Ce volume collectif est issu du premier colloque français consacré à Käthe Kollwitz alors que l'historiographie se développe surtout en Allemagne et aux États-Unis. Le principal enjeu en est de sortir du domaine des spécialistes de l'estampe et de faire d'une lacune, le peu de développement de la recherche sur Kollwitz en France, un potentiel heuristique. Le parti-pris était en effet d'ouvrir le propos du colloque à des chercheurs et chercheuses extérieur-e-s au champ de l'estampe allemande, de proposer une lecture croisée de l??uvre de Kollwitz, en invitant non seulement des chercheuses et chercheurs en histoire de l'estampe et en histoire de l'art mais aussi en histoire de la photographie, en histoire culturelle ou en études germaniques. Chacun considérant Kollwitz sous l'angle de ses connaissances mais aussi des objets et méthodes propres à sa discipline, leur confrontation permet ainsi de renouveler la recherche sur l'artiste. Trois lignes forces structurent l'ensemble des contributions de ce volume. La première interroge les fonctions de l'image dans l??uvre de Kollwitz, à travers l'expressivité des sujets qui, avec récurrence ou au contraire de manière plus marginale, sont chargés d'une signification symbolique, dans le champ artistique ou l'espace social, et jusque dans la pénombre discrète voire secrète de l'atelier, en explorant les potentialités de la gravure, de la photographie ou de la sculpture dont l'artiste a été la praticienne. La deuxième voie d'approche examine la situation de Kollwitz face à l'histoire, en éclairant la confrontation de l'artiste aux combats et violences de son temps, qu'elle vécut dans un enthousiasme parfois inquiet (la révolution allemande) ou qu'elle subit dans la douleur (la mort d'un fils tué à la guerre, dès l'automne 1914, la convertit au pacifisme), cependant qu'à partir de 1933 le nazisme lui retirerait ses droits d'artiste et d'enseignante en la plongeant dans la nuit de l'art décrété dégénéré. La troisième et dernière partie de l'ouvrage réunit des essais interrogeant la portée de l??uvre de Kollwitz, en s'intéressant à ses réceptions et ses lectures comme autant d'interprétations qui, parfois, croisent d'autres destins d'artistes, tels George Grosz ou Lea Grundig, et qui varient selon des contextes changeants : l'engagement de l'artiste dans l'Allemagne des années 1920, sa postérité dans la RDA d'après 1945 ou les significations de la monumentalité de son ?uvre dans les régimes d'idéologie communiste. Contributions de : Aurélie Arena, Claire Aslangul-Rallo, Jérôme Bazin, Annette Becker, Marine Branland, Jean-Numa Ducange, Thierry Dufrêne, Marie Gispert, Christian Joschke, Philippe Kaenel, Morgane Lafagne, Juliette Mermet, Denis Pernot, Emmanuel Pernoud, Chiara Ripamonti, Bertrand Tillier, Catherine Wermester.
Nombre de pages
334
Date de parution
19/08/2022
Poids
658g
Largeur
163mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782850350658
Titre
Käthe Kollwitz. Regard(s) croisé(s)
Auteur
Gispert Marie ; Tillier Bertrand
Editeur
ATELIER CONT
Largeur
163
Poids
658
Date de parution
20220819
Nombre de pages
334,00 €
Disponibilité
Sur commande en 4-6 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Comment fonctionne la critique d'art ? Quelles sont les relations unissant artistes et critiques ? Rarement réédités depuis leur parution au Mercure de France entre 1890 et 1914, les textes présentés ici abordent la critique d'art selon des présupposés théoriques, mais aussi comme un exercice pratique qui constitue le quotidien du critique. Une nouvelle image du Mercure se dessine : jamais la revue n'a été étudiée autrement due comme un organe de la presse symboliste, préoccupée surtout de littérature. On y voit pourtant s'affirmer une critique d'art originale, gageant sur la diversité des opinions suscitées par l'impressionnisme et ses suites, Gauguin, Cézanne ou Van Gogh, et largement ouverte aux mouvements artistiques naissants - fauvisme, cubisme et futurisme.
