Vers le milieu du XIXe siècle, un nouveau domaine entre dans l'espace de la connaissance scientifique. Il touche le plus lointain passé de l'homme, celui qui dépasse le cadre immédiat de l'histoire, celui qui remonte avant le Déluge. Pour la première fois dans l'histoire humaine, la naissance de l'humanité va devoir être envisagée non pas à la lumière des mythes mais au départ des principes scientifiques. Dans la tradition, en effet, le passé ne se pose pas comme un problème à résoudre. Tout système culturel draine avec lui un ensemble de mythes d'origine dont le but est d'assurer au groupe un point de départ fonctionnel, une justification de ses manières d'être et d'agir et la garantie d'une place au sein du monde dans lequel il se trouve. Ces mythes ont posé, une fois pour toutes, un foyer originel à partir duquel le groupe se trouve justifié dans son existence, grâce à une puissance surhumaine. Les réponses se trouvent donc données depuis ce passé primordial qui débute avec un ancêtre mythique ou un être surnaturel et qu'un réseau subtil lie, par le biais de la tradition orale, au passé réel matérialisé par l'existence des générations antérieures. On le voit, l'origine ne constitue jamais, dans cette optique, un problème la solution n'est pas à découvrir, elle est donnée avec le groupe. Mais la préhistoire ne peut pas, bien entendu, se bâtir sur ce modèle. Pour se constituer valablement comme discipline scientifique, elle ne peut que s'arracher à ce passé mythique qui englue le problème de l'origine, et doit pouvoir élaborer un modèle qui permette de penser le passé primordial en termes de temporalité.
Nombre de pages
606
Date de parution
01/05/1994
Poids
1 088g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782905614933
Titre
POUR UNE HISTOIRE DE LA PREHISTOIRE
Auteur
Groenen Marc
Editeur
MILLON
Largeur
160
Poids
1088
Date de parution
19940501
Nombre de pages
606,00 €
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Australopithèques, Paranthropes, Néandertaliens, Homo sapiens... L'auteur vous dévoile ici tous leurs mystères ! Cette introduction vous permet ainsi d'acquérir l'essentiel des connaissances sur la préhistoire. L'auteur y détaille chronologie, limites et cadres de la préhistoire. Origine de l'homme, point de départ de la préhistoire, typologie... sont ainsi décryptés. Largement illustré de schémas et dessins, l'ouvrage est également complété d'une abondante bibliographie, d'un lexique et d'un index qui en font un outil indispensable pour l'étudiant ou toute personne curieuse de découvrir cette fascinante période.
François Daleau (1845-1927) a joué un rôle pionnier dans les recherches en pré?histoire. Le découvreur de la grotte ornée de Pair-non-Pair en Gironde a, en effet, mis en place une pré?histoire fonctionnelle qui intègre le temps long de la stratigraphie archéologique. Un remarquable sens de l'observation doublé d'un sens critique aigu lui ont permis de procéder à une juste évaluation des données qu'il a récoltées pendant plus d'un demi-siècle. Des techniques de prospection à l'enregistrement des faits, en passant par l'identification et la résolution de problèmes proprement archéologiques, François Daleau a entièrement construit l'archéologie préhistorique.Pour cet ouvrage, Marc Groenen a analysé des milliers de pages manuscrites léguées par François Daleau à son décès, distribuées dans ses carnets d'excursions, correspondances, dossiers divers et catalogues. Tous ces documents lui ont servi comme autant d'ordres d'indices pour circonscrire la manière dont Daleau a organisé ses recherches. En confrontant les travaux de ce pré?curseur à ceux de ses contemporains, Marc Groenen resitue Daleau dans la trame scientifique hétérogène de son époque et lui rend la juste place qui lui revient dans l'histoire de la discipline.
Issues de la tradition ou de l'air du temps, mêlant souvent vrai et faux, les idées reçues sont dans toutes les têtes. L'auteur les prend pour point de départ et apporte ici un éclairage distancié et approfondi sur ce que l'on sait ou croit savoir. Biographie: Marc Groenen est professeur de préhistoire (arts et archéologie) et de philosophie des sciences de l'homme à l'Université Libre de Bruxelles. Faisant le point sur les découvertes récentes, il détaille les différents aspects de cette période mal connue, aux prémices de l'histoire de l'humanité.
La Préhistoire, et particulièrement le Paléolithique, sont loin de l'image simpliste qui leur a été associée. Nos ancêtres Australopithèques, Néandertaliens ou Homo Sapiens, entre autres espèces, longtemps vus comme des êtres primitifs, réduits à la seule satisfaction de besoins immédiats et ne disposant que de ce que la Nature leur avait donné, sont aujourd'hui révélés grâce aux acquis les plus récents de l'archéologie, de la paléoanthropologie et des sciences de l'environnement. Cet ouvrage propose une synthèse de près de sept millions d'années d'histoire humaine. Mais son ambition dépasse la simple présentation des découvertes. A partir des vestiges matériels, il montre comment les recherches actuelles permettent de restituer les techniques, les modes de vie, les organisations sociales, les systèmes symboliques et les formes de pensée des populations paléolithiques. A la fois récit et réflexion sur les fondements de la connaissance archéologique, ce livre invite le lecteur curieux de nos origines à porter un regard nouveau sur les premières humanités. Car comprendre le Paléolithique ne consiste pas seulement à retrouver le passé : c'est aussi mieux comprendre ce qui fait de nous des êtres humains.
