Les boîtes - puis la décision, Le silence de chacun, Faute de parler, A proprement parler : quatre des douze titres publiés à l'Escampette par Allain Glykos, sont ici rassemblés. L'ensemble est enrichi d'une préface écrite par Claude Chambard. Dans Les boîtes puis La décision, Clémence et le narrateur affrontent la mort d'un père disparu pendant l'enfance qui fait resurgir des souvenirs enfouis et un secret de famille. La douleur est telle que les mots pour la dire sont difficiles à trouver. "Les mots resteront ce qu'ils sont et le langage écrit aussi. Alors, il me faut lire, jusqu'à ce qu'avec les mots des autres je puisse draguer au fond de moi, pour qu'ils parviennent à trouver un sens et m'aident à me délivrer à mon tour. J'écris pour devenir visible à moi-même." Le silence de chacun évoque la maladie du frère d'Alexandre dont la lente agonie fait réfléchir au sens de la vie, à l'essentiel, à son amour pour Léna, à son désir de voyage, à ses liens avec ses parents, murés dans leurs habitudes et leur incompréhension de vivre une situation insupportable, celle de perdre un enfant. On retrouve Alexandre dans Faute de parler, qui raconte la mort de sa mère, occasion de se souvenir, de se remémorer l'enfance, l'amour silencieux de la mère. "Les regards suggèrent des phrases que l'on parvient à lire sans qu'aucun mot ne sorte de notre bouche." Le coup d'envoi de A proprement parler est une phrase lancée à la cantonade lors d'une réunion de famille, qui devient le prétexte pour écrire : "Je ne me souviens pas l'avoir vu se laver". A partir de cette accusation, l'auteur détricote le sens des mots en prenant l'expression au pied de la lettre, ce qui lui permet d'évoquer sa fratrie, ses parents, son adolescence... avec un humour ravageur et subtil. Rires, larmes, secrets, mensonges se disent dans les silences et les paroles des protagonistes. La fascination de l'auteur pour le pouvoir magique de la langue est à chaque fois le déclencheur du récit. Nous avons souhaité réunir ces livres dans notre collection de poche, afin d'offrir à de nouveaux lecteurs la possibilité de les découvrir, de montrer la cohérence du propos, les références d'un texte à l'autre comme autant d'indices et, notamment, le rôle énigmatique des femmes, miroirs sans concession des petits moments de la vie. N'en parlons plus, tel est le titre donné à ce volume. Mais est-il possible à l'auteur de n'en plus parler, au moment même où nous publions son dernier ouvrage, Poétique de famille ?
Nombre de pages
366
Date de parution
22/09/2015
Poids
294g
Largeur
110mm
Plus d'informations
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EAN
9782356080851
Titre
N'en parlons plus
Auteur
Glykos Allain ; Chambard Claude
Editeur
ESCAMPETTE
Largeur
110
Poids
294
Date de parution
20150922
Nombre de pages
366,00 €
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Dès son premier livre (Les Boîtes puis la Décision), Allain Glykos posait la question du rapport qu'entretiennent la beauté avec la mort, l'art avec la violence, la peur avec le courage... L'argument de ce nouveau roman est simple, voire dépouillé : un couple (le narrateur et sa compagne) occupe, dans un hôtel espagnol proche d'un musée d'art contemporain (le but du voyage...), une chambre voisine de celle où se déroule, durant la nuit, une scène de violence. Tout dans ce roman devrait appeler au bonheur, ou du moins à une forme d'équilibre : la beauté des lieux, l'harmonie des formes, la présence évidente du génie artistique, la relation de couple. Puis, une scène de violence, sans doute réelle, mais peut-être fantasmée, va ébranler l'édifice, rendre dérisoire tout sentiment de bonheur, et surtout tendre au narrateur un cruel miroir dans lequel il sera contraint de se reconnaître faible, lâche, traître aux grands sentiments qu'il inspire à sa compagne. Quelle part sommes-nous prêts à prendre dans le malheur des autres ? Jusqu'où chacun est-il prêt à prendre parti ? Et l'art, en l'occurrence la peinture, l'évocation de quelques peintres majeurs, peut-il nous sauver de tout ? Une fois de plus, Allain Glykos nous embarque dans une narration à première vue anodine pour nous piéger dans ses questionnements philosophiques qui n'ont pour sujet que " l'homme face à lui-même ".
