Philosophie avec personnages. Essai de fictionnalisme politique
Grangé Ninon
MIMESIS
22,00 €
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EAN :9788869764219
La philosophie politique s'en est longtemps tenue à la recherche du meilleur régime possible, sous la forme du traité. Cette histoire prescriptive n'est cependant que la plus visible. À côté des concepts abstraits et généralisants, une tendance plus discrète existe, qui incarne la théorie. Les fictions politiques sont une clef pour qui ne veut pas en rester à l'analyse des strates institutionnelles. Loin d'être un simple un réservoir d'exemples et de cas, le fictionnalisme politique a une fonction épistémique. Mythes, fables, incursions littéraires sont la matière d'une réflexion qui analyse autant qu'elle invente le politique. L'imagination philosophique utilise des personnages conceptuels, qui introduisent à la singularité et à la nuance. L'île, le partisan, Robinson Crusoé ou Benito Cereno, mais aussi Lénine ou Lawrence d'Arabie, peuplent le protagonisme de Haim Burstin, le politique selon Carl Schmitt, le Léviathan de Carlo Ginzburg, l'agora par Hannah Arendt ou le droit de la guerre de Michael Walzer. Cette perspective renouvelle la question du réalisme politique et met en lumière ce que la philosophie doit aux images et à la création.Ninon Grangé est normalienne, agrégée, docteure en philosophie et habilitée à diriger des recherches. Elle est Professeure à l'Université Paris 8. Ses travaux portent sur la guerre, l'état d'exception, la crise, et sur la contribution des esthétiques à la philosophie politique. Elle a notamment publié De la guerre civile (2009), Oublier la guerre civile ? Stasis, chronique d'une disparition (2015), L'urgence et l'effroi. L'état d'exception, la guerre et les temps politiques (2018).
Nombre de pages
266
Date de parution
06/06/2024
Poids
250g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9788869764219
Titre
Philosophie avec personnages
Auteur
Grangé Ninon
Editeur
MIMESIS
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140
Poids
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Date de parution
20240606
Nombre de pages
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Entre horreur et activité normale de l'État, la guerre civile, opposée à la guerre classique, est une absence remarquable de la philosophie politique. Or les convergences entre ces deux catégories hâtivement séparées apparaissent en creux chez des auteurs éloignés comme Machiavel ou Cari Schmitt. ou encore dans les problèmes posés par la recherche des limites, notamment chez les penseurs de la guerre juste, souvent contraints d'amender leur théorie. Guerre civile et guerre extérieure ont pourtant en commun la transgression et la désignation de l'ennemi. La démarche non historique, qui compare la guerre de Trente Ans, la Commune et la guerre d'Espagne, révèle la dialectique entre guerre tolérable et guerre intolérable. Les enjeux se font sociaux et surtout politiques. La guerre civile, interne, partisane, rejoint la guérilla, tandis que les guerres étrangères ne sont pas exemptes de risques internes. Comment déterminer si la guerre du Péloponnèse, la guerre de Sécession ou la guerre d'Algérie sont des guerres internes ou externes? La guerre civile, mal politique absolu, oblige la philosophie à revenir sur l'irrégularité totale ou partielle, et à considérer les intermittences d'un droit de la guerre parfois évanescent. L'articulation entre l'essence transgressive de la guerre et la loi que l'on se donne permet de comprendre le politique comme une conjuration répétée de la guerre intérieure.
Traités, alliances, invasions, massacres : la guerre, qu'elle soit affrontement entre Etats ou conflit civil, est partout présente dans l'Europe de l'âge classique. Comment les philosophies la pensent-elles? Comme un aspect de la puissance politique; comme l'essence ou au moins le risque de l'état de nature; comme un objet juridique qui appelle et renouvelle les anciennes théories de la guerre juste; mais aussi comme un creuset pour une réflexion sur la condition humaine. Juste-Lipse, Grotius, Pascal, Quevedo, Hobbes, Spinoza, Pufendorf : autant de points de vue pour rendre compte de cette réalité multiforme, avant la relecture de Rousseau et des Lumières - avec en contre-point les actes et paroles de l'amiral Coxinga, qui chassa les Hollandais de Taïwan pour garder la mer à une dynastie chinoise déjà disparue.
Carl Schmitt, théoricien sous la république de Weimar de la " dictature souveraine ", se voulut le juriste du IIIe Reich. Connu pour ses travaux de constitutionnaliste, il fut aussi un penseur du politique capable d'appréhender et de critiquer le droit international en mobilisant des connaissances, et parfois des partis pris. à la fois historiques et philosophiques. Le présent volume relit Schmitt sous l'angle précis de sa réflexion sur les relations internationales. Ignorant les cantonnements disciplinaires, Schmitt remet en perspective le droit international public et privé, dans la sphère de la philosophie politique comme dans celle de l'actualité brûlante des procès de Nuremberg, tandis que les concepts théologiques sécularisés ne sont jamais loin. Les contributions rassemblées dans ce volume éclairent ainsi une pensée plus conflictuelle que belliqueuse, tout en montrant un Carl Schmitt miroir paradoxal de différents courants internationalistes d'avant et d'après-guerre. Deux inédits de Carl Schmitt sont traduits ici pour la première fois : " Le concept de piraterie " (1937) et " Sur les deux grands "dualismes" du système juridique contemporain " (1939).
La question « qui suis-je ? » occulte souvent celle de savoir quelle place occupe l'autre dans le processus d'édification de l'identité personnelle. L'autre n'est sans doute pas absent des discours portant sur l'identité et le sujet, mais il est le plus souvent envisagé comme un élément extérieur gravitant autour d'un Moi considéré comme un centre de référence. Or l'autre n'est pas toujours celui qui me fait face, il est bien plus souvent celui qui me fait être. C'est notamment le cas quand l'autre est un modèle, que je le choisisse (figure d'exemple), ou qu'il soit socialement construit et imposé (figure d'exemplarité). L'autre, par qui je deviens celui que je suis, se manifeste donc comme une source féconde de construction de soi.
Dans Le film qui m'est resté en mémoire, Victor Burgin s'intéresse aux souvenirs fragmentaires de films qui traversent fugacement nos pensées, se mélangeant par la suite aux souvenirs d'autres films ou d'événements réels. Constituées, pour l'essentiel, de perceptions et de souvenirs, de telles « images-séquences » n'ont pas été étudiées par la théorie du cinéma ou de la photographie. Nous conduisant des écrits de Roland Barthes à La Jetée de Chris Marker, et en s'appuyant sur les apports de la psychanalyse, l'auteur nous invite à réfléchir sur les enjeux et les usages de nos souvenirs fragmentaires de films.
Louis Althusser est l'initiateur d'une ambitieuse tentative de relecture de l'oeuvre de Marx et de redéfinition du matérialisme historique, afin de déterminer une stratégie révolutionnaire et d'orienter les organisations de lutte de classe. Loin de se limiter à étudier Althusser comme le témoin critique d'une histoire révolue - celle de la crise du mouvement communiste international - cet ouvrage présente des publications posthumes, des textes inédits et des écrits de collaborateurs - Etienne Balibar, Nicos Poulantzas, Jacques Rancière, Alain Badiou, Christian Baudelot et Roger Establet - qui reflètent l'effervescence intellectuelle d'une époque de grande créativité théorique de la pensée française. Car l'intérêt du travail althussérien réside avant tout dans sa tentative de formuler un véritable programme de recherches collectives. Un ouvrage pour redécouvrir un penseur qui pourrait influencer la pratique politique aujourd'hui encore.