De la génération. Enquête sur sa disparition et son remplacement par la production
Hache Emilie
EMPECHEURS
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EAN :9782359252606
Les sociétés industrielles, extractivistes et productivistes, ne manifestent aucun souci pour la reproduction de leurs conditions d'existence car elles ont oublié que la perpétuation du monde avait besoin d'être accompagnée par celles et ceux qui le composent. Mais cela a-t-il toujours été le cas ? Et quel rôle les rapports de genre ont-ils joué dans cette histoire ? L'autrice explore les manières de concevoir cette perpétuation dans différentes sociétés pré- et non industrielles, en Grèce antique, en Europe médiévale ou encore dans certaines sociétés matrilinéaires contemporaines. On découvre qu'une importance majeure y est accordée aux pratiques (re)génératives, chargées d'assurer le renouvellement de la société tout entière ? travail de subsistance, reproduction des générations, liens avec les invisibles, etc.L'avènement du christianisme et du nouveau rapport au monde qu'il a institué a tout bouleversé. Le souci de la (re)génération du monde a progressivement été remplacé par l'idée d'un monde créé une fois pour toutes, n'ayant plus besoin d'être perpétué au quotidien ? la providence infinie se chargeant de tout. Est-il possible de réinventer des pratiques génératives mettant fin à notre illimitisme, de manière non coercitive et égalitaire ? Tel est l'enjeu central de cette enquête, exigeant d'en finir avec le passé que la société industrielle s'est inventé pour justifier sa course en avant effrénée.Ce livre apporte une contribution majeure à l'écoféminisme, en retrouvant la question de la génération derrière l'identification des femmes et de la nature dans la modernité.Table des matières : Introduction. Sous la croûte épaisse et apparemment indéchiffrable du Sabbat1. D'une affinité naturelle entre les femmes et la nature. Retour sur une déconstruction inachevéePoursuivre l'enquêteS'élancer à pieds joints vers le passéLa destruction du monde genré ou " the masculine birth of time "Déléguer aux femmes le renouvellement de la génération2. " Nous habitons un monde qui est le souffle et les ossements de nos ancêtres "Une autre histoire grecqueNé.e de la terre. Un nouveau mythe pour les terrestresQuel nom pour la terre ...Le blé des mortsLe grand mystère de la génération3. Mystère de la créationMystère de la créationSa génération éternelle, sa fécondité infinieLes portes du mondeAlma materNaissance d'un nouveau système de parenté4. De l'oikonomia chrétienne à l'économie unisexeL'oikonomia infiniment sacréeIl n'y a plus ni Juif ni Grec, ni esclave ni homme libre, ni mâle ni femelleLe gouvernement des âmes [unisexes]Providentialisation du mondeGouverner la natureSortir du rêve d'une économie égalitairement neutre5. La régénération comme fait cosmologique totalL'histoire imaginaire des sociétés matriarcales primitivesDes sociétés matriarcales primitives aux sociétés matriarcalescontemporainesLa régénération comme " fait cosmologique total "L'art de ne pas être gouvernéesRéinventer des limites6. MythopoïèsesLe renouvellement colonial des sociétés européennesEngendrer la nationChanger de système de parentéLes enfants queers de GaïaUn peuple parmi les peuplesLa terre qui manqueConclusionRemerciementsBibliographie.
Nombre de pages
312
Date de parution
11/01/2024
Poids
305g
Largeur
143mm
Plus d'informations
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EAN
9782359252606
Titre
De la génération. Enquête sur sa disparition et son remplacement par la production
Auteur
Hache Emilie
Editeur
EMPECHEURS
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143
Poids
305
Date de parution
20240111
Nombre de pages
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Biographie de l'auteur Textes réunis et présentés par Émilie Hache (philosophe), Christophe Bonneuil (historien), Dipesh Chakrabarty (historien), Déborah Danowski (philosophe), Giovanna Di Chiro (sociologue), Pierre de Jouvancourt (philosophe), Bruno Latour (philosophe), Isabelle Stengers (philosophe),Eduardo Viveiros de Castro (anthropologue).