La journée d'un écrivain invité à s'installer derrière une pile de livres pour le difficile, voire douloureux, exercice de la signature. En plein mois d'août, dans un lieu touristique, l'écrivain, accoudé à sa " table de formica beige modèle cantine scolaire ", retiendra-t-il l'attention ? Provoquera-t-il l'hilarité ? Déclenchera-t-il des moqueries ? Ou restera-t-il invisible ? Plus utilement, il se transformera en observateur de la molle humanité en vacances et deviendra le chroniqueur du temps qui passe, en plein mois d'août, dans un lieu touristique. Un récit désopilant !
1Cette histoire a dû exister. Elle est du souvenir, des soirs où mon père raconte. Fragments trouvés, inventés. Elle est vraie désormais dans les mots. Vraie, comme le sont les histoires des archéologues, construites à partir de bouts de céramique, d'os, de signes sur un mur. Quelques paroles, quelques fossiles, quelques âmes. L'histoire devient voyage, le voyage, écriture. Détour de phrase, retour à la ligne, accident.Un voyage vieux de soixante-dix ans, peut-être davantage, dont il ne reste aujourd'hui qu'un tas de paroles en vrac, mêlées, usées par le temps, des souvenirs dans le désordre. Les choses en ordre sont dans les livres.Depuis tant d'années que mon père ressasse et embellit, les images se sont inscrites. A présent, elles reviennent. Elles sont de la mémoire. Elles sont peut-être aussi de la mythologie. Les Grecs ne sont pas toujours très au clair avec le passé et laissent volontiers la légende glisser vers l'Histoire, quand ils ne la font pas contemporaine pour quelque autre dessein.Tout a commencé en Asie Mineure, à Vourla près de Smyrne - aujourd'hui, Izmir sur les cartes -. Puis, en un grand dérangement se sont succédé des noms de lieux et de villes: Cesmé, Samos, Le Pirée, Nauplie, Héraklion, Vori. De nouveau Héraklion, puis Athènes, Marseille, Bordeaux.2Manolis a-t-il quinze ans? Zone d'ombre, zone d'incertitude. On l'aura fait naître avec le bombardement des Dardanelles. Pourquoi pas? Qu'est-ce que ça change, puisqu'il est, pour longtemps, en route? Autant vouloir mesurer avec précision un galet qui toujours va et vient, une feuille qui tombe, des sentiments qui se mêlent. Quel instrument rendrait possible une telle opération?Il travaille aux bains des soies. Huit heures par jour, il roule et déroule les rames de tissus que saturent les teintes lourdes ou chatoyantes. De temps à autre, il apporte un échantillon au contremaître qui vérifie à la loupe la qualité de l'imprégnation. Aujourd'hui, le patron a fait venir Manolis, le petit Micrasiate dont il est très satisfait, pour dissiper une rumeur. On dit que lui aussi veut quitter la Grèce. Partir, émigrer. A l'usine, il apprend un bon métier, il gagnera honnêtement sa vie, pourra nourrir une famille. Ses frères réfugiés chantent de bien belles histoires. Manolis est-il trop jeune, ou trop fou, pour connaître ce chant d'amour?Je suis un ouvrier comme il faut...Un artiste fameux, un lion au travail...Je te construirai une maison...Tu me feras frire des poissons, et des betteraves à l'aïoli...Et on passera nos soirées en résiné et en baisers...
