Les faiseuses d'histoires. Que font les femmes à la pensée ?
Stengers Isabelle ; Despret Vinciane
EMPECHEURS
15,50 €
Sur commande, 2 à 4 jours
EAN :9782359250473
Comment garder la force que nous ont transmise les femmes dont on n'attendait rien d'autre que d'être une maîtresse de maison - épouse, mère? Ces femmes qui, bravant le ridicule, de manière parfaitement désintéressée (elles ne pouvaient nourrir aucun espoir de carrière), ont résisté à l'objection doucereuse de leur père: « Mais, ma chérie, tu ne manques de rien... » et ont cherché par tous les moyens à créer et à vivre. L'Université leur était alors interdite et Virginia Woolf mettait leurs filles en garde: n'allez jamais rejoindre la procession « des hommes chargés d'honneurs et de responsabilités ». Qu'avons-nous appris, nous, les filles infidèles de Virginia, qui avons, de fait, rejoint les rangs des « hommes cultivés »? Nous avons le sentiment d'assister à la fin d'une époque: celle où nous pouvions nous réjouir de voir des jeunes femmes (et des jeunes hommes aussi) prendre goût à la recherche, devenir capables de cette liberté dont nous avons profité. Désormais, à l'Université comme partoutailleurs, il s'agit de manifester sa flexibilité, d'apprendre à donner les bons signaux et à écouter ceux qui proviennent du marché, bref de donner les gages requis de motivation et de sérieux. Comment vivre cette fin d'époque sur un mode qui ne soit ni cynique ni nostalgique? Comment échapper au « chacun pour soi » qui devient la règle à l'Université comme ailleurs? Comment faire aujourd'hui relais au cri de Woolf, « Penser nous devons »? Il nous fallait rencontrer des femmes chez qui nos questions faisaient écho et qui pourraient leur donner des dimensions imprévues, appeler à prolonger ainsi le cri de Virginia Woolf. Françoise Balibar, Bernadette Bensaude-Vincent, Laurence Bouquiaux, Barbara Cassin, Mona Chollet, Emilie Hache, Françoise Sironi, Marcelle Stroobants, Benedikte Zitouni, ont accepté de témoigner des anecdotes, des événements discrets ou des perplexités qui ont marqué le chemin par lequel chacune a découvert ce que pouvait signifier « penser » et passer ainsi du refus à la création. Mêmes si les portes de l'Université se sont ouvertes aux femmes, cela ne signifie pas qu'elles s'y soient senties « à leur place ».
Nombre de pages
205
Date de parution
07/04/2011
Poids
216g
Largeur
128mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782359250473
Titre
Les faiseuses d'histoires. Que font les femmes à la pensée ?
Auteur
Stengers Isabelle ; Despret Vinciane
Editeur
EMPECHEURS
Largeur
128
Poids
216
Date de parution
20110407
Nombre de pages
205,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison à domiciledès 5,10 €
Opposer les scientifiques à un "public prêt à croire n'importe quoi" - et qu'il faut maintenir à distance - est un désastre politique. "Ceux qui savent" deviennent les bergers d'un troupeau tenu pour foncièrement irrationnel. Aujourd'hui, une partie du troupeau semble avoir bel et bien perdu le sens commun, mais n'est-ce pas parce qu'il a été humilié, poussé à faire cause commune avec ce qui affole leurs bergers ? Quant aux autres, indociles et rebelles, qui s'activent à faire germer d'autres mondes possibles, ils sont traités en ennemis. Si la science est une "aventure" - selon la formule du philosophe Whitehead -, ce désastre est aussi scientifique car les scientifiques ont besoin d'un milieu qui rumine ("oui... mais quand même") ou résiste et objecte. Quand le sens commun devient l'ennemi, c'est le monde qui s'appauvrit, c'est l'imagination qui disparaît. Là pourrait être le rôle de la philosophie : souder le sens commun à l'imagination, le réactiver, civiliser une science qui confond ses réussites avec l'accomplissement du destin humain. Depuis Whitehead le monde a changé, la débâcle a succédé au déclin qui, selon lui, caractérisait "notre" civilisation. Il faut apprendre à vivre sans la sécurité de nos démonstrations, consentir à un monde devenu problématique, où aucune autorité n'a le pouvoir d'arbitrer, mais où il s'agit d'apprendre à faire sens en commun.