Kollwitz Käthe ; Gispert Marie ; Bohnke Jutta ; Pe
Recueillant pour la première fois en France l'ensemble des écrits de Käthe Kollwitz de 1908 à 1944, cet ouvrage associe effet de révélation et souci d'exhaustivité. Bien souvent résumée à ses puissants engagements politiques, l'artiste y apparaît dans toute la densité de son existence individuelle ; et l'on comprend dès lors que ses choix militants, face aux questions de son époque, ne méritent pas moins d'être appréciés à l'aune de ses doutes intimes, des angoisses liées à son travail et du souci de son entourage. Mise en perspective dans la préface de Marie Gispert, augmentée d'un vaste cahier iconographique retraçant l'évolution du travail de Kollwitz, ainsi que d'une centaine de documents photographiques totalement inédits en France, la présente édition constituera l'ouvrage de référence pour tous ceux qui souhaitent approcher l'oeuvre de cette grande figure artistique.
Comment enseigner les sciences? Les auteurs réunis ici apportent à ce débat des éléments historiques inédits d'une incroyable actualité. L'enseignement secondaire tel que nous le connaissons est en effet largement tributaire de la réforme de 1902 mais, si les modalités de refondation du lycée au début du XXe siècle sont bien connues des historiens des sciences et de l'éducation, un ensemble de conférences données en 1904-1905, dans le but "d'accompagner" ladite réforme, méritait d'être étudié: des savants renommés - parmi lesquels Henri Poincaré, Vidal de La Blache ou Paul Langevin - furent invités à s'exprimer devant les enseignants. Les textes furent ensuite imprimés et diffusés dans tous les lycées. Ces conférences provoquèrent une réflexion d'ensemble sur la science, l'épistémologie et la pédagogie. Elles témoignent de l'humanisme profond des responsables pédagogiques du début du XXe siècle: on verra que, lorsqu'ils réclamaient une plus grande convergence des disciplines scientifiques, ils se préoccupaient d'abord de transmettre aux élèves leur "enthousiasme" pour les sciences. Cette fine analyse de l'esprit de la réforme de 1902 est aussi un précieux compte rendu des considérations pédagogiques du début du siècle dernier. Leur actualité, en plus de nous étonner, vient nous rappeler l'intérêt et l'importance d'un débat de grande ampleur sur l'enseignement.
L'ouvrage examine l'histoire des calendriers, l'explication des mouvements apparents du soleil qui le sous-tendent, l'explication détaillée de la formalisation de notre calendrier et propose la réalisation d'un almanach sur un tableur. Il est accompagné d'annexes. La partie historique touche le plus large public, par l'intérêt du sujet commun à tous, le reste de l'ouvrage demandant une culture scientifique de base. Il intéressera tout spécialement les astronomes amateurs, les professeurs qui y trouveront des exercices, les étudiants en physique et les informaticiens.Le calendrier est une merveilleuse invention humaine basée sur l'astronomie, développé pendant des millénaires et reflétant la perception du temps des différentes civilisations. Sa longue histoire nous donne les clés pour comprendre comment il régit actuellement nos existences. Des premières tentatives jusqu'au calendrier grégorien que nous utilisons, la route a été pavée de difficultés. Sur quoi fonder le découpage du temps ? La Lune a fait miroiter une solution apparemment facile, mais ce n'était qu'un mirage et de plus, elle n'est pas en accord avec le Soleil. Il a fallu choisir ! Les principales solutions essayées dans le monde sont ici présentées et comparées. Aujourd'hui, un nouvel exemplaire de calendrier sort chaque début d'année. Comment le construit-on ? Comment détermine-t-on les années bissextiles et les dates des fêtes ? Le problème est complexe mais nous levons le voile sur des solutions simples pour aboutir in fine à la réalisation d'un almanach sur un tableur. Étudiants, professeurs, astronomes amateurs et informaticiens puiseront ici des informations et des exercices peu courants. Mais les curieux ayant quelques bases scientifiques apprendront eux aussi beaucoup de la confrontation des calendriers grec, égyptien, julien, grégorien, hébraïque, musulman, chinois ou maya. Ce livre vous apportera aussi de nombreuses réponses sur des expressions employées quotidiennement. Ne renvoyez pas sa lecture aux calendes grecques !
