D'où vient-il que la ruine au cinéma exerce un attrait, au point de vouloir lui consacrer du temps, un livre, et penser qu'un quelconque lecteur puisse vouloir y accorder son attention? Peut-être est-ce parce que la ruine, telle qu'elle s'incarne au cinéma, que ce soit comme décombres de guerre ou vestiges antiques, chantier désaffecté ou lambeau de pellicule rescapé, exacerbe ce lien mélancolique, quasi ontologique, qui nous attache au temps et à la mémoire du cinéma (c'est-à-dire, comme le dirait Daney, à "la promesse d'un monde"): présence d'une absence, insaisissable trop tard, toujours-déjà passé, en train de disparaître. Cet essai s'intéresse ainsi à décrire ces moments de cinéma où le temps, sous diverses modalités, apparaît de manière sensible, en tant qu'expérience. Ces pages décrivent moins une histoire en bonne et due forme de la ruine au cinéma, qu'un parcours subjectif de fragments disparates qui constitue un programme possible et très partiel de cet attrait.
Nombre de pages
95
Date de parution
21/09/2011
Poids
150g
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EAN
9782873402877
Titre
L'attrait de la ruine
Auteur
Habib André
Editeur
YELLOW NOW
Largeur
0
Poids
150
Date de parution
20110921
Nombre de pages
95,00 €
Disponibilité
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Ce livre offre un parcours stimulant à travers l'oeuvre de Chris Marker. De ses premières poésies, critiques et nouvelles, publiées dans la revue Esprit à la fin des années quarante, jusqu'à ses récentes expositions (Staring Back, A Farewell to Movies), Chris Marker a été et demeure un témoin, inquiet et rieur, désemparé et enthousiaste, de plus d'un demi-siècle d'histoire qu'il a su, comme peu d'artistes, faire résonner dans son propre "présent". Héritier de Medvedkine et des artisans du "ciné- train" inventeurs de l'"imprimerie du regard", Marker s'est toujours accordé le privilège d'un "droit de regard" dans l'après-coup. Son oeuvre opère ainsi un jeu de balancier, fait d'incessants allers-retours, entre le passé et le futur, par quoi se constituent sa mémoire et une archéologie sensible et unique des techniques. La force et la liberté de son regard consistent aussi à fonder une mémoire, jamais close, toujours en mouvement, à partir de ce qui n'était qu'une simple "impression". Et c'est en cela, aussi, qu'il parvient à imprimer son regard sur les choses du monde - les villes, les visages, les pages arrachées de l'Histoire -, en nous mettant dans l'intimité de celui qui a vu, qui revoit, et qui fait que notre regard en reste profondément marqué. Les textes de ce collectif déplacent le regard de l'observateur sur des "détails" des oeuvres de Marker, partant d'un support ou d'une pensée de la technique, tout en témoignant du nouage de relations qui compose chacune d'elles. Les auteurs réunis ont aussi tenté de rendre compte du tressage complexe qui habite ces oeuvres ou qu'elles nous invitent à tisser, à la croisée de plusieurs disciplines, médiums et champs d'investigation.
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