CRIS DE HAINE ET RITES D'UNITE. La violence dans les villes, XIIIème-XVIème siècle
Gonthier Nicole
BREPOLS PUBLISH
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EAN :9782503502557
La violence semble une composante permanente de la vie urbaine au Moyen Age. Dans l'espace clos que ménagent les remparts, une société particulière s'est constituée en effet, que des dissensions multiples écartèlent. Jeunes et vieux, laïcs et clercs s'y adonnent également, partageant les rivalités politiques, les querelles d'intérêt, les ranc?urs des laissés-pour-compte, ou les haines que développent parmi les populations chrétiennes la présence de minorités juives ou arabes. Quelles que soient ses manifestations - rixes, assassinats, viols, crimes crapuleux, attentats contre les forces de l'ordre, insultes ou blasphèmes, la violence trouve en ville le support de solidarités constituées et s'inscrit dans les rythmes quotidiens : ceux de l'habitation, de la rue, ou des multiples lieux de rencontre qu'offre la cité. Les temps exceptionnels de la fête ou de la révolte ses accès, la rendent sauvage et passionnelle. Pour la prévenir ou la maîtriser afin qu'elle se maintienne en deçà d'un seuil de tolérance, les autorités imaginent bien des procédés, depuis les instances de conciliation ou les prédications de paix jusqu'à la répression policière, en dépit des faiblesses qu'elle présente. Cependant les peines et les exécutions publiques qui légitiment les manifestations officielles de la pire cruauté, traduisent une interprétation sélective du crime et un jugement inégal des violents. Tolérée lorsqu'elle exprime le style de vie des notables, la violence est réprimée avec ardeur quand elle se charge d'une menace pour l'ordre politique ou social. A la fin du Moyen Age, au moment où la puissance de l'Etat se veut démonstrative, la seconde interprétation devient plus fréquente et marginalise une fraction de la population urbaine dont on exagère ou redoute les excès.
Nombre de pages
239
Date de parution
06/12/1996
Poids
400g
Largeur
137mm
Plus d'informations
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EAN
9782503502557
Titre
CRIS DE HAINE ET RITES D'UNITE. La violence dans les villes, XIIIème-XVIème siècle
Auteur
Gonthier Nicole
Editeur
BREPOLS PUBLISH
Largeur
137
Poids
400
Date de parution
19961206
Nombre de pages
239,00 €
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Apprends tout, tu verras que rien n'est superflu ". Après ce que les historiens sont convenus d'appeler la " Renaissance du XIIe siècle ", le développement de l'instruction est intense, toutes les sources, bibliques et patristiques, grecques et romaines, arabes et juives sont mises à profit. Cependant l'instruction ne recouvre pas toute l'éducation. Dans ce domaine la part de la famille, de l'Eglise, des maîtres et des gouvernants est essentielle. Une acculturation chrétienne progresse par le biais des divers enseignements. Les efforts pour diffuser le savoir réduisent le monopole des clercs, élargissent le champ des langues vernaculaires, mêlent plus confusément cultures orales et écrites, populaires et savantes. Les disparités demeurent cependant en raison de divers obstacles : la condition féminine, la pauvreté, un médiocre accès aux livres et au latin. Si une culture européenne assez unifiée se dessine à travers l'expression théorique des savoirs, les styles et les thèmes littéraires, les courants artistiques, les comportements culturels continuent à indiquer l'existence parallèle de plusieurs cultures qui se rencontrent parfois dans des idéaux et des mythes communs.
Qui se ferait traiter aujourd'hui de " menteur ", de " rouquin ", de " glouton ", de " malheureux ", d' " orgueilleux " ou de " sanglant " rirait sans doute de l'apostrophe, car elle serait, pour l'homme de notre temps, dépourvue de tout contenu critique. Pourtant ces termes constituent des invectives très graves au Moyen Age. Pour en concevoir la portée négative, il faut comprendre les critères d'exclusion que les mots recouvrent. Plus qu'aucun autre langage. celui de l'injure révèle en effet les normes qui dessinent la frontière entre le Bien et le Mal, le licite et l'interdit. C'est à la découverte des valeurs et des tabous partagés par les sociétés de la fin du Moyen Age que cet ouvrage convie le lecteur. Une première partie présente la réalité sociale et judiciaire de l'injure, en propose une typologie, analyse son pouvoir criminogène ou son utilisation vindicative, mesure ses rapports ,à la sociabilité, à la fama, à l'honneur, apprécie la façon dont elle est proférée, reçue, jugée, pénalisée. La seconde partie de l'ouvrage est conçue comme un lexique des paroles insultantes les plus usitées ou les plus insolites. Les 82 notices exposent le sens étymologique des mots puis les normes éthiques et religieuses qui leur confèrent une spécificité injurieuse. En découvrant les termes crus de l'injure médiévale, le lecteur entre ainsi dans la familiarité des sociétés de cette époque et discerne en abyme les valeurs et les mentalités qui en font l'originalité.
Mars 1476. Les Lyonnais se préparent, ornant portes et rues, à fêter le roi Louis XI qui vient séjourner plusieurs mois dans leurs murs. Mais voici que la découverte d'un riche drapier assassiné sur le parcours de l'entrée royale semble mettre en cause le peintre en charge des décors. Pour le prévôt de police, Arthaud de Varey, trouver les mobiles de ce meurtre n'est pas chose aisée tant la victime suscitait la haine de tous : intrigue familiale impliquant l'épouse ou les fils ? Vengeance d'un subordonné ou élimination d'un concurrent ? Crime passionnel ou assassinat politique ? Dans cette ville où le roi installe son gouvernement, négocie ses alliances contre Charles le Téméraire et retient prisonnier un prince rebelle, basses besognes, corruption et manoeuvres politiques compliquent la recherche de la vérité. Confronté aux mensonges de tous les protagonistes et aux erreurs de l'instruction, le prévôt aura besoin tout autant de l'astuce du jeune Guillaume que du secours armé du bailli royal pour démasquer l'auteur du crime et faire échec à de sombres projets.
Nicole Gonthier a été professeur d'Histoire du Moyen Age à l'Université Jean Moulin-Lyon 3 de 1992 à 2012. Spécialiste de l'Histoire de Lyon et des sociétés marginales de la fin du Moyen Age, auteur de plusieurs ouvrages académiques sur le sujet, elle a également publié un premier roman, Le Crime de la rue de l'Aumône, aux éditions Pygmalion.
Témoignage des contacts de culture dans l'Espagne d'Alphonse le Savant, le Picatrix se présente comme une traduction d'un original arabe (le Ghâyat Al-Hakîm), auquel le ou les traducteurs ont beaucoup retranché ou ajouté. L'ouvrage expose les connaissances de toute nature indispensables à qui veut agir sur le monde et les hommes : fabrication des talismans, exploitation de tous les règnes - minéral, animal et végétal -, prières aux planètes, données astrologiques, physiques et philosophiques. La pratique magique s'inscrit ainsi dans un cadre philosophico-religieux très particulier où l'hermétisme et le néoplatonisme sont associés à l'orthodoxie religieuse. Le Picatrix illustre parfaitement l'idée selon laquelle la magie n'est pas seulement un reflet de la science, mais se présente aussi comme un système complet, une méthode de pensée, de croyance et de savoir. Il a exercé une profonde et durable influence au Moyen Age et à la Renaissance.