Cet ouvrage est la traduction d'une sélection d'articles du critique et historien d'art étatsunien Robert Storr, acteur essentiel de la scène contemporaine depuis les années 1970. La traduction de Robert Storr s'impose d'abord en raison du rôle central qui a été le sien dans la réception d'une scène artistique américaine parvenue à maturité, émancipée de la tutelle européenne et capable d'articuler une tradition d'avant-garde suffisamment riche et continue pour susciter ses propres retours critiques. Storr se fait ainsi le chroniqueur attentif des séquelles du formalisme greenbergien, des surgeons de l'art conceptuel et minimal et de l'émergence du postmodernisme, qu'il observe avec une conscience aiguë des enjeux soulevés par les avant-gardes du début du xxe siècle. C'est précisément en dialogue avec les attitudes esthétiques propres aux avant-gardes et à la postmodernité que, bousculant les hiérarchies, il s'intéresse avec une inlassable curiosité aux pratiques les plus traditionnelles et à la culture populaire - avec une longue prédilection pour les formes du grotesque. De cette ouverture témoigne également son attention à la circulation de la production contemporaine entre Europe et Amérique du Nord. Observateur avisé des débats politiques et sociaux qui nourrissent la création artistique, il développe enfin un discours critique, sensible à l'expression des minorités, qui anticipe l'ambition des studies sans jamais renoncer à l'exigence conceptuelle ni céder aux modes intellectuelles. La production critique de Robert Storr s'illustre également par sa qualité littéraire et intellectuelle, nourrie d'une connaissance approfondie de la théorie et de l'histoire de l'art mais aussi de l'expérience du travail en atelier et du processus de production. La situation de chaque artiste dans l'histoire, il ne l'appréhende pas seulement en fonction du développement logique de chaque discipline à l'intérieur du vaste processus de la modernité - comme le formalisme américain s'y est longtemps astreint -, mais aussi des nécessités propres à l'artiste, de sa biographie et de son environnement matériel dans un contexte social donné.
des Forêts Guillaume ; Rabaté Dominique ; Bettenco
Prolongeant la publication en 2015 des oeuvres complètes de Louis-René des Forêts en "? Quarto ? ", ce livre collectif présente pour la première fois de manière exhaustive tout l'oeuvre peint et dessiné de l'écrivain. On connaissait déjà par des expositions dans les années 70 et par des publications en revue (notamment le "? Cahier du Temps qu'il fait ? " en 1991, certaines reproductions dans le "? Quarto ? ") l'activité picturale de Louis-René des Forêts, à laquelle il s'est consacré durant plusieurs années alors qu'il avait cessé d'écrire. Mais on en avait jamais eu que des vues partielles, plus ou moins bien reproduites. C'est donc un manque que vient combler cette publication collective, en permettant de reproduire en grand format les soixante et une peintures de l'auteur et la totalité de ses dessins. L'ouvrage sert donc de catalogue raisonné de toute cette oeuvre secrète pour la donner à voir de la façon la plus exacte et la plus agréable, de la découvrir enfin dans l'ampleur et l'originalité de ses compositions, dans la variété de ses réalisations plastiques. Reprenant son titre à celui d'un des tableaux de des Forêts, cet ouvrage propose aussi une véritable enquête biographique et critique de la constitution de l'oeuvre picturale, en reprenant patiemment la chronologie des dessins et des tableaux, pour établir précisément l'archéologie ancienne d'une activité qui remonte aux années de collège entre 1930 et 1932. On trouvera ainsi l'ensemble des dessins que le jeune des Forêts fait sous nom d'emprunt de ses camarades et de ses maîtres, et où il jette les bases de l'univers adolescent qui irrigue son oeuvre jusqu'à Ostinato. On découvrira aussi une série de dessins de facture plus réaliste, des choses vues prises plus ou moins sur le vif, comme lors d'un voyage en Angleterre en 1970. Il faut donc souligner que l'ouvrage donne accès pour la première fois à une part véritablement cachée de l'oeuvre, qui est ainsi mise en rapport avec les tableaux, eux aussi donnés à voir pour la première fois de façon exhaustive, et dans un format qui leur rend mieux justice. Cessant d'écrire entre 1968 et 1974, Louis-René des Forêts trouve dans la liberté du dessin et dans l'aventure de la gouache une autre manière de s'exprimer, sans doute plus proche d'un monde onirique auquel il donne libre cours, dans des compositions souvent baroques qui jouent des effets de redoublement et de miroir. Quand il entreprend à partir de 1975 "? Légendes ? " qui deviendra Ostinato, il pose définitivement crayons et pinceaux. Mais le détour par la peinture, par les visions qui s'imposent à lui pendant ces années, a nourri le retour à une écriture poétique et obliquement autobiographique. Pour accompagner ce voyage dans les tableaux et les dessins, l'ouvrage propose aussi plusieurs pistes de réflexion sur les liens entre écriture et dessin. L'introduction de Dominique Rabaté revient sur la puissance onirique des tableaux. Bernard Vouilloux établit avec soin la chronologie des dessins en commentant précisément leur évolution. Pierre Vilar déplie les trois temporalités qui fabriquent le pouvoir d'étrangement de visions qui consonnent avec celles de Klossovski ou de Bettencourt (dont les textes sont ici repris en fin de volume). Nicolas Pesquès suggère deux récits critiques qui rendent compte du hiatus et des liens entre littérature et peinture chez des Forêts.
