La violence politique en Turquie. L'Etat en jeu (1975-1980)
Gourisse Benjamin
KARTHALA
27,00 €
Epuisé
EAN :9782811111380
Entre le coup d'Etat militaire du 12 mars 1971 et celui du 12 septembre 1980, la Turquie a connu une période de violence paroxystique mettant aux prises des groupes radicaux de l'extrême droite et de l'extrême gauche. Cette quasi-guerre civile reste aujourd'hui comme une plaie ouverte dans l'histoire du pays. Elle a débouché sur l'instauration du régime militaire le plus dur que la Turquie ait subi, et dont elle n'est véritablement sortie que dans les années 2000. L'analyse serrée et documentée des tactiques des différents protagonistes du conflit montre que leur investissement des institutions publiques, à commencer par la police, a conduit à une politisation croissante de l'Etat. Contrairement à un lieu commun, l'autonomie de celui-ci par rapport à la société doit être relativisée. L'Etat constitue bien plutôt l'arène primordiale des mobilisations politiques, dont il n'est pas parvenu, en l'occurrence, à endiguer le déchaînement, faute de ressources nécessaires. Cette enquête magistrale reconsidère le mythe de l'Etat " fort " en Turquie. Une leçon qui vaut pour l'Empire ottoman et le régime autoritaire kémaliste de l'entre-deux-guerres, mais qui permet surtout de mieux comprendre la crise politique qui s'est enclenchée en 2013. De nouveau, les institutions publiques, telles que la magistrature et la police, semblent avoir été pénétrées par des forces particulières qui mettent à mal leur impartialité et nourrissent l'imaginaire de l'" Etat profond ". Le spectre de la violence hante toujours le pays, alors même que des élections démocratiques lui ont donné une majorité parlementaire stable depuis plus de dix ans.
Nombre de pages
351
Date de parution
14/04/2014
Poids
440g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782811111380
Auteur
Gourisse Benjamin
Editeur
KARTHALA
Largeur
135
Date de parution
20140414
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351,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Pays laïc et musulman, situé entre Orient et Occident, démocratie en proie à des dérives autoritaires... la Turquie déroute autant qu'elle inquiète. Et la multiplication des crises politiques, militaires et humanitaires qui secouent la région depuis plusieurs années rend plus ardue encore la compréhension de la société turque. Pour tenter d'en saisir la complexité, il est essentiel de sortir des catégories d'analyse trop facilement mobilisées lorsque l'on parle de ce pays : laïcité, modernité, démocratie, nationalisme, etc., qui contribuent à renforcer un discours souvent caricatural. C'est l'objectif de cet ouvrage, fruit de plus de quinze années de travail de terrain et d'une analyse sociologique indispensable à la compréhension des faits sociaux, politiques et culturels.
Pays laïc et musulman, situé entre Orient et Occident, démocratie en proie à des dérives autoritaires... la Turquie déroute autant qu'elle inquiète. Et la multiplication des crises politiques, militaires et humanitaires qui secouent la région depuis plusieurs années rend plus ardue encore la compréhension de la société turque. Pour tenter d'en saisir la complexité, il est essentiel de sortir des catégories d'analyse trop facilement mobilisées lorsque l'on parle de ce pays : laïcité, modernité, démocratie, nationalisme, etc., qui contribuent à renforcer un discours souvent caricatural. C'est l'objectif de cet ouvrage, fruit de plus de quinze années de travail de terrain et d'une analyse sociologique indispensable à la compréhension des faits sociaux, politiques et culturels.
L'Etat turc est généralement présenté comme fort. La tradition bureaucratique de l'Empire ottoman se serait perpétuée, voire renforcée, durant la période républicaine. L'Etat est ainsi perçu comme une entité unifiée et douée de volonté, comme une instance souveraine nettement différenciée de la société et largement imperméable aux demandes sociales. Il est souvent considéré aussi comme l'acteur principal, voire unique, d'un processus de "modernisation" et d'"occidentalisation" volontariste de la société. Partant du constat d'un décalage entre ces manières de concevoir les modes de gouvernement en Turquie, d'une part, et les apports de la socio-histoire du politique et de la sociologie de l'Etat et de l'action publique, d'autre part, cet ouvrage entend dépasser l'idée d'un Etat monolithique et autonome. Ainsi se donne-t-il pour objectif d'ouvrir la "boîte noire" de l'Etat, qu'il analyse comme un système de positions complexe et mouvant. A cette fin, il observe la puissance publique en action et s'intéresse aux multiples acteurs qui interviennent dans l'action publique. Ordonner et transiger : telle est la double face de l'action publique. Elle apparaît comme l'articulation de la légalité et de la légitimité : travail d'homologation, projections d'un ordre sur la distance et la durée, conversion d'une force en droit ou réciproquement, opérations conjointes d'objectivation et de subjectivation. Mais dans le même mouvement se négocient des alliances et des transactions entre domaines privé et public, d'où l'indécision des périmètres d'intervention et les luttes dont la chose publique est la cause. Ce livre est le fruit d'un travail collectif rassemblant historiens, politistes, sociologues, anthropologues et géographes, sur des objets aussi divers que la politique religieuse, les effets socialisateurs du service militaire, l'identification des citoyens ou la production de faux, de la fin de l'Empire ottoman à nos jours. Ils ont cependant en commun de mettre en perspective l'analyse des discours officiels avec les pratiques concrètes de l'action publique, d'éclairer des clivages internes aux institutions et de souligner les chevauchements entre appareil d'Etat et société. Loin de s'adresser aux seuls spécialistes de l'Empire ottoman et de la Turquie, cet ouvrage a sa place dans le débat intellectuel sur la sociologie de l'Etat, la socio-histoire des institutions et l'analyse de l'action publique.
De marginale, la notion d'appel public à l'épargne est devenue centrale. L'ouvrage de Benoît Gourisse vient donc à point nommé. Œuvre d'un spécialiste, il aborde tous les aspects de la question, chacun étant traité pour lui-même, tout en s'intégrant aux autres pour donner une vision d'ensemble complète de l'appel public à l'épargne. Passée du droit des sociétés au droit financier, la notion n'est pas toujours facile à cerner et recèle des zones d'ombre qu'éclaire le présent ouvrage. Technique indispensable de financement des entreprises, mais source d'un risque de masse pour les investisseurs, elle n'est pas autorisée à tous et comporte des contraintes lourdes pour les émetteurs, d'autant plus si c'est pour eux l'occasion d'entrer en Bourse, que ce soit au moment de l'émission ou ensuite, pendant la vie sociale. Enfin, les problèmes nés de la multiplication des appels transfrontières ne sont pas oubliés par l'ouvrage de Benoît Gourisse, spécialement ceux nés de l'utilisation d'Internet. Saluons la clarté, l'intelligence et l'utilité de ce " petit " ouvrage. Jean-Jacques Daigre, Professeur à l'Université Paris I (Panthéon- Sorbonne).
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