnées. Il meurt en 1709, prêtre depuis moins de deux ans. Il laisse soixante-dix séminaristes et une petite équipe de directeurs, noyau de cette congrégation du Saint-Esprit qui compte aujourd'hui 4 000 religieux. La Compagnie de Marie de son ami Grignion de Montfort ne voit le jour et ne survit jusqu'à la Révolution que grâce à son affiliation à la congrégation du Saint-Esprit ; pendant près d'un siècle et demi, ses membres se font appeler Prêtres missionnaires du Saint-Esprit. Quant aux Filles du Saint-Esprit, la plus florissante des congrégations bretonnes, elle doit son existence à l'un des premiers disciples de Poullart des Places qui leur forma un règlement sur le modèle de celui qui s'observait au Séminaire du Saint-Esprit. Poullart des Places est le plus jeune fondateur d'ordre et aussi celui qui disposa du délai le plus court pour consolider son oeuvre. Son histoire était une énigme que, grâce aux archives de l' Aa, une congrégation secrète de piété, Joseph Michel réussit à élucider. La cause de canonisation de Poullart des Places a été introduite en 1989.