Sans qu'on y prête attention la notion de chef-d'oeuvre est sortie du vocabulaire de l'art contemporain. On ne parle plus de chef-d'oeuvre que pour l'art du passé, et encore. Pris séparément, les mots qui composent l'expression sont eux-mêmes démodés. A l'heure du management libéral, "Chef" et "oeuvre" sonnent trop "vieux monde" , on ne trouve plus de chefs que dans quelques niches : les gares, les cuisines, les orchestres symphoniques... ! Les artistes pensent davantage leur production comme un continuum au sein duquel les pièces découlent les unes des autres et pour lequel c'est la cohérence de l'ensemble qui fait sens. A l'heure des réseaux sociaux et de l'interactivité sans fin, il y a dans "chef" et dans "oeuvre" quelque chose de bourgeois et de vaniteux qui date. Les historiens eux-mêmes n'utilisent plus guère le mot, même pour les oeuvres anciennes préférant laisser cette forme superlative à la littérature touristique et à l'emphase des marchands. On peut donc se demander de quoi cette disparition est-elle le symptôme, par quoi elle a été comblée et ce qu'est devenu ce mot maintenant qu'il ne joue plus son rôle de référence absolue, s'il a rejoint les poubelles de l'Histoire ou s'il se tient tapi dans des limbes d'où l'on peut s'attendre de le voir surgir à un moment ou à un autre. Le livre se propose de voir ce qu'il en est du chef-d'oeuvre aujourd'hui et si sa disparition est un symptôme permettant de comprendre notre contemporanéité. Deux textes pour deux approches différentes, celle d'un artiste et celle d'un critique. Deux approches qui se reflètent, se complètent, se contredisent... pour que chacun puisse faire le procès critique de cette notion.
Aucun poète, aucun écrivain ni aucun philosophe de la tradition française et européenne ? pas même Diderot, pas même Stendhal, pas même Baudelaire, Proust ou Rilke ? n'a jamais comme Bonnefoy misé sur l'élucidation de l??uvre des peintres, des architectes, des sculpteurs et des photographes pour orienter sa réflexion ; ni consacré d'aussi nombreuses pages, aussi sérieusement et patiemment averties que les siennes, à ces arts visuels. Or ces essais critiques sur l'art ? le massif le plus considérable de son ?uvre ? restait jusqu'à ce jour très peu étudié, relativement méconnu par la plupart des historiens. Loin de s'en tenir à l'entreprise inédite de présentation, d'explication et de compréhension des écrits sur l'art du poète (ses monographies, ses articles parus dans des revues savantes sur l'art, ses traités d'histoire des formes, ses catalogues d'expositions, son enseignement et son activité éditoriale, etc.) le présent ouvrage se propose une seconde tâche, plus radicale, qui ourdit l'ensemble de son propos : celle de refonder l'histoire de l'art dans son rapport à l'histoire du nihilisme. Le geste original de Bonnefoy consiste à appréhender les ?uvres du passé et du présent non pas sous le régime objectivant et distancié d'une histoire des styles ou des courants esthétiques successifs, mais en élaborant une herméneutique existentielle des trajectoires artistiques qui met à chaque instant la démarche historique à l'épreuve de la singularité. Car seules des singularités, des artistes bien réels et non des objets culturels, seront susceptibles de défaire la totalité hégémonique du monde-image. D'où suit que l'enjeu ultime de l'explicitation de l??uvre critique de Bonnefoy est la possible reconfiguration de la discipline constituée de l'histoire de l'art par une pensée du poétique comprise comme résistance spirituelle à l'expérience dévastatrice du néant.