L'Islam de marché. L'autre révolution conservatrice
Haenni Patrick
SEUIL
12,90 €
Sur commande en 2-4 jours
EAN :9782020829311
A l'ombre de l'islamisme radical, un autre islam est en train de voir le jour en Égypte, en Turquie, en Indonésie et l'ensemble du monde musulman : l'islam de marché. Tissé de compromis pragmatiques avec l'Occident, il s'alimente à la culture managériale, vante la réussite individuelle, prône la réalisation de soi, acclimate les interdits aux impératifs du marketing et de la consommation de masse, et instruit le procès de l'étatisme et des organisations militantes. Transformant les modes vestimentaires, musicales, audiovisuelles et les formes de la solidarité, ses agents (entrepreneurs religieux, prédicateurs télé, coachs spirituels...) ne renoncent pourtant en rien à la rigueur morale et fustigent la pluralisation des modes de vie. Porté par les nouvelles bourgeoisies urbaines, leur idéal préfigure une " révolution conservatrice " comparable en bien des points à celle qui triomphe en Amérique. Loin de " l'islam éclairé " tant attendu, une convergence paradoxale s'affirme le long d'un " axe de la vertu " fondé sur la religion, la morale, les ?uvres et le marché.
Nombre de pages
108
Date de parution
07/10/2005
Poids
143g
Largeur
140mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782020829311
Titre
L'Islam de marché. L'autre révolution conservatrice
ISBN
2020829312
Auteur
Haenni Patrick
Editeur
SEUIL
Largeur
140
Poids
143
Date de parution
20051007
Nombre de pages
108,00 €
Disponibilité
Sur commande en 2-4 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Depuis une trentaine d'années, la dissidence urbaine est l'un des scénarios récurrents des dérives du politique dans le monde arabe: guerre de milices au Liban où les identités de quartier se marquaient à coup de tranchées dans les années soixante-dix, bandes imposant leur loi dans les "ceintures de pauvreté" cairotes lors de la décennie suivante, furie destructrice de la seconde guerre d'Algérie qui s'empara des zones sinistrées des grandes villes dix ans plus tard. Allant de mal en pis, "la banlieue" dans le monde arabe semble toujours plus incontrôlable et fuyante. Pauvreté et atavisme obligent, elle serait par excellence la terre d'élection pour les appelés de l'islam radical. A la tête des élans rebelles des bas quartiers, on trouve toujours le caïd. Maître chez lui, héros toujours un peu crapuleux, dépositaire de l'honneur du petit peuple, il est historiquement prédisposé à la geste séditieuse et à la protestation sociale qui, avec ou sans islamistes, a toujours emprunté au vocabulaire de l'islam. Pourtant, "l'ordre du caïd" est un peu plus contrasté, à l'image du personnage lui-même et du rôle que lui confient les opportunités politiques du moment: patron toujours, souvent voyou, militant parfois, le caïd sait aussi, à l'occasion, être notable. Dans ce rôle, il est d'ores et déjà une pièce centrale des nouveaux dispositifs de contrôle politique émergeant avec la poussée néo-libérale dans la région et particulièrement en Egypte, sujet du présent ouvrage. Ainsi réajusté, "l'ordre du caïd" signe pourtant moins la victoire de l'Etat sur l'islamisme et les bandes que la richesse politique des "cultures de pauvreté". Car la loi régissant le quartier, qu'elle soit islamiste ou étatique, a toujours été en partie celle du caïd, flexible de nature mais jamais inféodé à quiconque, preuve, s'il en est, que la politique se construit aussi par ceux d'en bas et que, sous le joug de l'injustice, la banlieue peut échapper au dilemme maudit de la soumission ou du sang.
La construction de mosquées ou de minarets est un thème controversé dans plusieurs pays européens. En Suisse, des milieux politiques ont lancé une initiative populaire " contre la construction des minarets ". Ce n'est pas simple affaire d'architecture. A l'ombre des minarets déjà construits ou en projet se profile un débat plus large : sur la nature de l'immigration musulmane, sur l'islamisme en Europe, et sur l'islam lui-même. Cet ouvrage fait appel à plusieurs spécialistes de l'islam et des religions dans le monde contemporain pour éclairer les questions dans le monde contemporain pour éclairer les questions soulevées par le débat autour des minarets.
