Figure majeure de la Révolution française l'abbé Grégoire (1750-1831) s'est impliqué dans tous les plus beaux combats politiques et moraux de son époque. Combattant inlassable de l'intolérance, il a su rallier le plus grand nombre à des causes difficiles, ses engagements ont été décisifs dans la lutte contre l'esclavage, la reconnaissance des juifs et la liberté des cultes. Issu lui-même du clergé catholique, il fut l'un des premiers de son ordre à rejoindre le Tiers-État et, plus tard (1790), à prêter serment à la constitution civile. La Révolution l'entraîne donc dans le combat politique, il est élu à la Convention qu'il présidera en novembre 1792, année où il est nommé évêque constitutionnel de Blois.Malgré le rayonnement de son engagement et de ses idées, les écrits de l'abbé Grégoire sont peu disponibles, les éditions Manucius ont donc jugé utile, dans un temps où les pratiques religieuses reviennent dans le débat public, de donner à lire un texte fondateur de la laïcité. Extrait: « Sous l'ombre tutélaire des lois, il vous est libre d'accomplir les actes de votre culte; mais écartez ces dissensions qui ont si souvent consterné la raison, troublé les peuples et ensanglanté le monde; point de rivalité que celle du patriotisme et de la vertu! Cultivez vos champs, perfectionnez les arts; animez l'industrie, soignez l'éducation de vos enfants, qui doivent transmettre aux hommes de l'avenir l'héritage de la liberté. Quelles que soient vos opinions religieuses, aimez-vous puisque le père commun vous aime. La patrie est notre mère commune; autour d'elle doivent se rallier tous les cultes amis de l'ordre, du bonheur et de la gloire nationale. Appuyés sur vos vertus et votre courage, vos représentants termineront une révolution glorieuse; et le faisceau républicain sera le lien indissoluble de tous les Français ».
Date de parution
08/01/2012
Poids
54g
Largeur
120mm
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EAN
9782845781405
Titre
DISCOURS SUR LA LIBERTE DES CULTES
Auteur
GREGOIRE (ABBE)
Editeur
MANUCIUS
Largeur
120
Poids
54
Date de parution
20120108
Disponibilité
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Dans cet inédit, l'abbé Grégoire se montre, au XIXe siècle, avocat fervent de l'Augustinus de Jansénius. Le rôle joué par le jansénisme dans l'essor de la Révolution française se voit ainsi mis en relief, ses concepts fondamentaux dégagés avec netteté et son rayonnement évalué avec justesse.
L'intégralité des textes enfin réunis de l'Abbé Grégoire, un des artisans de l'abolition de l'esclavage, de 1789 à 1830. - Mémoire en faveur des gens de couleur ou sang-mêlés de Saint-Domingue & des autres iles françaises de l'Amérique, adressé à l'Assemblée nationale - Lettre aux philanthropes sur les droits, les réclamations des gens de couleur de Saint-Domingue et des autres iles françaises de l'Amérique - Lettre aux citoyens de couleur et nègres libres de Saint-Domingue et des autres isles françaises de l'Amérique - Des peines infamantes à infliger aux négriers - Du préjugé des blancs contre la couleur des Africains et celle de leurs descendants noirs et sang-mêlé
Publié sous la Restauration, en 1815, sous le titre De la traite et de l'esclavage des Noirs et des Blancs " par un ami des hommes de toutes les couleurs ", le libelle de l'Abbé Grégoire est émouvant, pragmatique et documenté. Emouvant par l'affirmation des convictions républicaines de fraternité et d'égalité entre les hommes ; pragmatique par les considérations susceptibles de convaincre les plus acharnés esclavagistes de l'inefficacité du système ; documenté, enfin, par la somme d'informations que l'abbé a dénichées dans des livres et auprès de témoins directs, où l'odieux le dispute à l'imbécillité, mais aussi à l'horreur et au crime. Nous n'avons retenu de l'ouvrage que la partie concernant la traite et l'esclavage des Noirs. On verra qu'Henri Grégoire disposait, pour transmettre ses idées et emporter l'adhésion de ses contemporains, d'une langue riche et précise, servie par un style maîtrisé, concis, bien dans la veine des grands écrivains des XVIIIe et XIXe siècles français. La préface du " chantre de la négritude " qu'est Aimé Césaire, émouvante elle aussi, jointe à cette fiche, est en fait le discours qu'il prononça à l'occasion de l'inauguration de la place de l'Abbé-Grégoire à Fort-de-France.
