Ce recueil de textes souhaite mettre en avant l'un des apports majeurs des recherches de Pierre Hadot, l idée selon laquelle la philosophie antique est à la fois théorie, discours et mode de vie. Le philosophe français, également historien et philologue spécialiste de l'antiquité, est en effet celui qui a montré en quoi la philosophie antique était une articulation entre theôria et praxis. Soulignant expressément que la pratique de la philosophie n est pas quelque chose qui « s ajoute » à la théorie mais est un élément constituant de la philosophie chez les Anciens.Ainsi, de très nombreux textes de Pierre Hadot sont destinés à mettre en évidence en quoi les écoles philosophiques hellénistiques et romaines sont à la fois des lieux d enseignements, des lieux de confrontations aux discours des maîtres et des endroits où l on apprend le mode de vie qui se conforme à ces enseignements. Les philosophes, les maîtres sont à la fois ceux qui instruisent, transmettent et offrent des leçons et, dans le même temps, ce qui en font la démonstration dans leur pratique quotidienne.Les ouvrages de Pierre Hadot ont souvent cherché à souligner cette articulation entre théorie et mise en uvre. C est notamment le cas dans Qu est-ce que la philosophie antique? Cependant, peu d entres eux abordent directement et uniquement ce thème. Ainsi si Plotin et la simplicité du regard, Apprendre à philosopher dans l Antiquité, La citadelle intérieure, Le voile d Isis, N oublie pas de vivre par exemple s intéressent à cet aspect, ils ont aussi pour vocation d être une introduction au plotinicisme, au Manuel d Epictète, au stoïcisme tardif, à l histoire de l idée de nature, etc.Ce regroupement de textes a pour ambition d adresser pleinement la question de l articulation theôria et praxis dans l uvre de Pierre Hadot à travers un certain nombre de textes parfois rares ou même inédits où cette problématique est particulièrement soulignée.
Nombre de pages
316
Date de parution
23/04/2014
Poids
316g
Largeur
125mm
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EAN
9782251200415
Titre
Discours et mode de vie philosophique
Auteur
Hadot Pierre ; Pavie Xavier ; Hoffmann Philippe
Editeur
BELLES LETTRES
Largeur
125
Poids
316
Date de parution
20140423
Nombre de pages
316,00 €
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Qu'est-ce que la philosophie antique ? A cette question, la tradition universitaire répond par une histoire des doctrines et des systèmes - réponse d'ailleurs très tôt induite par la volonté du christianisme de s'arroger la sagesse comme l'ascèse. A cette question, Pierre Hadot apporte une réponse tout à fait nouvelle : depuis Socrate et Platon, peut-être même depuis les présocratiques, jusqu'au début du christianisme, la philosophie procède toujours d'un choix initial pour un mode de vie, d'une vision globale de l'univers, d'une décision volontaire de vivre le monde avec d'autres, en communauté ou en école. De cette conversion de l'individu découle le discours philosophique qui dira l'option d'existence comme la représentation du monde. La philosophie antique n'est donc pas un système, elle est un exercice préparatoire à la sagesse, elle est un exercice spirituel.
De Plotin, on ne sait pas grand chose. Sinon, qu'il est pour beaucoup la figure marquante du néo-platonisme, d'une philosophie de l'âme contemplative héritée du Banquet: Plotin lui-même n'affirme-t-il pas dans les Ennéades ne se faire que "l'exégète de ces vieilles doctrines dont l'antiquité nous est témoignée par les écrits de Platon"? Pourtant, il marque un tournant dans l'histoire de la philosophie occidentale: avec lui, la philosophie ne vise plus la connaissance des choses, mais l'union avec l'Un créateur; les mots ne servent plus qu'à montrer sans l'exprimer ce qui la dépasse; désormais elle dit une expérience dans laquelle tout discours s'anéantit, dans laquelle la conscience du soi individuel disparaît pour laisser place au sentiment de joie et d'une présence inexprimable. Avec Plotin, l'Occident entre dans l'ère nouvelle de la mystique, qui marquera de son empreinte indélébile le christianisme naissant.
