L'idée de convenance désigne chez Rousseau une relation immanente qui émerge des termes en rapport, sans être imposée par une instance extérieure ou supérieure. Elle détermine un ordre naturel, sans cesse opposé par Rousseau aux ordres factices que la civilisation construit : normes sociales artificielles où la conformité des usages l'emporte sur la singularité des individus, devoirs uniformes qui ne tiennent pas compte des situations morales, lois inapplicables parce que non accordées aux moeurs, pensées abstraites caractérisées par l'esprit de système et aveugles à la diversité des choses. L'idée de convenance travaille l'oeuvre entière de Rousseau : elle unifie sa pensée en montrant comment ses différents aspects s'articulent les uns aux autres, elle en est le point névralgique à partir duquel il critique, radicalement, la philosophie de son temps.
Date de parution
10/11/2004
Poids
825g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782745310941
Titre
ROUSSEAU ET LE TRAVAIL DE LA CONVENANCE.
ISBN
2745310941
Auteur
GUENARD FLORENT
Editeur
CHAMPION
Largeur
150
Poids
825
Date de parution
20041110
Disponibilité
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On semble aujourd'hui tenir pour acquis que les sociétés industrielles ont besoin, pour leur développement économique, d'une différenciation sociale élevée. On accepte l'idée que les peuples, à condition que les inégalités soient justifiées, préfèrent les sociétés inégalitaires. Mais ces théories politiques contemporaines, sapant les possibilités de lutter contre la différenciation grandissante des conditions, se rendent aveugles aux tendances égalitaires qui structurent bel et bien les sociétés démocratiques. Comment mieux définir ces aspirations à l'égalité ? Dans une étude approfondie des théories politiques, de la Renaissance à nos jours, le philosophe Florent Guénard enquête à nouveaux frais sur la nature de cette passion. Il fait l'hypothèse que nous désirons l'égalité non pas en soi, comme certaines sociétés de chasseurs-cueilleurs, mais pour soi. L'égalité est en effet la condition pour que se nouent entre les membres de la société des relations de fraternité : appartenir à une communauté politique, c'est être traité avec la même considération et celle-ci ne peut s'accorder avec une distribution inégale des ressources et le sentiment d'infériorité qui peut en découler. Dès lors qu'on ne confond plus le désir d'égalité avec le désir del'égalité, on peut comprendre que tous les individus y sont naturellement disposés et que les politiques publiques s'efforçant de réduire les écarts sociaux et économiques ne sont pas une simple option : elles sont en quelque sorte une nécessité historique.
Comment en est-on venu à penser qu'il suffisait de renverser un régime autoritaire pour que la démocratie s'installe, voire, comme en Irak en 2003, d'envahir un pays pour le libérer ? En quel sens peut-on dire que la démocratie est le "modèle" de régime qui correspond le mieux à certaines aspirations fondamentales de l'humanité ? L'idée d'une diffusion par la force de la démocratie n'est-elle pas une contradiction dans les termes ? Pour répondre à ces questions, Florent Guénard remonte aux présupposés philosophiques des visions de l'expansion démocratique qui voient celle-ci comme un processus inéluctable, mais aussi aux différentes compréhensions de ce qu'est un "modèle" politique. Dans une double démarche, à la fois historique et typologique, il expose comment la démocratisation a été pensée dans la philosophie politique depuis Platon et compare les différentes voies proposées, soulignant le tournant qu'à constitué la Révolution française et la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen dans le processus. Avant 1789, la démocratie occidentale est un modèle politique qu'on ne conçoit comme généralisable que sous certaines conditions. Aux XIXe et XXe siècles, elle devient exportable : c'est elle qui est censée réaliser les aspirations de la modernité. La critique postcoloniale a largement montré les limites et les coûts de cette modélisation. Comprendre aujourd'hui l'expansion de la démocratie suppose qu'on prenne en compte les nouvelles formes de l'universalisme démocratique, en évitant à la fois le dogmatisme d'un modèle imposé au monde et le relativisme qui empêche de voir que les nations s'imitent et s'inspirent les unes des autres. La démocratie est aujourd'hui le nom d'un idéal d'émancipation appropriable et mondialisé.
Le populisme est-il la vérité d'un régime démocratique qui n'a jamais réellement su donner un statut politique au « peuple » ou sa caricature la plus profonde? Est-il l'expression contemporaine de ce que le demos est aujourd'hui bel et bien fictif, si tant est, comme ne cessent de le clamer les adversaires de la démocratie, qu'il ait existé un jour? L'écart entre le principe de la démocratie et sa réalité semble aujourd'hui maximal: ce n'est pas le peuple qui exerce le pouvoir, mais les experts, précisément parce que le peuple est jugé irresponsable, irrationnel, incapable de parvenir à ce degré de généralité que requiert l'exercice de la souveraineté. Faut-il donner raison à un tel jugement et condamner l'idée même de peuple sous prétexte qu'elle peut donner lieu à tous les excès...