L'American way of life. Lacan et les débuts de l'Ego Psychology
King Pamela M. ; Gueguen Pierre-Gilles
AVENIR LONGTEMP
9,00 €
Epuisé
EAN :9782856030103
Le courant de l'ego psychology se proposa, durant les années 1940-1965 aux USA, de reformuler les acquis de Freud et de fonder une nouvelle psychanalyse dégagée du pessimisme du maître viennois. Comment trouver les fondements d'une psychanalyse qui puisse s'adapter à la réalité contemporaine ? C'est cette visée adaptative que la clinique américaine prit comme boussole dans les cures. Les thèses fortes d'Anna Freud, notamment celles de son livre Le Moi et les mécanismes de défense (1936), ont servi de socle épistémologique pour créer l'ego psycholoy. Lacan n'y voit que déviations et compromissions. Le développement extraordinaire de cette orientation aux Etats-Unis - dû au trio new-yorkais : Hartmann, Kris, Lowenstein - explique pourquoi l'oeuvre de Lacan a cette difficulté pour trouver une place dans la clinique analytique américaine. Interroger l'ego psychology est une question politique sur la clinique actuelle aux Etats-Unis : pourquoi fallait-il donc que ce soit cette psychanalyse-là que les Américains adoptent ?
Nombre de pages
94
Date de parution
15/06/2013
Poids
150g
Largeur
110mm
Plus d'informations
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EAN
9782856030103
Titre
L'American way of life. Lacan et les débuts de l'Ego Psychology
Auteur
King Pamela M. ; Gueguen Pierre-Gilles
Editeur
AVENIR LONGTEMP
Largeur
110
Poids
150
Date de parution
20130615
Nombre de pages
94,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Quelle est la nature des relations entre Jacques Lacan et les États-Unis? Pourquoi et comment l’enseignement de Lacan fut-il, pendant si longtemps, difficilement pris au sérieux dans la clinique américaine ? Si la théorisation lacanienne a été tenue à l’écart de la psychanalyse américaine, c’est parce que cette dernière avait d’autres repères. L’ouvrage en isole trois : a) l’ego psychology qui domina l’orientation de la psychanalyse américaine à partir des années 1930 ; b) Wilhelm Reich le promoteur de la révolution sexuelle ; c) les gender studies pour lesquelles la psychanalyse est une pratique qui doit être abandonnée car trop soumise aux signifiants du patriarcat. Ces trois repères sont autant de théories du sexuel qui excluent Lacan des enjeux cliniques. L’ouvrage montre que l’enseignement de Lacan – particulièrement ses dernières formulations commentées par Jacques-Alain Miller – trouve des issues aux impasses de l’ego psychology et son culte du Moi, de Reich et sa jouissance phallique génitale, des gender studies empêtrées dans les identifications et dans les contestations de celles-ci. Il fait le pari que cette psychanalyse orientée vers le réel et visant le hors-sens, toujours désirable et active aujourd’hui, a sa carte à jouer aux États-Unis.
Le lien familial est le seul lien qui s'inscrit d'un rapport dont on peut rêver qu'il soit naturel. On aimerait croire que la famille anticipe le lien social, qu'elle est un avant la société. On a pu même rêver de construire une société sur le modèle de ce lien espéré naturel, premier. Force est de constater qu'il n'en est rien - le lien familial est une forme particulière du lien social. A ce titre, il est dénaturé, variable selon l'histoire et la géographie : la nature est un pot-pourri de hors-nature. Les sociologues, historiens et autres anthropologues l'ont démontré au cas par cas. La psychanalyse, elle, affirme sa thèse : le lien social se constitue à partir du trou du non-rapport sexuel. Le lien social supplée au défaut du rapport entre les sexes. Le lien familial nouant des parlêtres pour lesquels l'impossible est toujours certain, les embrouilles sont au rendez-vous - et ce rendez-vous est de structure. Les familles de nos sociétés contemporaines indiquent assez les changements de ce qui faisait jusqu'ici l'actualité clinique autant que politique, mais attestent également de la vitalité de la famille, à travers l'invention de mille et une façons de faire lien. Le découplage contemporain entre enfant et famille fait en outre apparaître que c'est à partir de l'enfant, pris comme objet a de la famille, que celle-ci souvent se structure - souvent n'est pas toujours. La question tombe : la famille ne peut-elle être régie que selon la loi de l'oedipe ? Justement, une clinique orientée par le réel de la jouissance aboutit à d'autres conséquences. La psychanalyse, à l'Ecole de Freud et de Lacan, à partir de son éthique, prend en compte cette évolution rapide de la famille en accueillant ces mutations comme des formes nouvelles du lien social et en se tenant prête à répondre aux demandes symptomatiques qui pourront en émerger au cas par cas. Une série de cas cliniques, présentés dans cet ouvrage, déplient ces questions et nomment les bricolages auxquels les parlêtres sont interpellés pour créer du nouveau.
Le réel du vivant et du sexe n?entre dans le monde humain que drapé, filtré par des formations imaginaires et symboliques : les semblants, qui peuplent notre subjectivité et font la trame du lien social. C?est pourquoi Lacan peut dire dans son Séminaire Encore : "La jouissance ne s?interpelle, ne s?évoque, ne se traque, ne s?élabore qu?à partir du semblant". Le semblant nomme un point fictif mais nécessaire pour saisir le réel. Une conséquence clinique s?en déduit: "Il ne faut pas badiner avec les semblants"(J.-A. Miller). En quoi et comment la catégorie de semblant qui ne se réduit ni à l?artifice, ni à l?illusion, ni à la feinte, permet-elle de renouveler la clinique analytique ? Comment accéder au réel par l?intermédiaire des semblants ? Quelles trouvailles le sujet peut-il extraire d?une opération à la jonction du réel et du symbolique ? Nous montrerons que, dans l?expérience analytique, "le semblant coûte aussi cher que le réel"(Balzac).