Depuis qu'elles existent, les sciences dites exactes se prétendent différentes des autres savoirs. Comment comprendre cette prétention ? Faut-il, à la manière des épistémologues anglo-saxons ou de Karl Popper, tenter d'identifier les critères qui la justifient ? Peut-on, suivant le modèle nouveau des études sociales des sciences, y voir une simple croyance ? Ce livre propose un dépassement fructueux de l'opposition, apparemment irréductible, entre ces deux approches des sciences. Et si la tension entre objectivité scientifique et croyance était justement constitutive des sciences, enjeu des pratiques inventées et réinventées par les scientifiques ? Réussir à en parler avec humour, sans en faire un objet de vénération ni de dénonciation, en restant au plus proche de la passion des scientifiques, tel est ici le pari d'Isabelle Stengers. Mais ce livre ne se limite pas à un discours sur les sciences. Il s'agit plutôt de prolonger l'histoire de leur invention. Comment comprendre les liens multiples entre la science et les pouvoirs qui la mobilisent aujourd'hui ? Comment concevoir les rapports entre science, expertise et démocratie ? La nouveauté de L'Invention des sciences modernes est de faire de ces différents problèmes intellectuels, pratiques et politiques les enjeux du processus par où pourrait s'inventer et se renouveler l'identité même des sciences.
La psychanalyse a-t-elle (ou avait-elle) raison ? Que signifie cette question ? Isabelle Stengers a magistralement expliqué que ce qui était en question, ce n'était pas tant la psychanalyse comme thérapie que la psychanalyse comme discours sur l'homme. Elle rappelle le fameux raccourci freudien des trois blessures narcissiques de l'humanité qui, avec Copernic, cesse d'être au centre du monde, puis, avec Darwin, cesse d'être au centre de la création, et enfin, avec Freud, cesse d'être au centre d'elle-même, l'homme n'étant plus maître de lui, son inconscient lui échappant. L'enjeu de cette table est selon notre philosophe belge, un double partage, d'une part entre l'homme et les animaux, puisque c'est l'animal en nous que nous refoulons, la nature que nous sublimons et d'autre part, entre l'homme et les hommes, l'Occident et le reste du monde. En d'autres termes, le discours de l'Occident sur l'homme est-il vraiment universel ?
Résumé : Le célèbre échange de correspondance entre Leibniz et Newton pose problème. Pourquoi Newton accepte-t-il qu'un théologien écrive en son nom ? Quel secret cache-t-il ? Mais surtout pourquoi, lorsqu'il aura découvert ce secret, Leibniz décide-t-il de ne pas s'en servir ? Et finalement, en quoi ce passé dépassé peut-il bien nous importer ? Une intrigue mise en scène, où l'histoire est respectée mais aussi fabulée.
Vous ne percevrez plus la mort comme avant ! Philosophe et psychologue, l’auteure nous dévoile de nombreux témoignages de “ceux qui restent”. Selon elle, “faire son deuil” consiste davantage à faire vivre nos morts à travers nous qu’à les enterrer une bonne fois pour toute. Après tout, comme le disait George Sand, “L’oubli est le vrai linceul des morts”.
Bird Rose Deborah ; Courtois-l'Heureux Fleur ; van
Comment résister à la peur et à l'impuissance que provoquent aujourd'hui les extinctions de masse dans la grande " famille des vivants " ? Deborah Bird Rose nous propose ici de penser, sentir et imaginer à partir d'un terrain concret et situé : les manières de vivre et de mourir avec les chiens sauvages d'Australie, les dingos, cibles d'une féroce tentative d'éradication. En apprenant des pratiques aborigènes, de leurs manières de se connecter aux autres vivants, elle active une puissance que la Raison occidentale a dévolue aux seuls humains : l'amour. Que devient cette capacité de répondre à l'autre, cette responsabilité, quand elle s'adresse à tous les terrestres ? En s'attachant à des bribes d'histoires logées dans nos grands récits moraux et philosophiques, elle fait sentir que le non-humain continue d'insister silencieusement et que cet appel, perçu par Lévinas dans les yeux d'un chien rencontré dans un camp de prisonniers en Allemagne nazie, n'en a pas fini de nous saisir et de nous transformer. Il s'agit de faire sentir et aimer la fragilité des mondes qui se font et se défont, au sein desquels des vivants hurlent contre l'inexorable faillite, tressent des chants inoubliables. Les faits parlent d'eux-mêmes, disent parfois les scientifiques de laboratoire. Ici, ils nous parlent.
