Le bonheur du phallus : l'expression prêterait à sourire, tant c'est plutôt de son embarras dont témoigne le parlêtre aux prises avec la rencontre des sexes. "C'est qu'il n'y a que le phallus à être heureux - pas le porteur dudit", souligne Lacan en 1970 dans le Séminaire L'envers de la psychanalyse. ! Prolongeant la découverte freudienne du primat phallique, l'élaboration lacanienne conduit à une avancée majeure : être ou avoir le phallus sont des positions subjectives, et la jouissance phallique ne permet pas de rendre compte de la différence de positionnement sexué. L'énoncé de Lacan "Il n'y a pas de rapport sexuel" déplace ce qui ne cesse pas de ne pas s'écrire entre les sexes vers ce qu'il en est pour chaque Un de sa recherche quant à la jouissance. C'est dire l'actualité et l'étendue des enjeux de ce concept clef de phallus. En témoignent, à près d'un siècle de distance, la fameuse "Querelle" des années 1920 et les affrontements récents sur le "mariage pour tous". Dans ce livre, Nicole Guey prend le soin d'éclairer la théorie pas à pas, de Freud au dernier enseignement de Lacan jusqu'aux avancées produites par Jacques-Alain Miller. En les articulant à la pratique, elle entend témoigner combien la clinique de la signification phallique ouvre des perspectives pour la psychanalyse, et prouve son efficience.
Nombre de pages
182
Date de parution
10/01/2014
Poids
300g
Largeur
160mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782856030189
Titre
Le bonheur du phallus
Auteur
Guey Nicole ; Stavy Yves-Claude
Editeur
AVENIR LONGTEMP
Largeur
160
Poids
300
Date de parution
20140110
Nombre de pages
182,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
La souffrance au travail est un constat. Les média régulièrement s'en font l'écho insistant sur les drames qui s'y jouent. Pour le sociologue ou l'économiste cette souffrance est un fait social à traiter comme un objet (" les faits sociaux sont des choses " disait le père fondateur de la sociologie Emile Durkheim). Le verdict tombe : cette souffrance résulte des nouvelles conditions du travail - de ses exigences de rentabilité quantitative mais aussi, et peut-être surtout, de la précarité symbolique qu'elles promeuvent (le travailleur est sans place, sans reconnaissance, devenu objet interchangeable). Ces analyses sont justes et souvent fouillées. Qu'en dit le psychanalyste ? A-t-il à reprendre ces thèses en y ajoutant la touche du singulier, le point de vue des travailleurs eux-mêmes ? Le psychanalyste a à dire plus et mieux. D'abord, il doit savoir qu'il " n'entérine pas la réalité collective " selon l'expression de Jacques-Alain Miller. Ensuite, qu'il a à mettre cette souffrance au travail de la parole en accueillant (au cabinet, à l'hôpital et autres dispensaires) les plaintes prises une par une. Que produit un tel travail clinique ? En quoi prendre la parole pour un sujet fait passer de la généralité du constat à la particularité du symptôme ? Quel réel propre est rencontré dans cette souffrance ? Ce séminaire, à partir de cas cliniques, se propose de déplier les réponses de la psychanalyse orientée par Freud et Lacan. L'Autre social n'en sortira pas pour autant dédouané car, comme le martèle Lacan, " le collectif n'est rien que le sujet de l'individuel ".