Allain Glykos est un auteur phare des éditions L'Escampette. La sortie conjointe de deux livres pour la rentrée littéraire marque une volonté de la maison d'édition de souligner les liens de confiance qui se sont tissés avec l'auteur, et qui perdurent avec la nouvelle équipe en charge de L'Escampette. Poétique de famille ponctue une histoire, une histoire de famille. Pour Allain Glykos, la famille est la source de l'écriture. Ses différents textes jalonnent l'histoire familiale, et mettent en évidence les personnalités, les traits de caractère, les histoires personnelles de ses parents et de ses frères et soeurs. Dans chaque livre, un événement sert de prétexte à raconter. Dans Poétique de famille, c'est la mort du père qui réunit les protagonistes. Les tensions sont palpables, les rancoeurs tenaces, les liens indéfectibles. Les langues se délient pour exprimer le chagrin, les souvenirs - heureux et malheureux -, les reproches aussi, et tout ce que des circonstances tristes peuvent amener à dire. La plume d'Allain Glykos plonge dans l'oralité, au coeur de cette famille : tout ce qui est écrit est dit, par l'un ou l'autre des personnages. Le texte est une suite de réflexions, tirades, dialogues, monologues parfois : c'est un livre de paroles, où l'auteur une fois de plus affirme l'importance qu'ont pour lui les mots. Ce procédé d'écriture permet au lecteur de se sentir concerné, comme si la situation, qui peut arriver à tout le monde, l'incluait pleinement. Et surtout, Allain Glykos réussit le tour de force de faire rire, grâce à son humour décapant et féroce qui bouscule les convenances, allège le poids du chagrin et balaie les non-dits.
Jean-Jacques Salgon est né en Ardèche où il a fréquenté la petite école de son père, instituteur laïque, républicain et pédagogue adepte des méthodes Freinet. Ce rude pays et ce père au caractère trempé auront sur lui et sur ses livres une influence profonde. Papa firme la pipe est un hommage à ce père mort à 96 ans. Le premier tableau du livre nous le montre, couché dans son cercueil, revêtu d'habits qui le font ressembler à un Communard fusillé par des Versaillais. Puis, de tableau en tableau, on remonte le temps dans un récit empreint de nostalgie et d'humour. On aperçoit Gérard Philipe à Avignon, Geneviève Page au volant de sa BMW décapotable bleue et quelques autres, on part en vacances en Italie en caravane, on roule en 2 CV glorieuse, et à force de remonter le temps on se retrouve en culottes courtes, dans la classe de l'instituteur, où le futur auteur s'exerce à écrire au tableau: "Papa fume la pipe, maman fait du café"
Ecrit après une rupture sentimentale et une douloureuse expérience de la solitude, ce livre est un florilège de petites pièces très musicales, empreintes de mélancolie. C'est aussi un acte de confiance en la poésie pour réinventer la vie..."J'aime le mot sonate que même les musicologues éprouvent bien du mal à définir. Sonate est ce qui vibre, s'opposant à ce qui chante, la cantate. Voilà bien ce que je cherchais ici, vu le thème de la solitude, une vibration plutôt qu'un chant, encore moins un cri, un soupir."
Qu'est-ce pour vous que la poésie ? " demandait-on un jour à Antonella Anedda. Et telle fut sa réponse : " C'est ma réalité, enfoncée dans ma vie : c'est une racine, et parfois une lame. " Une racine qui la relie à la totalité de la terre et du cosmos, aux vivants et aux morts, à la parole même de ce qui semble ne pas avoir de voix. Et une lame qui ouvre au monde, annonce une blessure, mais devient aussi l'emblème du tranchant de la poésie. La force d'un livre comme Nuits de paix occidentale (1999) semble tenir à une tension toujours renouvelée entre un souci de réserve pudique, de loyale retenue où le chant révèle sa part d'ombre et de silence, et un élan profond, une ardeur immédiate dans le don de soi, dans l'incandescente offrande de parole.