s'éclipser... " Depuis longtemps, je collecte les images. Et peu m'importe de ne pas avoir pris le cliché moi-même, de ne pas avoir choisi le cadrage, la composition, "l'instant décisif" ... Un(e) autre l'a déjà fait ! Ce que je choisis c'est une image pour ce qu'elle m'évoque ; j'aime observer les photographies qui s'offrent à mon regard. C'est souvent l'ellipse qui m'intéresse, les visages qui se dérobent, les traces du vécu sur le papier imprimé, les sels d'argent qui font vibrer les noirs... un moment présent figé sur lequel le temps a fait son oeuvre. Cette matérialité m'émeut, elle est comme une mise en garde. La photographie est une capsule temporelle, elle est un voyage : hier, aujourd'hui... les temps se mélangent... elle joue de notre perception du temps. En intervenant sur une photographie ancienne, on permet au passé de refaire surface dans le présent. Fascinée par ce jeu d'anachronisme, j'aime observer les images autant que les déconstruire : évider, broder, mettre en évidence, jouer avec la lumière, les flous, les trous. Percer, voir ou percevoir... Jeux de regard, entre présence et absence, mystère et évidence. C. A. Née en 1978, Cathy Alvarez valle est une artiste pluridisciplinaire, qui produit notamment ou utilise ou détourne des images photographiques. Son travail a fait l'objet de nombreuses expositions personnelles ou collectives, en Belgique et à l'étranger, et lui a valu de nombreux prix à Liège et au-delà. Elle anime aussi régulièrement des ateliers de création auprès de publics variés. Sélectionnée l'été dernier pour le Prix de la Fondation Bolly- Charlier, elle revient au printemps 2022 avec la publication aux éditions Yellow Now de son premier ouvrage monographique, à l'occasion d'une expo solo à la galerie Juvénal (Huy). Une forme, chez elle, aussi bien qu'une matière, en appelle une autre, s'y verse et s'y prolonge ; une histoire n'est jamais finie, un récit jamais complet, une oeuvre jamais définitive... Electives ou pas, les affinités (multiples), c'est cette capacité à faire exister la beauté d'un objet trouvé aussi bien que d'un sentiment délaissé. Ses images dès lors se déploient en différentes versions, vibrant sous leurs couches successives : mouchoirs en céramique, images-bannières, textiles et drapeaux, images brodées, snapshots détournés... Ce n'est dès lors pas pour la beauté vaine du jeu de mots qu'on identifiera chez elle des fils rouges en guise de thématiques : il y est question, avec une poignante délicatesse, de refuge et de mémoire, de temps reprisé, de bribes rapiécées, de lien recousu.
En 1803, Isabel Sendales y Gómez, directrice d'un orphelinat à La Corogne, dans le nord de l'Espagne, s'embarque avec vingt-deux orphelins sous les ordres de Francisco Xavier Balmis, médecin chargé par le roi d'Espagne de faire le tour du monde pour vacciner les populations des colonies américaines contre la variole. Victime elle aussi de cette maladie, cette femme sans fortune ni famille découvre dans l'immensité de sa mission une raison de vivre: sauver le monde du fléau. Elle est, ici, le personnage du roman qu'écrit Alma, professeur d'université américaine, née en République dominicaine, qui souffre du blues de la cinquantaine. Son mari part en mission pour une ONG dans une région reculée de Saint-Domingue. Rien ne se passe comme prévu. Alma se cherche elle aussi une mission comme ce personnage de fiction qui la hante et va devenir son seul soutien. Le lecteur vit deux aventures parallèles prenantes en compagnie de deux femmes remarquables confrontées à l'incohérence du monde, deux femmes prises entre leur idéalisme et le sentiment de ce qu'a de dérisoire leur effort face à l'étendue des dégâts. Avec une grande habileté dans la construction des différents plans de la narration et un vrai talent de conteuse d'histoires haletantes qu'on ne peut lâcher, Julia Alvarez écrit un roman passionnant qui nous parle de dérision, de courage et du rapport qu'entretient un créateur avec ses personnages.
Alvarez Céline ; André Christophe ; Gueguen Cather
La transmission est au coeur de notre humanité : donner, recevoir, redonner. Nous sommes tissés de ces échanges, dont certains transforment durablement notre vie. Qu'avons-nous reçu en héritage ? Que souhaitons-nous transmettre et comment ? Pas de transmission sans cette ouverture à l'autre. Les plus grandes signatures se sont réunies pour discuter de : ce qu'elles ont appris par l'expérience, leurs proches, leurs maîtres, ce qui les inspire, ce qu'elles veulent transmettre. Christophe André, Ilios Kotsou (prix Psychologies Magazine 2014) et Caroline Lesire analysent ce qui se joue dans la transmission. Ils livrent leur intimité (Frédéric Lenoir et son enfance), les grandes découvertes qui ont changé leur vision du monde (pour Catherine Gueguen, les neurosciences affectives et sociales), les convictions qu'ils veulent partager (Céline Alvarez), les valeurs transmises par les sages (Matthieu Ricard) ou par les peuples d'ailleurs (Frédéric Lopez). QU'EST-CE QUE LA TRANSMISSION ? Ce livre explore toutes les dimensions de cette thématique : On peut transmettre un savoir, des valeurs. Mais on peut aussi transmettre une façon de voir le monde. La bienveillance est le principal vecteur de cet échange. La transmission, ce sont souvent de petites choses que nous transmettons inconsciemment, par notre simple attitude. Transmettre est une source de joie, pour celui qui reçoit comme pour celui qui donne. C'est une façon de renforcer ce qui nous lie : celui qui transmet prend conscience qu'il fait partie d'une communauté d'humains.