Husserl Edmund ; Pestureau Jean-François ; Mazzù A
L'existence des " Manuscrits de Bernau " de Husserl sur la conscience intime du temps fut révélée pour la première fois publiquement par Heidegger, en 1928 dans sa préface aux célèbres Leçons sur la phénoménologie de la conscience intime du temps. Ces Manuscrits, écrits par Husserl à Bernau (Forêt Noire) en 1917/18, sur la base d'une compilation faite par Edith Stein, sont restés inédits du vivant du philosophe, bien qu'ils aient été confiés, dans les années trente, à Eugen Fink en vue de la publication. Pour plusieurs raisons, dont la complexité des textes n'est pas la moindre, Fink n'en vient pas à bout, et après la guerre, y renonça. Husserl considérait en effet ces manuscrits comme son " ouvrage principal " qui, restés dans les cartons des Archives de Louvain, sont entrés dans la légende pour le milieu des phénoménologues , puisqu'ils étaient censés contenir les clés de l'oeuvre entière. Il aura fallu le travail persévérant de Rudolf Bernet et Dieter Lohmar pour que l'ouvrage (une sélection parmi la masse des manuscrits) paraisse enfin, en 2001, dans la collection des Husserliana. Cette édition critique est celle qui est publiée ici en traduction française. L'importance considérable de ces textes tient à ce qu'ils constituent proprement l'acte de naissance de la phénoménologie génétique, et conduisent par là à réexaminer et relativiser les analyses structurales et statiques auxquelles on a trop souvent réduit la phénoménologie, en en faussant l'" esprit ", en la figeant dans une scolastique. Car les " Manuscrits de Bernau " sont avant tout un exercice aigu du sens critique, de la pensée aux prises avec des problématiques aporétiques, de l'art de pratiquer des distinctions nuancées jusqu'au plus subtil, de la rencontre de choses essentiellement mobiles, bref, de la pratique de la philosophie telle qu'elle doit se donner à entendre aujourd'hui.
Cette anthologie souhaite mettre en lumière une mémoire religieuse du corps féminin à l'époque moderne, dans les couvents et hors des couvents. Elle explore les principaux aspects de cette corporalité féminine, en expose la nature, la plasticité et les enjeux par le prisme d'un genre majeur du temps, celui de la Vie sainte, en faisant (re)découvrir par ce biais une littérature hagiographique souvent méconnue car trop longtemps cantonnée aux seuls champs de l'historiographie religieuse ou de la bigoterie. Quelle exemplarité ces représentations du corps féminin servent-elles ? Quelle agentivité féminine parviennent-elles à suggérer ? Racontent-elles seulement la norme dévote ou au contraire son débordement ? Que faire, hier et aujourd'hui, de ces envahissants scénarios d'incarnation, de ces cadavres qui embaument ou guérissent, de cette exhibition constante des plaies, du sang et de la pourriture, dont les auteurs font la matière étrange d'un discours qui édifie quand il horrifie, qui fascine et dégoûte à la fois ? Quelle vertu mystique ou dévotionnelle donner à cette compilation de symptômes, à cette insatiabilité à se faire mal ou à soigner l'autre ? Pourquoi les biographes racontent-ils surtout le corps pour dire la sainteté féminine et que disent-ils ainsi du féminin, aux marges du discours canonique ? Quelle place ces récits laissent-ils à un pur excès de chair, à un fonds obscur par lequel se dit la haine du couvent, le désir du blasphème, le désir de mort, le fantasme érotique, l'aporie de la vocation religieuse, la souffrance ou la jouissance de la discipline, la frustration sexuelle, le poids du harcèlement, le désir d'émancipation ? Ces questionnements, pris comme autant de fils conducteurs, permettront de révéler la richesse anthropologique mais aussi littéraire de cet étonnant corpus ancien.
Au Ve siècle avant notre ère, l'avènement des mages en Grèce ne se fait pas sans bruit. Présentés d'abord comme conseillers de rois, sacrificateurs et interprètes des songes, dans cet ailleurs qu'est l'empire perse, ils se retrouvent rapidement au c'ur de la cité athénienne, où ils sont accusés de charlatanerie et de tromperie. Avec eux, apparaît une notion nouvelle, qui a connu une fortune durable dans la culture occidentale : la magie. Rares sont les voix qui ont invité à questionner les évidences de ses origines. Peut-on continuer à postuler une contiguïté, sinon une coïncidence, entre la notion grecque de magie telle qu'elle apparaît à la fin du Ve siècle et la conception moderne de la magie, qui en fait une catégorie universelle, un type de mentalité ou de pensée ? Comment les Grecs ont-ils conçu cette notion nouvelle ? Quelle significations lui ont-ils attribués ? Dans une perspective d'histoire culturelle, ce livre analyse le contexte qui a favorisé l'émergence de la magie, au c'ur des débats qui animaient les cités grecques. Il montre également comment elle a été conçue dans le creuset culturel grec et explore les représentations mobilisées à cet effet. A travers cette étude, ce sont plusieurs facettes de la culture grecque qui se révèlent, des dieux qui " médusent " à l'écriture qui enchaîne, de la puissance poétique à la figure de Socrate.