L'université en porte-à-faux. Auto-socioanalyse d'un universitaire critique d'extraction populaire
Granjon Fabien
BORD DE L EAU
20,00 €
PRÉCOMMANDE
Sortie prévue le 7 mai 2026
EAN :9782385192365
Cet ouvrage est plus qu'un simple témoignage. Il repose sur une enquête d'un genre particulier, une en-quête de/sur soi dont l'enquêteur est aussi l'enquêté. Cet enquêteur-enquêté est, en l'espèce, un enseignant-chercheur, migrant de classe, qui se livre à un exercice d'objectivation de son parcours biographique, mais aussi du "soi cherchant" . Par cet effort particulier d'auto-socioanalyse, il vise à mettre au jour les dispositions nées de sa trajectoire personnelle, notamment liée au fait qu'il soit d'extraction populaire, et qui configurent son rapport au champ universitaire. L'auteur réussit à mettre au jour une partie de l'inconscient social et intellectuel hérité de ses origines de classe au principe des manières de penser et de faire qu'il engage dans le champ académique, qui sont en quelque sorte l'horizon régulateur de sa pratique scientifique et pédagogique. Le travail réflexif ici mis en oeuvre relève d'une sociologie "des formes et des degrés du consentement [et de la résistance] à la domination" (Grignon, Passeron, 1989 : 35) de classe comme de champ et de leurs effets conjoints. Son déploiement permet de révéler combien l'on reste tributaire d'un héritage social et "habité par la structure des rapports sociaux dont [on est] le produit" (Bourdieu, 2004 : 84), mais aussi de souligner que ces rapports sociaux sont partiellement déjouables, sans pour autant tomber dans l'illusion d'une liberté de choix qui auraient été toujours conscients. L'auteur livre un examen critique, sans fard, de son activité contrariée d'enseignant-chercheur en prise et aux prises avec un monde intellectuel qui n'est pas son milieu d'origine. Bien davantage qu'un récit consacré à un cas particulier de migration de classe, cet ouvrage révèle les difficultés à s'ajuster aux règles du jeu culturel et social d'un univers académique qui n'est exempt ni de violence, ni d'injustices.
Nombre de pages
312
Date de parution
07/05/2026
Poids
300g
Largeur
165mm
Plus d'informations
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EAN
9782385192365
Auteur
Granjon Fabien
Editeur
BORD DE L EAU
Largeur
165
Date de parution
20260507
Nombre de pages
312,00 €
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Résumé : L'objectif de Matérialismes, culture et communication est de mettre en cycle et en concordance des savoirs critiques matérialistes traitant de la culture et de la communication. Ce projet encyclopédique entend, pour l'heure, se déployer sur trois volumes. Le présent tome, rend hommage aux approches marxistes, à la Théorie critique, ainsi qu'à la sociologie de la domination culturelle, qui prolongent et enrichissent l'héritage classique du matérialisme historique, lequel a ouvert la voie pour envisager les phénomènes culturels et communicationnels dans la relation qu'ils entretiennent avec le mouvement du capital et le mode de production capitaliste. Ont participé à cet ouvrage : Olivier Agard, David Allen, Antoine Artous, Isabelle Aubert, Marc Berdet, Philippe Coulangeon, David Douyère, Julien Duval, Isabelle Garo, Katia Genel, Fabien Granjon, Haud Guéguen, Razmig Keucheyan, Jean-Marc Lachaud, Michael Löwy, Christophe Magis, Gérard Mauger, Alexander Neumann, Jean-Paul Olive, Michel Sénécal, Jean Vioulac et Hervé Zénouda. Fabien Granjon est sociologue, professeur en sciences de l'information et de la communication au sein de l'université Paris 8 Vincennes à Saint-Denis. Il y dirige le Centre d'études sur les médias, les technologies et l'internationalisation (CEMTI). Il a récemment publié, avec Michel Sénécal, une anthologie en trois volumes des textes d'Armand Mattelart couvrant la période 1970-1986 (Presses des Mines, 2015).
Cet ouvrage est la matérialisation d'un séminaire de recherche qui s'est déroulé à l'Université Paris 8 Vincennes à Saint-Denis en 2012, sous la direction de Fabien Granjon. Intitulé "De quoi la critique est-elle le nom", celui-ci a eu pour principal objectif de proposer à la discussion un ensemble d'interventions visant à préciser ce qu'il est convenu de qualifier "d'approches", de "pensées", de "perspectives" ou encore de "théories" critiques, en essayant d'en spécifier les traits épistémologiques (normativité, dialectique, réflexivité, engagement) et thématiques (idéologies, pathologies, inégalités sociales - notamment en ayant la théorie de la reconnaissance comme fil rouge) les plus saillants. L'ambition n'a pas été d'établir un catalogue systématique des nécessités et des vertus de la critique, mais d'en offrir un échantillon singulier permettant de débattre plus modestement de quelques-uns de ses aspects parmi les plus importants ; perspective couplée à celle d'en défendre l'heuristique à la fois scientifique, politique et sociale. Cet ouvrage regroupe la plupart des contributions qui furent présentées dans le cadre de ce séminaire. Razmig Keucheyan, René Mouriaux, Gérard Mauger, Olivier Voirol, Estelle Ferrarese et Roland Pfefferkorn ont chacun rédigé l'un des six chapitres qui composent le présent opus, lesquels ont été conçus comme autant d'invitations à ouvrir de nouvelles discussions.