Traduction de Charles d'Ebeling Recueillies par Clemens Brentano, et coordonnées en un seul tout suivant l'ordre des faits, par le R.P. Duley en 1864. Ces pages permettent de suivre pas à pas le Christ sur la terre, non seulement durant sa vie publique, mais aussi dans sa vie cachée. Tome I: Le mystère de l'Attente: Marie et les ancêtres du Sauveur - La naissance de Jésus et sa vie cachée - Le séjour en Égypte - Jean-Baptiste, le Précurseur - Vie publique de Notre Seigneur, première et deuxième année.
Traduction de Charles d'Ebeling Recueillies par Clemens Brentano, et coordonnées en un seul tout suivant l'ordre des faits, par le R.P. Duley en 1864. Ces pages permettent de suivre pas à pas le Christ sur la terre, non seulement durant sa vie publique, mais aussi dans sa vie cachée. Tome III: Visite de Jésus au pays des rois mages - Vie publique, suite - La Passion, la Résurrection et l'Ascension de Jésus - La Pentecôte et les débuts de l'Église - Mission et mort des Apôtres - La Sainte Vierge à Éphèse, sa Dormition.
Entre 1956 et 1960, au crépuscule du cinéma classique hollywoodien, Budd Boetticher réalise en indépendant sept westerns incisifs, tous portés par le même acteur granitique, Randolph Scott, considéré par beaucoup comme son inamovible double de fiction. De ce cycle émerge une trilogie, tendue tel un arc, dont Comanche Station assure la quintessence. Dans ce film, pas de graisse, aucune fioriture, nul happy end et encore moins de sentimentalisme, sinon asséché, tout juste une succession de déplacements et de pauses, de trajectoires entêtées et de bivouacs faussement réparateurs, menant en droite ligne vers une apparente résolution finale qui, au personnage central, n'offrira ni repos, ni romance, le laissant seul avec ses tourments initiaux. Il fallait bien le visage impassible de Randolph Scott pour ainsi sortir le western du lyrisme ou des chevauchées fantastiques et oser tendre vers l'épure, voire l'abstraction, où la modernité l'attendait. S'il analyse le film avec rigueur ou, mieux, le psychanalyse avec gaieté, Pierre Gabaston s'adresse aussi directement au cinéaste, dans une forme de dialogue imaginaire et complice, convoquant leurs passions communes pour la tauromachie et les paysages indomptés, présence concrète, matière vivante, partenaire à part entière de l'intrigue. Autant dès lors avertir : bien plus qu'une exégèse, cet essai se veut d'abord livre d'amitié cinématographique et probablement un des ouvrages les plus intimes jamais écrits sur un western.
Évoquer la vie d'une femme au travers de l'expression de visage des mannequins dans les vitrines de Bruxelles, Anvers, Paris, Rome. Prendre plaisir à jouer des reflets et tenter de rompre l'immobilisme de la pose en les intégrant dans l'urbanisme qui les entoure, en les laissant s'exprimer au-delà de leur paroi de verre. Shirley Hicter a demandé à Laurence Rosier, linguiste à l'Université Libre de Bruxelles, d'illustrer les photos de ses mots. Laurence offre un texte fort, impertinent, libre et conforme à leur image. Pour compléter l'ouvrage, des femmes talentueuses ont accepté de partager leur réflexion sur son sujet central : " Suis-je libre ? " Ce livre a reçu le soutien de la SABAM.
L'urbex, ou l'exploration urbaine, consiste à explorer et documenter des lieux abandonnés et interdits d'accès au public. A travers ses propres expériences, Juliette, alias Juj'urbex sur les réseaux sociaux, vous embarque avec elle pour mieux comprendre cette pratique hors du commun et vous transmettre sa passion. Elle reviendra sur les origines du genre, ses codes implicites et l'importance de la préservation des lieux abandonnés. Mais surtout, vous explorerez en sa compagnie et celle de ses amis urbexeurs, 15 lieux plus insolites les uns que les autres à travers le monde : parcs d'attractions abandonnés, villas désertes, Tchernobyl ou encore Fukushima n'auront plus de secret pour vous ! Et prolongez la découverte de certains lieux en scannant le QR Code associé, pour regarder l'exploration vidéo du site en question. Explorez comme si vous y étiez, et suivez heure par heure le déroulé de chacune de ses aventures.
A travers l'objectif de neuf photographes de terrain, l'exposition Ukraine, la mort dans l'âme propose une plongée poignante au coeur du conflit en Ukraine. Ce catalogue retrace les réalités de la guerre : les destructions, les vies bouleversées, mais aussi la résilience des populations face à l'adversité.