La découverte freudienne a fait historiquement scandale en déconstruisant l'enfance réduite à un paradis d'où tout réel était exclu. On a souvent réduit ce scandale à l'affirmation d'une sexualité infantile dont la psychanalyse, à son orée, a délinéé les enjeux pour chaque sujet. Mais le véritable scandale est ailleurs. Une vérité bien plus intolérable s'y fait jour : la sexualité n'est pas naturelle pour le petit d'homme, pour celui qui parle. Elle dépend d'une machinerie mentale, d'une fiction inconsciente où les signifiants se nouent à des bouts de jouissance irréductibles impliquant le corps. C'est la découverte de la phrase jouie qu'est le fantasme et qui dénaturalise la sexualité (toute sexualité) qui est intolérable - beaucoup plus que les pratiques sexuelles précoces perverses polymorphes. La psychanalyse réarticule l'enfant et l'enfance comme période de la vie dans un discours. L'enfant est un sujet à part entière affronté à un réel - dont les émois sexuels et la rencontre amoureuse sont des formes contingentes. La clinique psychanalytique précisément a pour tâche de repérer comment chaque enfant fait réponse à ce réel par un bricolage spécifique hors des modèles formatés où le discours du maître veut avoir le dernier mot. Faut-il encore que sa parole soit entendue et que les effets de jouissance qu'elle entraîne (dans le corps, la pensée) ne soient pas méconnus. A ce point, le psychanalyste, à l'Ecole de Freud et de Lacan, est attendu. A partir de cas cliniques, les auteurs de ce livre font le pari de la cure analytique pour que parler(s) d'enfance(s) ne soit pas une vaine formule.
Le lien familial est le seul lien qui s'inscrit d'un rapport dont on peut rêver qu'il soit naturel. On aimerait croire que la famille anticipe le lien social, qu'elle est un avant la société. On a pu même rêver de construire une société sur le modèle de ce lien espéré naturel, premier. Force est de constater qu'il n'en est rien - le lien familial est une forme particulière du lien social. A ce titre, il est dénaturé, variable selon l'histoire et la géographie : la nature est un pot-pourri de hors-nature. Les sociologues, historiens et autres anthropologues l'ont démontré au cas par cas. La psychanalyse, elle, affirme sa thèse : le lien social se constitue à partir du trou du non-rapport sexuel. Le lien social supplée au défaut du rapport entre les sexes. Le lien familial nouant des parlêtres pour lesquels l'impossible est toujours certain, les embrouilles sont au rendez-vous - et ce rendez-vous est de structure. Les familles de nos sociétés contemporaines indiquent assez les changements de ce qui faisait jusqu'ici l'actualité clinique autant que politique, mais attestent également de la vitalité de la famille, à travers l'invention de mille et une façons de faire lien. Le découplage contemporain entre enfant et famille fait en outre apparaître que c'est à partir de l'enfant, pris comme objet a de la famille, que celle-ci souvent se structure - souvent n'est pas toujours. La question tombe : la famille ne peut-elle être régie que selon la loi de l'oedipe ? Justement, une clinique orientée par le réel de la jouissance aboutit à d'autres conséquences. La psychanalyse, à l'Ecole de Freud et de Lacan, à partir de son éthique, prend en compte cette évolution rapide de la famille en accueillant ces mutations comme des formes nouvelles du lien social et en se tenant prête à répondre aux demandes symptomatiques qui pourront en émerger au cas par cas. Une série de cas cliniques, présentés dans cet ouvrage, déplient ces questions et nomment les bricolages auxquels les parlêtres sont interpellés pour créer du nouveau.
Le courant de l'ego psychology se proposa, durant les années 1940-1965 aux USA, de reformuler les acquis de Freud et de fonder une nouvelle psychanalyse dégagée du pessimisme du maître viennois. Comment trouver les fondements d'une psychanalyse qui puisse s'adapter à la réalité contemporaine ? C'est cette visée adaptative que la clinique américaine prit comme boussole dans les cures. Les thèses fortes d'Anna Freud, notamment celles de son livre Le Moi et les mécanismes de défense (1936), ont servi de socle épistémologique pour créer l'ego psycholoy. Lacan n'y voit que déviations et compromissions. Le développement extraordinaire de cette orientation aux Etats-Unis - dû au trio new-yorkais : Hartmann, Kris, Lowenstein - explique pourquoi l'oeuvre de Lacan a cette difficulté pour trouver une place dans la clinique analytique américaine. Interroger l'ego psychology est une question politique sur la clinique actuelle aux Etats-Unis : pourquoi fallait-il donc que ce soit cette psychanalyse-là que les Américains adoptent ?