Le 29 décembre 1956, l'Algérie française portait en terre l'un de ses leaders, Amédée Froger, tué la veille, alors qu'il sortait de son domicile. La nouvelle de l'assassinat a fait grand bruit, en Algérie, mais aussi à Paris, en raison de la personnalité de la victime, haute figure locale de la défense de la cause française. Ses obsèques à Alger ont rassemblé une foule nombreuse. Elles ont surtout été l'occasion de ratonnades qui ont marqué les observateurs. S'appuyant sur de nombreuses sources, dont des archives policières et judiciaires inédites, Sylvie Thénault retrace ces événements et propose à travers eux une généalogie des violences exercées par les Français sur les Algériens dans le contexte de la colonisation. Trop souvent résumées à des actions ponctuelles et paroxystiques, ou associées aux seules exactions de l'OAS à la toute fin de la guerre, ces violences - non pas celles des autorités et de leurs représentants mais bien celles de la minorité française, née là-bas - s'inscrivent dans une histoire longue. Elles se nourrissent d'un rapport de domination brutal, empruntant à toutes les formes d'oppressions possibles (économiques, sociales, politiques, juridiques, culturelles) et s'ancrent dans un espace urbain où les différences et les inégalités se lisaient à la moindre échelle, celle du quartier, voire de la rue ou de l'immeuble. Faisant des événements ayant entouré la mort et l'enterrement d'Amédée Froger le chaînon manquant de cette longue histoire, Sylvie Thénault propose ici une histoire spatiale et sociale de la guerre à Alger, en plaçant au coeur de l'interrogation ce que les ratonnades doivent aux rapports entre les populations en présence.
XVIIe siècle. Aux Antilles. C'est la nuit sur une plantation où se déroule une veillée mortuaire. Un vieux-nègre esclave entre dans le cercle des flambeaux. Dès ses premiers mots, il se métamorphose en " maître-de-la-Parole ". Comment ce vieil homme a-t-il pu s'ériger en père fondateur de la littérature des Amériques ? Quels sont les secrets de cet improbable résistant à l'esclavage et à la colonisation ? D'où lui vient cette assignation à ne conter que la nuit, sous peine d'être transformé en panier ? Et pourquoi un panier ? Partant de l'extraordinaire émergence du conteur créole, Patrick Chamoiseau interroge son propre travail d'écrivain, sa mémoire intime et les mystères de la création. Quels sont les grands enjeux de la littérature contemporaine ? En quoi rejoignent-ils ceux de ce vieux maître-de-la-Parole ? ... " Chaque création est une avancée de la réflexion, de la connaissance, du rapport désirant avec cet horizon sans horizon qu'est la Beauté. " Patrick Chamoiseau, né en 1953, a élargi la portée de la littérature antillaise à un niveau mondial. Prix Goncourt pour Texaco (Gallimard, 1992), il est l'auteur d'une oeuvre narrative et théorique majeure où se mêlent imaginaire foisonnant et conscience politique. Sa voix est aujourd'hui l'une des plus influentes de la Caraïbe. Au Seuil ont récemment paru La Matière de l'absence (2016), Frères migrants (2017), Contes des sages créoles (2018) et, en Points Thriller, J'ai toujours aimé la nuit (2018).
Disjoindre le sexe et le genre est un geste éminemment moderne, théoriser cette dissociation l'est plus encore.Ce livre est d'une certaine manière l'histoire de ce geste. Il nous mène des grandes entreprises déconstructrices de la Modernité des années 1960-1980 jusqu'au triomphe contemporain de la théorie du genre : de Sartre, Lacan, Deleuze, Barthes, Derrida ou Foucault jusqu'à Judith Butler.Pourtant, parce qu'il s'agit d'un objet aussi fuyant que précieux, le sexe des Modernes est aussi un révélateur. Loin d'être tout à fait commun aux deux espaces intellectuels que sont l'Europe et les États-Unis, il est peut-être témoin de leurs divisions : disputes, équivoques, héritages détournés, et guerres silencieuses ou avouées...Il s'agit ici non seulement d'éclairer des doctrines récentes que la confusion des temps travaille à obscurcir, mais d'explorer ce qui s'est déplacé au tournant des XXe et XXIe siècles entre le continent européen et le continent américain. Transmission ou au contraire fracture ...Car le moment est venu d'interroger le partage du sexe et du genre sous l'angle de son histoire puisque cette histoire est la nôtre, et sans doute plus que jamais.E.M.
Excédés par le présumé laxisme des tribunaux, les justiciers autoproclamés s'évertuent à punir par eux-mêmes les fauteurs de trouble. Violant la loi pour maintenir l'ordre, ils s'improvisent détectives, juges et bourreaux. Adeptes du lynchage et autres châtiments spectaculaires, ils trouvent un nouveau public sur les réseaux sociaux. Des groupes d'autodéfense du Far West aux chasseurs de pédophiles en Russie contemporaine, les justiciers hors-la-loi sont typiquement des hommes blancs, réactionnaires et xénophobes. Toutefois, mouvements révolutionnaires et défenseurs des dominés ne s'interdisent pas de manier, à leur tour, le fouet et le feu. L'auto-justice compte en outre de fervents zélateurs dans les services répressifs. Et quand policiers et paramilitaires s'affranchissent du cadre légal pour nettoyer la société, ils précipitent l'avènement de l'Etat justicier. Cet essai comparatif s'aventure dans les eaux troubles de la justice sommaire. Au terme d'un périple dans le monde perturbant des redresseurs de torts, une question s'impose : la France est-elle immunisée contre cette fièvre punitive ...