La crise écologique est tout à la fois une crise scientifique, politique et morale. Il suffit de penser à la réaction suscitée chez des millions de gens par les abattages d'animaux d'élevages lors de la maladie de la vache folle, ou à la crainte partagée par de plus en plus de monde à l'égard desgénérations futures concernant l'état du monde que nous sommes en train de leur laisser. C'est dire aussi que l'eau que nous buvons, l'air que nous respirons, les forêts qui nous entourent ne sont plus des ressources inépuisables parce qu'ils ne sont plus non plus des ressources tout court, au sens de simples moyens mais exigent aujourd'hui d'être traités comme des fins. Comment définir alors notre responsabilité morale dans cette recomposition du monde? Il nous faut pour cela apprendre à parler aussi bien (aussi sérieusement) de l'hypothèse Gaïa que de l'effet de serre, des OVNI que des trous noirs, mais aussi du Gange, mère sacrée des Indiens que d'une manifestation sociale. Une des façons d'y arriver passe par la construction d'une différence entre des propositions morales et des positions moralistes, les premières cherchant à prendre soin de ce à quoi nous tenons, tandis que les secondes au contraire justifient les pires décisions sous couvert de bonnes intentions. La philosophie pragmatique est ici un recours car elle est une pensée du monde en train de se faire. Face à cette crise, il ne s'agit pas en effet de dire ce qu'il faudrait faire mais d'essayer de décrire au mieux ce que les gens font, non de prescrire ce qu'il faut changer dans nos modes de vie, mais d'accompagner les changements en train de se produire. De fait, ce livre cherchera à rendre compte de l'émergence de nouvelles pratiques indissociablement morales et politiques. Et ces expérimentations, amenant les acteurs concernés à « se mêler de ce qui n'est pas censé nous regarder », nous donnent quelques raisons d'espérer.
Avec la crise écologique, l'air que nous respirons, l'eau que nous buvons, les forêts qui nous entourent ne sont plus des choses qui vont de soi et que l'on peut traiter avec indifférence. Nous découvrons qu'elles ne sont plus des ressources inépuisables ni des ressources tout court au sens de simples moyens au service de nos propres fins.Nous n'en avons donc pas fini avec la morale. Mais fabriquer une morale qui inclue les relations que les humains entretiennent avec les animaux, les montagnes, les océans, le climat, etc. implique de nouvelles propositions. Celles-ci ne peuvent pas être la simple déclinaison de principes universels fondés a priori , mais elles doivent s'appuyer sur les multiples expérimentations en cours, engagées aussi bien par des scientifiques que des éleveurs, des économistes, des patients ou encore des activistes se mêlant souvent de ce qui n'est pas censé les regarder.En s'attachant à décrire au plus près ce à quoi nous tenons et non à prescrire ce qu'il faudrait faire, sans jamais séparer ce souci moral de ses conséquences politiques, Émilie Hache explore de nouvelles façons de prendre en compte ces différents êtres. Elle propose ainsi une approche pragmatiste des questions écologiques : il s'agit en effet d'apprendre à élaborer des compromis afin de se donner une chance de construire un monde commun, exigeant de ne pas s'arrêter à la question : " Qui est responsable ? ", mais d'en accepter une autre, bien plus difficile : " Comment répondre ? "Table des matières : IntroductionCrises écologiquesHériter d'une histoire européenneUne responsabilité écologique pragmatiqueI / Faire une différence1. Changer de questionUne responsabilité morale " écologisée " - Réouvrir la question des fins - Répondre à des appels - Changer de question2. Comment répondre ...Une nouvelle figure du philosophe moral - Relativiser - Faire appel à l'expérience - Élaborer des compromisMaintenir " portes et fenêtres ouvertes "II / Se mêler de