Un aphorisme hante la philosophie occidentale: celui d'Héraclite, qui veut que "la Nature aime à se voiler". La formule, déployée par Pierre Hadot dans l'histoire de l'Occident, aura justifié, par suite de contresens créateurs, l'attitude prométhéenne - l'homme doit se rendre maître et possesseur de la Nature - comme l'attitude orphique - nul ne peut soulever le voile des mystères de la Nature, sinon le poète et l'artiste. Près de vingt-cinq siècles durant, il n'aura jamais cessé de tracer des perspectives nouvelles sur la réalité et de révéler les attitudes les plus diverses à l'égard de la Nature: tout ce qui naît tend à mourir; la Nature s'enveloppe dans des formes sensibles et dans des mythes; elle cache en elle des vertus occultes; l'Etre est originellement dans un état de contraction et de non-déploiement et se dévoile en se voilant. Ainsi l'aphorisme confirme le propos de Nietzsche: "Une bonne sentence est trop dure à la dent du temps et tous les millénaires n'arrivent pas à la consommer, bien qu'elle serve à tout moment de nourriture."
Un aphorisme hante la philosophie occidentale. celui d'Héraclite, qui veut que "la Nature aime à se voiler". Près de vingt-cinq siècles durant, ces quelques petits mots ont successivement signifié: que tout ce qui naît tend à mourir; que la Nature s'enveloppe dans des formes sensibles et dans des mythes; qu'elle cache en elle des vertus occultes; mais également que l'Etre est originellement dans un état de contraction et de non-déploiement; ou bien encore qu'il se dévoile en se voilant. Ainsi cet aphorisme aura-t-il servi à expliquer les difficultés de la science de la nature, à justifier l'exégèse allégorique des textes bibliques ou à défendre le paganisme, à critiquer la violence faite à la nature par la technique et la mécanisation du monde, à expliquer enfin l'angoisse qu'inspire à l'homme moderne son être-au-monde. La même formule, illustrée par l'image du voile d'Isis et déployée par Pierre Hadot dans l'histoire de l'Occident, aura justifié, par suite de contresens créateurs, l'attitude prométhéenne - l'homme doit se rendre maître et possesseur de la Nature - comme l'attitude orphique - nul ne peut soulever le voile des mystères de la Nature, sinon le poète et l'artiste. Elle n'aura jamais cessé de tracer des perspectives nouvelles sur la réalité et de révéler les attitudes les plus diverses à l'égard de la Nature. Par là, elle confirme le propos de Nietzsche: "Une bonne sentence est trop dure à la dent du temps et tous les millénaires n'arrivent pas à la consommer, bien qu'elle serve à tout moment de nourriture."
Les Belles Lettres regroupent dans ce somptueux coffret réalisé par Benjamin Van Blancke les deux volumes d'Isaac Asimov consacrés à l'histoire romaine, de sa fondation à sa chute. C'est sa fascination pour l'histoire du grand Empire romain qui inspira Asimov pour construire son Empire galactique dans le Cycle de Fondation, oeuvre qui s'est rapidement imposée comme un classique et comme une référence de la littérature de science-fiction. Dans La République romaine, Asimov retrace l'épopée d'une petite tribu qui a bâti en l'espace de 500 ans, grâce à son audace et à son ingéniosité, l'une des civilisations les plus brillantes de l'histoire : Rome. De la fondation légendaire par Romulus à l'avènement d'Auguste, Asimov dresse, grâce à sa maîtrise parfaite de la narration, un tableau limpide de cette époque fascinante. Chaque chapitre s'ouvre sur l'une des superbes illustrations de Benjamin Van Blancke, et immerge tout entier le lecteur dans cette « suite extraordinaire de triomphes et de désastres, de faits de bravoure au combat et de bêtise dans la paix, d'intrigues sordides et d'idéalisme glorieux » (Isaac Asimov). Dans le second et dernier volume consacré à l'histoire romaine, Isaac Asimov guide ses lecteurs à travers les quatre siècles durant lesquels Rome assura son hégémonie sur le monde occidental, apportant la paix à une centaine de millions de personnes. L'Empire romain reprend le récit là où La République romaine l'avait laissé, à l'avènement d'Auguste et au début du principat, et couvre toutes les lignées d'empereurs jusqu'aux royaumes germaniques et à la victoire de Clovis à Soissons, qui marque la fin de la tradition romaine, 1239 ans après la fondation de la Ville par Romulus. Se plaçant en chroniqueur lucide, Asimov, au moyen d'anecdotes savoureuses et d'apartés, relie la « grande » histoire, celle des batailles et des dirigeants, à la « petite », celle du quotidien et des masses anonymes. Ce volume est, comme le précédent, illustré par les majestueux dessins de Benjamin Van Blancke.
