Le voile d'Isis. Essai sur l'histoire de l'idée de nature
Hadot Pierre
GALLIMARD
22,90 €
Epuisé
EAN :9782070730889
Un aphorisme hante la philosophie occidentale. celui d'Héraclite, qui veut que "la Nature aime à se voiler". Près de vingt-cinq siècles durant, ces quelques petits mots ont successivement signifié: que tout ce qui naît tend à mourir; que la Nature s'enveloppe dans des formes sensibles et dans des mythes; qu'elle cache en elle des vertus occultes; mais également que l'Etre est originellement dans un état de contraction et de non-déploiement; ou bien encore qu'il se dévoile en se voilant. Ainsi cet aphorisme aura-t-il servi à expliquer les difficultés de la science de la nature, à justifier l'exégèse allégorique des textes bibliques ou à défendre le paganisme, à critiquer la violence faite à la nature par la technique et la mécanisation du monde, à expliquer enfin l'angoisse qu'inspire à l'homme moderne son être-au-monde. La même formule, illustrée par l'image du voile d'Isis et déployée par Pierre Hadot dans l'histoire de l'Occident, aura justifié, par suite de contresens créateurs, l'attitude prométhéenne - l'homme doit se rendre maître et possesseur de la Nature - comme l'attitude orphique - nul ne peut soulever le voile des mystères de la Nature, sinon le poète et l'artiste. Elle n'aura jamais cessé de tracer des perspectives nouvelles sur la réalité et de révéler les attitudes les plus diverses à l'égard de la Nature. Par là, elle confirme le propos de Nietzsche: "Une bonne sentence est trop dure à la dent du temps et tous les millénaires n'arrivent pas à la consommer, bien qu'elle serve à tout moment de nourriture."
Nombre de pages
394
Date de parution
19/02/2004
Poids
395g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070730889
Titre
Le voile d'Isis. Essai sur l'histoire de l'idée de nature
Auteur
Hadot Pierre
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
395
Date de parution
20040219
Nombre de pages
394,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Qu'est-ce que la philosophie antique ? A cette question, la tradition universitaire répond par une histoire des doctrines et des systèmes - réponse d'ailleurs très tôt induite par la volonté du christianisme de s'arroger la sagesse comme l'ascèse. A cette question, Pierre Hadot apporte une réponse tout à fait nouvelle : depuis Socrate et Platon, peut-être même depuis les présocratiques, jusqu'au début du christianisme, la philosophie procède toujours d'un choix initial pour un mode de vie, d'une vision globale de l'univers, d'une décision volontaire de vivre le monde avec d'autres, en communauté ou en école. De cette conversion de l'individu découle le discours philosophique qui dira l'option d'existence comme la représentation du monde. La philosophie antique n'est donc pas un système, elle est un exercice préparatoire à la sagesse, elle est un exercice spirituel.
De Plotin, on ne sait pas grand chose. Sinon, qu'il est pour beaucoup la figure marquante du néo-platonisme, d'une philosophie de l'âme contemplative héritée du Banquet: Plotin lui-même n'affirme-t-il pas dans les Ennéades ne se faire que "l'exégète de ces vieilles doctrines dont l'antiquité nous est témoignée par les écrits de Platon"? Pourtant, il marque un tournant dans l'histoire de la philosophie occidentale: avec lui, la philosophie ne vise plus la connaissance des choses, mais l'union avec l'Un créateur; les mots ne servent plus qu'à montrer sans l'exprimer ce qui la dépasse; désormais elle dit une expérience dans laquelle tout discours s'anéantit, dans laquelle la conscience du soi individuel disparaît pour laisser place au sentiment de joie et d'une présence inexprimable. Avec Plotin, l'Occident entre dans l'ère nouvelle de la mystique, qui marquera de son empreinte indélébile le christianisme naissant.
Un aphorisme hante la philosophie occidentale: celui d'Héraclite, qui veut que "la Nature aime à se voiler". La formule, déployée par Pierre Hadot dans l'histoire de l'Occident, aura justifié, par suite de contresens créateurs, l'attitude prométhéenne - l'homme doit se rendre maître et possesseur de la Nature - comme l'attitude orphique - nul ne peut soulever le voile des mystères de la Nature, sinon le poète et l'artiste. Près de vingt-cinq siècles durant, il n'aura jamais cessé de tracer des perspectives nouvelles sur la réalité et de révéler les attitudes les plus diverses à l'égard de la Nature: tout ce qui naît tend à mourir; la Nature s'enveloppe dans des formes sensibles et dans des mythes; elle cache en elle des vertus occultes; l'Etre est originellement dans un état de contraction et de non-déploiement et se dévoile en se voilant. Ainsi l'aphorisme confirme le propos de Nietzsche: "Une bonne sentence est trop dure à la dent du temps et tous les millénaires n'arrivent pas à la consommer, bien qu'elle serve à tout moment de nourriture."
Professeur honoraire au Collège de France depuis 1982, Pierre Hadot est un philosophe mondialement reconnu. Son dernier ouvrage d'entretiens, La Philosophie comme manière de vivre (2001), a connu un très beau succès.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.