ce qui n'est pas censé nous regarder3. " Crise des valeurs ? Non, crise des faits ! "Qui compose notre collectif ? - Un compromis moral à inventer - Une figure de la nature imprévisible et indifférente : Gaïa - Une insurmontable faute logique ...4. Moraliser l'économie ..." Pas en son nom ", mais pas sans elle - Internaliser l'écologie = moraliser l'économie ? - Évaluer le " prix juste " - Le calcul de la surpopulation - Annexe. Shallow /deep ecology : une polémique françaiseUne situation tragiqueIII / Composer un monde commun5. Changer de temporalité : (re)faire attention à l'avenirÉthique de la responsabilité versus éthique du progrès - Réexpérimenter un souci pour l'avenir - Les scénarios : un lieu de cohabitation entre les générations ? - Une responsabilité morale hyperbolique6. Écologies politiquesRéarticuler la politique et la morale - L'émergence de nouveaux publics - La proposition de responsabilité partagée face à l'épidémie de sida - Cultiver une intelligence collective - Reclaiming CommonsRalentirDogville, ou le récit d'une hospitalité ratéeBibliographie
Quel est l'objet de l'écologie ? Les tigres du Bengale menacés de disparition ou bien les populations habitant près d'usines chimiques polluantes ? Qui compte et qui est oublié, en faisant de la "nature" l'objet privilégié de l'écologie ? De Bruno Latour à Donna Haraway, en passant par William Cronon, Mike Davis ou Jennifer Wolch, le présent recueil nous donne à voir, à travers des textes pour la plupart inédits en français, les questionnements fondamentaux de l'écologie politique comme sa très grande diversité. En proposant aussi bien des textes de référence que des interventions mettant en évidence les débats actuels, Emilie Hache dresse une première cartographie des points nodaux de l'écologie politique. On navigue ainsi de la maltraitance des animaux domestiques à l'élaboration d'une politique des espèces compagnes, du point de vue occidental sur les "parcs naturels" à celui des communautés qui les habitent, de "l'évidence" de la séparation entre nature et humanité à la perception de leur intrication fondamentale. La crise écologique que nous traversons nous oblige plus que jamais à penser ensemble les enjeux théoriques et politiques de l'écologie, afin d'espérer y répondre de manière non barbare.
Abandonnons la caricature! Il n'y a pas, d'un côté, des psys "dresseurs d'ours" et, de l'autre, des charlatans. Il ne s'agit pas du combat entre, à gauche, "l'humanisme psychanalytique" et, à droite, le scientisme américanisé menaçant la civilisation européenne... mais un domaine en effervescence, en crise, en mutation: la psychothérapie. Si les dix auteurs rassemblés ici par Tobie Nathan ont pour point commun de ne pas prendre pour argent comptant l'histoire officielle de la psychanalyse, ils ne sont certainement pas des dévots de l'évaluation ou des militants de l'arithmétique mentale. Ils ont le souci de ne pas faire à la psychanalyse le coup qu'elle a fait aux autres psychothérapies - à l'hypnose, au magnétisme, aux thérapies traditionnelles de notre monde et des mondes éloignés: les disqualifier au nom de la science ou de la vérité du sujet. La diversité des psychothérapies n'est pas un malheur, mais une chance! C'est précisément au sein de cette multiplicité que peut se déployer l'expertise des patients qui regardent, expérimentent, discutent, critiquent. Il ne s'agit pas ici de reconstruire, en surplomb, une théorie ayant le privilège de tout expliquer-elles sont mensongères, staliniennes, terroristes et produisent immanquablement factions et inquisitions - il s'agit d'inventer des modes d'échanges enfin démocratiques entre expériences d'égale dignité... Vous avons donc réalisé un livre d'espoir qui incite les psychothérapeutes à s'ouvrir s'ils ne veulent pas disparaître sous les coups réciproques qu'ils se portent et la colère de leurs patients.
