La famille et ses embrouilles. Que dit aujourd'hui la psychanalyse de la famille ?
Castanet Hervé ; Laniez Gérard
AVENIR LONGTEMP
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EAN :9782856030042
Le lien familial est le seul lien qui s'inscrit d'un rapport dont on peut rêver qu'il soit naturel. On aimerait croire que la famille anticipe le lien social, qu'elle est un avant la société. On a pu même rêver de construire une société sur le modèle de ce lien espéré naturel, premier. Force est de constater qu'il n'en est rien - le lien familial est une forme particulière du lien social. A ce titre, il est dénaturé, variable selon l'histoire et la géographie : la nature est un pot-pourri de hors-nature. Les sociologues, historiens et autres anthropologues l'ont démontré au cas par cas. La psychanalyse, elle, affirme sa thèse : le lien social se constitue à partir du trou du non-rapport sexuel. Le lien social supplée au défaut du rapport entre les sexes. Le lien familial nouant des parlêtres pour lesquels l'impossible est toujours certain, les embrouilles sont au rendez-vous - et ce rendez-vous est de structure. Les familles de nos sociétés contemporaines indiquent assez les changements de ce qui faisait jusqu'ici l'actualité clinique autant que politique, mais attestent également de la vitalité de la famille, à travers l'invention de mille et une façons de faire lien. Le découplage contemporain entre enfant et famille fait en outre apparaître que c'est à partir de l'enfant, pris comme objet a de la famille, que celle-ci souvent se structure - souvent n'est pas toujours. La question tombe : la famille ne peut-elle être régie que selon la loi de l'oedipe ? Justement, une clinique orientée par le réel de la jouissance aboutit à d'autres conséquences. La psychanalyse, à l'Ecole de Freud et de Lacan, à partir de son éthique, prend en compte cette évolution rapide de la famille en accueillant ces mutations comme des formes nouvelles du lien social et en se tenant prête à répondre aux demandes symptomatiques qui pourront en émerger au cas par cas. Une série de cas cliniques, présentés dans cet ouvrage, déplient ces questions et nomment les bricolages auxquels les parlêtres sont interpellés pour créer du nouveau.
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Nombre de pages
162
Date de parution
01/06/2012
Poids
272g
Largeur
160mm
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EAN
9782856030042
Titre
La famille et ses embrouilles. Que dit aujourd'hui la psychanalyse de la famille ?
Auteur
Castanet Hervé ; Laniez Gérard
Editeur
AVENIR LONGTEMP
Largeur
160
Poids
272
Date de parution
20120601
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162,00 €
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Le mot « S K beau » est inventé en 1975 par Jacques Lacan pour qualifier l?esthétique de l?écrivainJames Joyce. Le mot est réemployé ici, avec sa typographie étonnante, pour masquer et à la foisfaire surgir le réel auquel l?artiste se confronte: au coeur du beau, ce S K énigmatique, hors sens.Cet essai convoque les créateurs. Ils créent des mots ou des images. L?image fait voir, ellemontre en particulier; le mot désigne, il est porteur d?universel. Hervé Castanet indique une autre direction: l?image se construit, nous dit-il, à partir d?une faille, d?une béance, d?une rupture. C?est parce que le visible ne peut être appréhendé dans sa globalité qu?il pousse le peintre, le photographe ou le cinéaste à montrer. Pareillement pour l?écrivain, les mots ne disent pas tout. Ils sont aussi marques, traces, ratures. A ce titre, ils touchent au corps. A travers les exemples d?écrivains, tels Ovide, Poe, Artaud, Klossowski, Genet, Prigent, de peintres comme Picasso, Ayme, Devade, Valensi, Witkin, de théoriciens de l?art, tels Constant, Jorn, Debord, d?un théologien comme Origène, Castanet s?attache à montrer que face à un réel spécifié, un point de réel, nommé ici S K beau, chaque artiste dénoue et renoue l?image ou le mot pour y forger un « trou réel ».
François-Timoléon de Choisy (1644-1724) vécut à la Cour de Louis XIV. Ami des princes, il rédigea plus de huit mille pages consacrées à la vie des saints et des ecclésiastiques. Il fut membre de l'Académie française. À quel titre est-il une référence, à propos de la perversion, de Jacques Lacan et de la psychanalyse ? L'abbé de Choisy est connu pour s'être habillé, sa vie durant, en femme. Il passa des vêtements masculins aux accoutrements féminins - et réciproquement. Il fut femme par éclipses. Il fut homme de la même façon. Ainsi paré, il s'est évertué à séduire des femmes jeunes et jolies - jamais des hommes ; il aura même une fille de ses amours tumultueuses. Que nous apprennent ces pratiques transvestistes ? Quelle logique y préside ? Quel lien avec l'écriture ? En quoi et comment la psychanalyse fait-elle boussole pour s'orienter dans le fantasme qui soutient ce désir de faire La femme ?