Les technologies de l'information et de la communication jouent un rôle de plus en plus essentiel dans la structuration et les transformations de l'ordre social. Ce livre propose une approche critique de cette importance et de la manière dont il est fait aujourd'hui usage d'Internet. Partant de la théorie de la reconnaissance d'Axel Honneth, il montre comment ces usages s'insèrent dans la définition des identités et participent des univers sociaux des sujets. Les pratiques de l'informatique connectée ne peuvent en effet être réduites à la simple manipulation d'artefacts techniques. Elles s'inscrivent dans la matérialité des dispositifs, mais relèvent également des conditions sociales, des sens pratiques et des dispositions des utilisateurs. Ces ajustements sociotechniques peuvent habiliter le sujet, mais également le contraindre. La démonstration s'organise en trois étapes: elle porte d'abord la focale sur les discours accompagnant le développement des TIC et l'émergence de la "société de l'information"; elle s'intéresse ensuite aux inégalités numériques et aux usages de l'informatique connectée que développent les populations socialement défavorisées; elle traite, enfin, des pratiques récentes de mise en visibilité et de mise en récit de soi sur Internet.
Quels usages les classes populaires font-elles de l'informatique connectée ? De quelle manière les inégalités sociales cadrent-elles les pratiques numériques ? Comment ces pratiques influencent-elles, en retour, les existences des plus modestes ? Cet ouvrage entend apporter des réponses à ces questions et à quelques autres que la littérature en sciences sociales a souvent traité sous les auspices de la "fracture numérique" . L'approche ici mobilisée se détourne néanmoins de ce type d'approches et fait sienne l'idée de logiques d'action qui empruntent à la fois aux propriétés sociales des acteurs et des contextes. Les usages des TNIC tiennent à des compétences pratiques, ainsi qu'à des inclinations à agir, croire, penser, sentir, etc. qui, dans le cours de l'action, vont à la rencontre de la matérialité de l'informatique connectée qui est également sociale. Les TNIC équipent les existences populaires, leur donnent des moyens, mais elles peuvent aussi, par leur omniprésence, devenir des cadres dispositionnels et participer au maintien, au renforcement ou à l'infléchissement des parcours biographiques. Depuis ce cadre général sont discutés différents aspects des "inégalités sociales-numériques" (e-exclusion, illectronisme, abandonnisme, inégalités algorithmiques, etc.) qui sont mis en regard des situations et des positions sociales de ceux qui les subissent. Cette pérégrination dans les pratiques populaires de l'informatique connectée permet également d'ouvrir un ensemble de réflexions connexes portant sur la notion de capital numérique, les processus de dématérialisation des services publics, ou encore, la place des émotions dans les mobilisations en ligne des Gilets jaunes.
Les élections ne se gagnent plus dans les urnes, mais dans les flux d'informations qui façonnent nos opinions. Steve Bannon le conseiller de Trump (lors du 1er mandat) ne disait-il pas : "La véritable opposition, ce sont les médias. Et la façon de gérer ça, c'est d'inonder la zone de merde". Nous en sommes là. Chaque jour, des milliards de données sont analysées, triées, amplifiées ou invisibilisées par des algorithmes qui orientent le débat public sans que nous en ayons conscience. L'intelligence artificielle n'est plus seulement un outil : elle redessine les règles du jeu démocratique. Ce livre retrace l'ascension fulgurante de l'IA politique et montre comment la vérité elle-même devient une variable d'ajustement. Cette dérive qui partout met en exergue les "passions tristes" est-elle une fatalité ? Serions-nous condamnés à jamais aux vigueurs orientées des algorithmes ?
Pourquoi un Nouveau manifeste convivialiste ? Parce que, on le voit bien, les conflits qui embrasent désormais le monde, autant ou plus que des conflits économiques, sont des conflits identitaires. Chaque Etat, chaque culture, chaque religion, chaque genre, chaque individu veut être reconnu comme ayant plus ou au moins autant de valeur que les autres. Ces luttes de reconnaissance, par lesquelles chacun veut affirmer une valeur déniée ou retrouver une grandeur perdue (Make America, or Russia, or China etc. great again), sont en train de détruire tous les équilibres moraux et démocratiques hérités. Ils mènent le monde vers une nouvelle lutte de tous contre tous. Vers la barbarie. Le Nouveau Manifeste convivialiste qui, comme les précédents, va être traduit dans de nombreuses langues, se veut une contribution à la préparation d'un grand symposium qui réunira à l'Unesco une centaine de plus hautes autorités intellectuelles, morales et religieuses de notre temps à qui il sera demandé de dire ce qui est autorisé et ce qui est interdit aux humains alors que la survie même de l'humanité est maintenant en jeu.