A une époque où les bouleversements politiques, scientifiques et intellectuels remettent en cause les certitudes religieuses, De l'avenir religieux des sociétés modernes - publié originairement dans la Revue des Deux Mondes en 1860 puis repris, pratiquement inchangé la même année dans le recueil Essais de morale et de critique - interroge le destin du christianisme et, plus largement, la place de la foi dans les sociétés modernes. Prenant pour point de départ une lecture critique de plusieurs essais contemporains, Ernest Renan examine les grandes traditions religieuses - catholicisme, protestantisme, orthodoxie, judaïsme et islam - pour en évaluer les forces, les limites et les perspectives d'évolution. Son analyse, nourrie par l'histoire des civilisations autant que par l'observation des transformations politiques de son temps, le conduit à défendre l'idée d'une religion appelée à se renouveler sans renoncer à son héritage, dans un cadre où la liberté de conscience deviendrait la condition essentielle de la vie spirituelle. Si certaines observations portent inévitablement la marque de leur époque, cette édition permet de redécouvrir un texte majeur de la pensée française du XIXe siècle et demeure une référence incontournable pour comprendre l'évolution des religions, les origines de la laïcité moderne et les débats toujours actuels sur les relations entre foi, société et liberté. Elle témoigne du talent exceptionnel de Renan pour associer érudition, sens historique et réflexion philosophique dans une prose d'une grande clarté.
u c'ur d'un salon parisien chez la marquise d'Espard, une conversation brillante réunit gens du monde, artistes et diplomates. Le point d'orgue de cette soirée mondaine est le récit confidentiel du Premier ministre Henri de Marsay.De Marsay raconte à ses convives comment il est devenu un monstre de sang-froid et un homme d'État accompli à travers une blessure de jeunesse. À dix-sept ans, éperdument amoureux d'une femme plus âgée, il découvre un jour par le plus pur des hasards, qu'elle le trompait cyniquement. Face à cette première trahison, au lieu de céder à une vengeance vulgaire ou à la colère d'un Othello, il choisit l'observation et le mépris silencieux. C'est ce moment de rupture qui forge sa stature politique, lui apprenant la qualité essentielle de l'homme d'État : savoir être toujours maître de soi et demeurer invariablement le spectateur froid de ses propres passions.Véritable carrefour de La Comédie humaine, publié en 1842 dans les Scènes de la vie privée, Autre étude de femme explore la psychologie féminine et les codes sociaux de la Restauration. Balzac y sublime l'esprit français à travers une joute oratoire où l'intime rencontre le politique, faisant du salon un laboratoire du pouvoir et des passions humaines.
Paris est la proie d'un immense chantage. Trois malfaiteurs fondent une redoutable association qui va faire trembler la capitale jusqu'aux moindres de ses tréfonds. Dans l'ombre, le placeur de domestiques Mascarot, le médecin homéopathe Hortebize et l'avocat Catenac recueillent méthodiquement les honteux petits secrets de la population parisienne. Au bout de vingt-cinq années d'efforts opiniâtres, ils disposent d'une mine de renseignements suffisamment fournie pour mettre enfin à exécution leur plan machiavélique. Autour de ces passions humaines si banales que sont l'amour, l'ambition et l'argent, les très nombreux personnages de l'intrigue tourbillonnent sans se rendre compte du piège tendu qui se referme inexorablement. Paris ne deviendra-t-il qu'un gigantesque marché aux esclaves ? Qui sera en mesure d'assembler toutes les pièces du puzzle afin de déjouer la formidable machination ? Monsieur Lecoq peut-être ?...
Géographe d'envergure proprement planétaire, familier des phénomènes de glaciations et des immenses espaces sibériens, Pierre Kropotkine (1842-1921) mériterait d'être qualifié, souverainement, de "Prince de l'anarchie". Prince, il l'est de fait, par son appartenance à l'aristocratie russe, au point de faire partie de la cour des Pages du Tsar, et Anarchie, par sa décision, unique dans l'histoire, d'abandonner ses terres, son rang d'officier des Cosaques, et de s'engager comme militant à part entière de l'action et de la pensée anarchistes, dont il rédige des textes devenus des références incontournables - sur l'éthique, comme souci majeur de l'homme, la solidarité comme principe de l'évolution, l'esprit de révolte comme structure inhérente de l'âme humaine (L'Homme révolté, comme dira Camus). L'Esprit de Révolte, courte analyse d'une clarté exemplaire, vaut aussi par sa manière originale d'aborder l'histoire, en focalisant l'intérêt sur sa face d'ombre, sur l'action, singulière, matricielle, de ces "sentinelles perdues", "individus héroïques" et presque toujours anonymes, qui mirent, littéralement parlant, le feu aux poudres, et symboliquement parlant, suscitèrent l'éveil à la lutte et l'entrée volontaire dans l'organisation économique, politique, sociale et culturelle des masses exploitées, manipulées, hallucinées, dupées. Ne l'entendez-vous pas, aujourd'hui, hurler, à travers la planète entière - l'esprit de la révolte?