Le débat sur le mariage pour tous exacerbe les passions. La famille, la filiation, la civilisation seraient en péril. L?homosexualité, car c?est elle dont il s?agit malgré les dénégations des anti, mettrait en cause nos fondements naturels. L?argument est lancé : il y a une Loi naturelle et, sauf à sortir de l?humain, il faut s?y conformer et la défendre. À rebours, la psychanalyse répond, avec Jacques Lacan, que la nature (comme toute réalité pré-discursive) n?existe pas, et fait ce constat : le XXIe siècle voit le Nom-du--Père (et ses corrélats : l?Oedipe, l?Autre, la Loi, le surmoi, la castration) perdre de ses prérogatives pour assurer un ordre amoureux. Si certains s?en désolent, d?autres s?essayent aux bricolages pour y suppléer. Quelles sont les nouvelles formes des rencontres contingentes entre les sexes ? Quels sont les nouveaux partenaires de jouissance ? Ce livre interroge l?homosexualité masculine à partir de la clinique psychanalytique, celle déposée jour après jour dans le cabinet de l?analyste. Aucun des analysants présentés n?est venu en analyse pour se débrouiller avec son homosexualité en tant que telle, autrement dit, pour y renoncer, choisir le sexe féminin, oser la faire savoir? Honte ou gêne ou remords coupables sont dépassés. Le désir, par contre, avec ses embrouilles actuelles, leur fait question, il affole, rend malheureux, angoisse, fait vaciller, hésiter, partir, quitter, revenir, refuser ou multiplier les partenaires? Ils doivent inventer leur vie quant à leurs choix de jouissance. Ces inventions ouvrent à une clinique de la rencontre, toujours contingente. Il questionne également l?homosexualité du poète Jean Genet, en un temps où un tel choix faisait scandale. Dans ses romans (interdits), il glorifie cette homosexualité humiliée et masochiste où il se fait enfant puni. Son oeuvre théâtrale, jouée sur les scènes nationales, y fera réponse par une chute de cet érotisme des mots. Il écrira désormais à partir de cet "objet invisible", cette "blessure", qui décline l?être comme manque. Qu?est-ce qui a rendu ce changement radical, dans sa vie, dans sa création littéraire ? Le Père n?est plus ce qu?il était. Les inventions singulières de ces homoanalysants d?aujourd?hui, nous obligent, comme pour Genet, à repenser notre savoir psychanalytique sur le sexuel et l?homosexualité masculine.
Un psychanalyste choisit d'exposer précisément quatre cas relevant de la clinique appliquée aux psychoses, plus un, célèbre, celui d'Antonin Artaud. Pourquoi un tel livre aujourd'hui ? Assurément pour casser quelques stéréotypes sur ce que fait, ou ne fait pas, un psychanalyste avec des analysants psychotiques. Trop de balivernes se colportent encore et parfois au nom de Lacan. La conception déficitaire de la psychose comparée à la névrose a la vie dure. Mais ce livre ne se limite pas à cet enjeu. Il se propose de montrer en quoi s'orienter du dernier enseignement de Lacan a des effets radicaux pour la clinique psychanalytique en général, et avec des analysants psychotiques en particulier. " L'inconscient est le témoignage d'un savoir en tant que pour une grande part il échappe à l'être parlant. (Chacun) présente toutes sortes d'affects qui restent énigmatiques. Lalangue nous affecte d'abord par tout ce qu'elle comporte comme effets qui sont affects. " (Lacan) La seule définition freudienne de l'inconscient comme discours de l'Autre scène n'est plus utilisable. Lacan propose d'y substituer la clinique du parlêtre : le signifiant percute le corps, faisant sourdre la jouissance. La psychanalyse change, et la conduite des cures avec elle : " Quand on analyse l'inconscient, le sens de l'interprétation, c'est la vérité. Quand on analyse le parlêtre, le corps parlant, le sens de l'interprétation, c'est la jouissance. Ce déplacement de la vérité à la jouissance donne la mesure de ce que devient la pratique analytique à l'ère du parlêtre. " (Jacques-Alain Miller).
A l'époque de "l'amour toujours" consommable et jetable, que veut une femme célibataire ? quelles ombres hantent l'homme célibataire ? Les passions qui génèrent soufrances du corps et afections de l'âme coupent le lien qu'elles invitent à nouer, condamnant le parlêtre au céli- bat. Lacan augure de la montée au zénith social de l'objet a, une nouvelle forme de solitude pour l'être parlant : la consommation des objets de jouissance, mise aux commandes par le discours capitaliste, afermit la jouissance Une. Au-delà de la solitude, le célibat pose la question du couple qui ne se constitue pas. La psycha- nalyse permet à qui l'entreprend d'identifer le partenaire de jouissance discret, masqué, qui objecte à son désir. Sylvie Goumet pointe sur ce nouveau malaise dans la civilisation l'éclairage de la psychanalyse orientée par Lacan et le fameux Il n'y a pas de rapport sexuel. Extraits de sa clinique, six moments d'analyse d'hommes et de femmes en proie à leurs em- brouilles permettent de saisir comment la psychanalyse les allège en accompagnant leurs propres trouvailles.