Les civilisations de l'invisible bâties par les peuples du nord, encore puissantes à l'aube du XXe siècle, n'ont pas résisté longtemps à l'entreprise d'éradication méthodique menée par le pouvoir colonial des États modernes. Ce livre permet enfin de rendre compte de l'immense contribution à l'imaginaire humain des différentes pratiques cognitives des chamanes.Le chamane est un individu capable, d'une façon mystérieuse pour nous, de voyager en esprit, de se percevoir simultanément dans deux espaces, l'un visible, l'autre virtuel, et de les mettre en connexion. Ce type de voyage mental joue un rôle clé pour établir des liens avec les êtres non humains qui peuplent l'environnement.Les chamanes ne gardent pas pour eux seuls l'expérience du voyage en esprit : ils la partagent avec un malade, une famille, parfois une vaste communauté de parents et de voisins. Les participants au rituel vivent tous ensemble cette odyssée à travers un espace virtuel. De génération en génération, les sociétés à chamanes se sont transmis comme un précieux patrimoine des trésors d'images hautes en couleur, mais en grande partie invisibles.Ce livre est le fruit d'enquêtes de terrain et reprend l'ample littérature ethnographique décrivant les traditions autochtones du nord de l'Eurasie et de l'Amérique. Au travers de récits pleins de vie, il rend compte de l'immense contribution à l'imaginaire humain des différentes technologies cognitives des chamanes. Les civilisations de l'invisible bâties par les peuples du Nord, encore puissantes à l'aube du XXe siècle, n'ont pas résisté longtemps à l'entreprise d'éradication méthodique menée par le pouvoir colonial des États modernes, qu'il s'agisse de l'URSS, des États-Unis ou du Canada. Ce livre nous permet enfin de les appréhender dans toute leur richesse.Table des matières : Préface. Les nomades de l'imaginaire, par Philippe DescolaIntroductionI / Voyager en esprit1. Imagination et voyage mentalImaginaire-réel : histoire d'une ruptureLes expériences imaginaires sont des expériences réellesNous voyageons tous en espritExplorer les mondes non humainsDes imaginations multiplesAu c?ur de l'expérience religieuse2. Les argonautes de l'invisibleLe chamanisme, une relation à troisComment reconnaît-on un chamane à Tuva ?À travers l'Asie du NordDes corps ouverts à l'invisibleLa grande chaîne des êtres singuliers3. Tente sombre et tente claireTrois tentes sombresUn phénomène transcontinental méconnuComment la tente sombre a-t-elle fait le tour de l'Arctique ?L'antichambre du rêveLa tente claireDeux modes de division du travail imaginatif4. Les deux chamanismesCorps ouverts et corps fermés : le monde hiérarchiqueMagies hétérarchiquesMycophiles et mycophobesLe voyage chamanique : mode d'emploiInégalités rituelles et délégationII / Technologies de l'imagination et hiérarchie5. Les routes célestes des KetUne guerre des sexesAu centre du monde, un corps humainLa traversée des sept cerclesTrouver sa route invisible6. Un tambour pour s'orienter dans les pays obscursPour une approche sensorimotrice des imagesLes vertiges de la réflexivitéÀ cheval sur un tambour7. Un voyage cosmique à la maisonLes tambours khakasLes esprits dans la yourteLe rituel et ses espaces de référence8. Le costume, corps-universL'emblême de la hiérarchieLa fenêtre de l'imagerie" Une machine à remonter le temps pour conquérir le monde "9. Technologies iakoutes de l'espace virtuelUne chorégraphie cosmiqueNombrils multimodaux10. L'ours, d'une ontologie l'autreLe maître de la forêt déchuChez les hommes de la montagneIII / La grande expansion de la hiérarchie11. Une expansion continentaleSur la piste de l'ostentation : la poitrine transparenteUn plastron conquérantLes défaites de l'hétérarchie12. Pourquoi la hiérarchie ?Un investissement collectifLa dette du chamaneMarié à l'esprit ou au clan ?Le rêve mis au pasConclusion. L'invisible, les images et la hiérarchieRéférencesTable des illustrationsRemerciementsIndex.
Hustak Carla ; Myers Natasha ; Pignarre Philippe ;
On connaît Darwin comme fondateur de la théorie de l'évolution. Ce que l'on sait moins, c'est que la grande passion de sa vie a été l'étude des orchidées dont il possédait une extraordinaire collection. Il s'est particulièrement intéressé à leur fécondation par des insectes. Sans les guêpes, y aurait-il encore des orchidées ? Ces dernières ont développé des "stratagèmes" pour attirer les guêpes mâles et les séduire. Les guêpes ne se contentent pas de transporter du pollen, elles font littéralement "jouir" les orchidées. Ces travaux viennent compléter la théorie de l'évolution par une théorie de "l'involution". Les branches de l'arbre de l'évolution viennent se croiser, se mêler. L'orchidée ne peut pas perdurer sans ses liens avec une autre espèce. Loin d'être un cas singulier, ce pourrait être la règle : les arbres et les champignons, les humains et les milliards de bactéries qui les peuplent... Cette nouvelle biologie, initiée par Lynn Margulis, s'oppose au "néodarwinisme", ou théorie du "gène égoïste", pour qui la "concurrence", et non la collaboration ou le lien, est le mécanisme de base. On sait comment cette théorie a essaimé, en particulier dans les sciences économiques, mais aussi en sociologie. La biologie de l'involution multiplie les découvertes. Les auteures poursuivent en présentant les travaux les plus récents sur le langage chimique des plantes, par exemple sur les plants de tabac... Une nouvelle biologie indispensable à l'heure du nouveau régime climatique qui exige que nous connaissions ce à quoi et par quoi nous sommes attachés.