La psychiatrie a élaboré des concepts qui en font la profession experte des troubles psychiatriques graves souvent traités à l'hôpital (psychoses, schizophrénie), mais aussi désormais des troubles rencontrés en médecine de ville (différentes formes de dépression, troubles obsessionnels, anxiété, troubles des conduites des enfants et des adolescents). Jean Garrabé, psychiatre et historien reconnu de la psychiatrie, montre comment l'ensemble des notions qui structurent le champ psychiatrique sont en cohérence, mais font aussi l'objet de débats et de controverses. On comprendra mieux l'articulation entre psychologie, psychanalyse et psychiatrie.
Peter Jean-Pierre ; Chastenet Amand-Marc-Jacques d
Ce volume reprend les textes écrits par le marquis de Puységur (1751-1825) au sujet du traitement d'un jeune psychotique, Alexandre Hébert, dans les années 1811-1812. Nous avons rassemblé, dans un seul volume, une série de textes édités à l'époque en brochures séparées et successives, comme le célèbre Les fous, les insensés, les maniaques et les frénétiques ne seraient-ils que des somnambules désordonnés ... Homme des Lumières, militaire de carrière, le marquis de Puységur a pratiqué le magnétisme selon l'orthodoxie mesmérienne, notamment dans le cadre de son régiment strasbourgeois, auprès de jeunes soldats malades. Revenu sur ses terres de Buzancy, dans le Soissonnais, Puységur va approfondir la technique héritée de Mesmer, qu'il va appeler " somnambulisme provoqué ", tout en abandonnant la notion de " fluide magnétique ". Cela va lui valoir une immense notoriété.
Comment garder la force que nous ont transmise les femmes dont on n'attendait rien d'autre que d'être une maîtresse de maison - épouse, mère? Ces femmes qui, bravant le ridicule, de manière parfaitement désintéressée (elles ne pouvaient nourrir aucun espoir de carrière), ont résisté à l'objection doucereuse de leur père: « Mais, ma chérie, tu ne manques de rien... » et ont cherché par tous les moyens à créer et à vivre. L'Université leur était alors interdite et Virginia Woolf mettait leurs filles en garde: n'allez jamais rejoindre la procession « des hommes chargés d'honneurs et de responsabilités ». Qu'avons-nous appris, nous, les filles infidèles de Virginia, qui avons, de fait, rejoint les rangs des « hommes cultivés »? Nous avons le sentiment d'assister à la fin d'une époque: celle où nous pouvions nous réjouir de voir des jeunes femmes (et des jeunes hommes aussi) prendre goût à la recherche, devenir capables de cette liberté dont nous avons profité. Désormais, à l'Université comme partoutailleurs, il s'agit de manifester sa flexibilité, d'apprendre à donner les bons signaux et à écouter ceux qui proviennent du marché, bref de donner les gages requis de motivation et de sérieux. Comment vivre cette fin d'époque sur un mode qui ne soit ni cynique ni nostalgique? Comment échapper au « chacun pour soi » qui devient la règle à l'Université comme ailleurs? Comment faire aujourd'hui relais au cri de Woolf, « Penser nous devons »? Il nous fallait rencontrer des femmes chez qui nos questions faisaient écho et qui pourraient leur donner des dimensions imprévues, appeler à prolonger ainsi le cri de Virginia Woolf. Françoise Balibar, Bernadette Bensaude-Vincent, Laurence Bouquiaux, Barbara Cassin, Mona Chollet, Emilie Hache, Françoise Sironi, Marcelle Stroobants, Benedikte Zitouni, ont accepté de témoigner des anecdotes, des événements discrets ou des perplexités qui ont marqué le chemin par lequel chacune a découvert ce que pouvait signifier « penser » et passer ainsi du refus à la création. Mêmes si les portes de l'Université se sont ouvertes aux femmes, cela ne signifie pas qu'elles s'y soient senties « à leur place ».