La souffrance au travail est un constat. Les média régulièrement s'en font l'écho insistant sur les drames qui s'y jouent. Pour le sociologue ou l'économiste cette souffrance est un fait social à traiter comme un objet (" les faits sociaux sont des choses " disait le père fondateur de la sociologie Emile Durkheim). Le verdict tombe : cette souffrance résulte des nouvelles conditions du travail - de ses exigences de rentabilité quantitative mais aussi, et peut-être surtout, de la précarité symbolique qu'elles promeuvent (le travailleur est sans place, sans reconnaissance, devenu objet interchangeable). Ces analyses sont justes et souvent fouillées. Qu'en dit le psychanalyste ? A-t-il à reprendre ces thèses en y ajoutant la touche du singulier, le point de vue des travailleurs eux-mêmes ? Le psychanalyste a à dire plus et mieux. D'abord, il doit savoir qu'il " n'entérine pas la réalité collective " selon l'expression de Jacques-Alain Miller. Ensuite, qu'il a à mettre cette souffrance au travail de la parole en accueillant (au cabinet, à l'hôpital et autres dispensaires) les plaintes prises une par une. Que produit un tel travail clinique ? En quoi prendre la parole pour un sujet fait passer de la généralité du constat à la particularité du symptôme ? Quel réel propre est rencontré dans cette souffrance ? Ce séminaire, à partir de cas cliniques, se propose de déplier les réponses de la psychanalyse orientée par Freud et Lacan. L'Autre social n'en sortira pas pour autant dédouané car, comme le martèle Lacan, " le collectif n'est rien que le sujet de l'individuel ".
La découverte freudienne a fait historiquement scandale en déconstruisant l'enfance réduite à un paradis d'où tout réel était exclu. On a souvent réduit ce scandale à l'affirmation d'une sexualité infantile dont la psychanalyse, à son orée, a délinéé les enjeux pour chaque sujet. Mais le véritable scandale est ailleurs. Une vérité bien plus intolérable s'y fait jour : la sexualité n'est pas naturelle pour le petit d'homme, pour celui qui parle. Elle dépend d'une machinerie mentale, d'une fiction inconsciente où les signifiants se nouent à des bouts de jouissance irréductibles impliquant le corps. C'est la découverte de la phrase jouie qu'est le fantasme et qui dénaturalise la sexualité (toute sexualité) qui est intolérable - beaucoup plus que les pratiques sexuelles précoces perverses polymorphes. La psychanalyse réarticule l'enfant et l'enfance comme période de la vie dans un discours. L'enfant est un sujet à part entière affronté à un réel - dont les émois sexuels et la rencontre amoureuse sont des formes contingentes. La clinique psychanalytique précisément a pour tâche de repérer comment chaque enfant fait réponse à ce réel par un bricolage spécifique hors des modèles formatés où le discours du maître veut avoir le dernier mot. Faut-il encore que sa parole soit entendue et que les effets de jouissance qu'elle entraîne (dans le corps, la pensée) ne soient pas méconnus. A ce point, le psychanalyste, à l'Ecole de Freud et de Lacan, est attendu. A partir de cas cliniques, les auteurs de ce livre font le pari de la cure analytique pour que parler(s) d'enfance(s) ne soit pas une vaine formule.
Le courant de l'ego psychology se proposa, durant les années 1940-1965 aux USA, de reformuler les acquis de Freud et de fonder une nouvelle psychanalyse dégagée du pessimisme du maître viennois. Comment trouver les fondements d'une psychanalyse qui puisse s'adapter à la réalité contemporaine ? C'est cette visée adaptative que la clinique américaine prit comme boussole dans les cures. Les thèses fortes d'Anna Freud, notamment celles de son livre Le Moi et les mécanismes de défense (1936), ont servi de socle épistémologique pour créer l'ego psycholoy. Lacan n'y voit que déviations et compromissions. Le développement extraordinaire de cette orientation aux Etats-Unis - dû au trio new-yorkais : Hartmann, Kris, Lowenstein - explique pourquoi l'oeuvre de Lacan a cette difficulté pour trouver une place dans la clinique analytique américaine. Interroger l'ego psychology est une question politique sur la clinique actuelle aux Etats-Unis : pourquoi fallait-il donc que ce soit cette psychanalyse-là que les Américains adoptent ?