Ce livre se donne un double objet. A travers l'examen de quelques grandes structures des Liaisons dangereuses de Laclos (l'espace et les objets, le temps, le système épistolaire, les passions, le libertinage), il voudrait susciter du même coup une réflexion sur la critique littéraire. Non pas celle qu'elle se rêve dans la parade étincelante des méthodes, mais telle qu'elle s'exerce sur le terrain. C'est pourquoi le dernier chapitre, sans cesser de se tenir au plus près du roman, se livre à un dialogue assez animé autour de deux questions principales : y a-t-il un projet moral possible dans le chef-d'?uvre du libertinage, et sa modernité partout célébrée tient-elle à la découverte de l'indécidabilité des énoncés littéraires ? L'auteur fuit le jargon, mais pas le corps à corps avec les idées adverses.
Nombre de pages
204
Date de parution
24/03/2001
Poids
225g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782714307484
Titre
Le vice en bas de soie ou le roman du libertinage
Auteur
Goldzink Jean
Editeur
CORTI
Largeur
135
Poids
225
Date de parution
20010324
Nombre de pages
204,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Henri Beyle, garnement de Grenoble mûri dans les campagnes napoléoniennes, trouve à Milan sa patrie d'élection, sa vocation et son nom d'emprunt : Stendhal. Vies d'artistes et récits de voyages lui valent la notoriété. Il avait rêvé de théâtre, mais c'est par le roman qu'il s'impose, en 1830, avec Le Rouge et le Noir. Consul à Civitavecchia, il s'y ennuie à périr et s'adonne aux délices de l'autobiographie et de la fiction. Un congé à Paris lui permet de dicter, en deux mois, La Chartreuse de Parme. Jean Goldzink suit les traces d'un écrivain qui voulut vivre et écrire le bonheur et la gloire, et qui n'a cessé de se raconter.
Le régent le loge à la Bastille: il s'y invente le nom qui le fera roi. Un aristocrate le rosse: il court apprendre à Londres la langue de la liberté. Frédéric II le cajole à Berlin et l'enferme à Francfort, Louis XV lui interdit Paris: il reçoit l'Europe à Ferney. La Révolution le couche au Panthéon: il préfère rire avec nous de la bêtise et du fanatisme.
Dans l'immense amas des études sur Montesquieu, y a-t-il un ouvrage sur les passions ? Ce n'est pas certain. Si l'intérêt pour Montesquieu n'a jamais faibli, les passions ont quasiment disparu des études littéraires, mais demeurent en philosophie. Or on peut douter de la possibilité de comprendre réellement l'âge classique sans elles. Il s'agit donc ici d'examiner le rôle des passions dans les principales ?uvres de Montesquieu : Lettres Persanes et autres romans, Considération sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence, De l'esprit des lois, Spicilège, Mes pensées... Cette étude remplirait son ambition si elle contribuait à réhabiliter les passions comme principe anthropologique et poétique de l'âge classique, et du même coup à intéresser ensemble les littéraires et les philosophes qui, bon gré mal gré, se partagent Montesquieu.
« Dans le vol onirique, si nous revenons au sol, une impulsion nouvelle nous rend aussitôt notre liberté aérienne. Nous n'avons à cet égard aucune anxiété. Nous le sentons bien, une force est en nous et nous connaissons le secret qui la déclenche. Le retour vers la terre n'est pas une chute, car nous avons la certitude de l'élasticité. Tout rêveur du vol onirique possède cette connaissance de l'élasticité. Il a aussi l'impression du bond pur, sans finalité, sans but à atteindre. En revenant vers la terre, le rêveur, nouvel Antée, retrouve une énergie facile, certaine, enivrante. » (Gaston Bachelard)
« Si le regard des choses est un peu doux, un peu grave, un peu pensif, c'est un regard de l'eau. L'examen de l'imagination nous conduit à ce paradoxe : dans l'imagination de la vision généralisée, l'eau joue un rôle inattendu. L??il véritable de la terre, c'est l'eau. Dans nos yeux, c'est l'eau qui rêve. Nos yeux ne sont-ils pas ?cette flaque inexplorée de lumière liquide que Dieu a mise au fond de nous-mêmes? ? Dans la nature, c'est encore l'eau qui voit, c'est encore l'eau qui rêve. » (Gaston Bachelard)
À la suite d'un chagrin d'amour, Aldo se fait affecter par le gouvernement de la principauté d'Orsenna dans une forteresse sur le front des Syrtes. Il est là pour observer l'ennemi de toujours, replié sur le rivage d'en face, le Farghestan. Aldo rêve de franchir la frontière, y parvient, aidé par une patricienne, Vanessa Aldobrandi dont la famille est liée au pays ennemi. Cette aide inattendue provoquera les hostilités... Dans ce paysage de torpeur, fin d'un monde où des ennemis imaginaires se massacrent, le temps et le lieu de l'histoire restent délibérément incertains dans un récit à la première personne qui semble se situer après la chute d'Orsenna. Julien Gracq entraîne son lecteur dans un univers intemporel qui réinvente l'Histoire et donne lieu à une écriture qui s'impose avec majesté, s'enflamme au contact de l'imagination. Pour Le Rivage des Syrtes Julien Gracq obtint en 1951 le prix Goncourt, qu'il refusa.