Claudel Paul ; Caron Maxence ; Soeur Marie de l'as
Cet ouvrage n'a guère à voir avec ce que l'on publia jusqu'à présent de Claudel (1868-1955). Il est un fait qu'en dehors de quelques titres, l'un des plus célèbres écrivains du monde n'est aujourd'hui connu dans son pays que de nom. Ce volume édite ses livres capitaux. Il est préfacé par Emilie d'Arvieu (Soeur Marie de l'Assomption), dominicaine et arrière-petite-fille du grand homme. Claudel n'est pas un écrivain comme les autres : derrière cette force qui plonge dans le puits de Jacob un bras sculpté par Isaïe, Eschyle et Rimbaud, il est la plus puissante figure fondatrice de l'Histoire contemporaine. Cette figure est encore si proche de nous, que nous commençons seulement d'apercevoir l'ampleur où conduit sa parole. Entrant un jour de Noël à Notre-Dame ce "grand coeur catholique" , qui d'abord ne le fut point, se convertit au christianisme de manière aussi fulgurante qu'inattendue. Il fréquente alors chez Mallarmé où il se rencontre avec la jeune avant-garde. Irréductible aux manières des habitués de la rue de Rome, Claudel crée une oeuvre souverainement affirmative en qui l'art est indissociable de l'annonce de la Vérité. Or, annoncer la Vérité, c'est ce que signifie précisément le mot "prophétie" . Prophétiques, les oeuvres de Claudel le sont par nature : armées de l'héritage de l'immortalité antique dont elles déduisent un symbolisme universel, elles dépassent les avant-gardes. Claudel traverse ainsi les genres littéraires, qu'il soumet à cette exigence prophétique et dont il obtient une parole nouvelle et éternelle. Poète, bien sûr, puis dramaturge dont le théâtre est un poème à plusieurs voix, il est d'abord un penseur au sens le plus pur. Ainsi, après avoir achevé Le Soulier de satin, il laisse le théâtre et consacre trente ans de sa vie à l'invention d'une nouvelle forme : la méditation biblique totale, en qui s'unissent tous les arts au sein d'une seule pensée récapitulant sa plénitude. Ces livres de philosophie, véritablement katholiques, prolongent sa recherche poétique qui, dépassant à présent le cadre d'un "théâtre dont la scène est le monde" , épouse en une langue sublime les contours de l'Ecriture Sainte afin de découvrir le sens de notre monde et la clef de son avenir. Jamais de tels textes n'avaient été écrits. Avant que Claudel ne manifestât cette unité qui mène des Cinq grandes Odes à Un poète regarde la Croix en passant par l'étincelant examen de notre époque au regard de l'Apocalypse, jamais n'avait été établie la cohérence qui va de la poésie à la pensée la plus intense. C'est ce parcours, cette cohérence, cet art, cette unité d'une vie qu'incarne notre ouvrage en réunissant les livres majeurs où, traçant son chemin entre grands poèmes et traités bibliques abyssaux, se révèle la pensée prophétique de Claudel.
Pendant une douzaine d'années, Jean-Pierre Otte s'est attaché à rassembler les mythes premiers du cercle Arctique, des deux Amériques, de l'Afrique noire, de l'Océanie et de l'Australie de l'"Ere du rêve". Ces mythes de création qui, dans le recours à l'imaginaire, demandent à la vie le secret de ses origines, étaient peu connus, dispersés ou fragmentaires, souvent jamais traduits de la langue dois laquelle les grands voyageurs et les premiers ethnographes les rapportèrent. Dans un second temps - et cette démarche fera date -, Jean-Pierre Otte s'est efforcé d'amener ces grands récits de la tradition orale à l'existence écrite. Son travail dans la rigueur n'en est pas moins une transposition poétique, aussi vivante et passionnée que possible. Il s'agissait d'amplifier le sens, d'exalter les couleurs, d'accentuer les contrastes, et de mettre en évidence, sans le dénaturer, le contenu philosophique, métaphysique, religieux, amoureux ou moral des mythes du commencement. Rendus magnifiquement, ces matins du monde ont été choisis pour être représentatifs des grands courants cosmogoniques, lesquels ne sont peut-être, malgré leurs différences, ou plutôt grâce à elles, que la diversité fabuleuse et fertile d'une unité foncière inscrite au plus profond de la mémoire du monde et de la nôtre.
Comnène Anne ; Frankopan Peter ; Leib Bernard ; Ki
Non, je n'écris pas cela par complaisance pour mon père. Je l'affirme, toutes les fois que je vois mon père se tromper, et je m'attache à la vérité. XIV, 7, 3