Quatrième de couverture Méditations carnavalesques est constitué d’une quarantaine de textes courts. Ce n’est ni un recueil de récits, ni la somme des «choses vues» ou vécues d’un journal intime, ni un essai fragmenté sur les «mythologies» du temps présent, ni le cabinet de curiosités d’un contemplatif solitaire, ni le carnet d’expérimentation psychédélique d’un amateur de LSD. Mais c’est un peu tout cela à la fois : une invitation au voyage dans un univers, urbain ou champêtre, toujours légèrement décalé, mouvant, peuplé de mots-clefs, de signes familiers, de postures sociales, de visages spectraux, comme autant de personnages allégoriques échappés des fantasmagories de Lewis Carroll. Le défi premier de ce livre se résume à cela : conjuguer plusieurs écritures a priori inconciliables, celle de l’analyse introspective, de l’approche théorique (sociologique, urbanistique ou linguistique), de la fable désenchantée, de l’inventaire à la Perec et de la satire swiftienne. Ces proses à la fois cliniques, poétiques et ironiques parviennent à dépasser les clivages convenus entre raison et déraison, esprit de sérieux et mots d’esprit, joute conceptuelle et plaisir de la langue. L’auteur n’hésite pas à mettre en scène ou en doute le «je» qui lui sert de narrateur intermittent - qui rappelle, de loin en loin, un certain Monsieur Plume d'Henri Michaux. Bien plus qu’un exercice de style(s) insolite, ce livre s’aventure avec fragilité, humour et délicatesse sur un terrain peu fréquenté parce que miné, ce champ magnétique où littérature et sciences humaines convergent pour mieux court-circuiter nos verbiages, stéréotypes et lieux communs d’aujourd’hui.
Date de parution
11/02/2005
Poids
220g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782843352089
Titre
MEDITATIONS CARNAVALESQUES
ISBN
2843352088
Auteur
GIRIBONE JEAN-L
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
220
Date de parution
20050211
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Un film de Jacques Tati nous montre le jardin parfait d'un appartement modèle, où les jets d'eau se détraquent: nous rions. Mais s'ils se détraquaient encore davantage, désobéissant à toute injonction humaine et sortant de notre réalité, nous ne ririons plus. Freud nous raconte comment un jour, perdu à Rome, tentant d'échapper au quartier des prostituées, et s'y retrouvant régulièrement sans le vouloir, il a éprouvé une sensation bizarre; le monde avait perdu sa familiarité, était devenu étrangement inquiétant. La même scène pourtant aurait pu être comique. C'est dire si ces deux registres apparemment opposés sont parents, sont même, comme le dit Mallarmé, en secrète correspondance. Jean-Luc Giribone explore cette correspondance par une lecture parallèle du Rire de Bergson et de l'Inquiétante étrangeté de Freud. Il essaie d'en dégager la profondeur, et en propose une interprétation. A côté de notre réalité se trouve une région qui parfois nous fait rire et parfois nous fait peur.
JL Giribone La Nef immobile Il s'agit d'un ensemble de récits de longueur moyenne (30 à 40 p) qui se passent dans un monde décalé, mais très proche du monde réel (à la manière de Kafka, Borges ou Boulgakov). On peut les appeler « fantastiques », mais le fantastique ici ne repose pas sur des trouvailles ingénieuses ou des inventions gratuites : il surgit de la vie même, qui nous apparaît tout à coup autrement, vue sous un autre jour, à la fois familière et prodigieusement insolite. Un homme, tenu de faire déclaration publique sur son poids et son influence sociale, constate avec tristesse qu'ils ont beaucoup diminué, mais promet qu'il va se reprendre ; un architecte construit un Palais à la gloire du Récit sur le modèle du Palais de la Découverte ; un jeune homme tombe amoureux d'une ville, à partir d'images et de photographies, y va, et découvre tout autre chose... Dans le dernier texte, qui donne son titre au livre, quatre personnes qui se sont rencontrés dans une soirée veulent rester ensemble à tout jamais, et le récit narre ce qu'il advient de ce projet au bout de deux ou trois heures. Ce qui frappe, c'est l'originalité absolue de ce livre. Elle est portée par une écriture elle-même originale, mêlant avec naturel humour, poésie finesse psychologique et profondeur philosophique. La profondeur est là, mais elle n'est jamais pesante. Nous entrons dans un monde différent, mais nous y reconnaissons le nôtre. D'où un vrai plaisir de lecture. On pense à Boulgakov, Gogol, et au cinéma (car le livre est très visuel) David Lynch ou Fellini. L'auteur a déjà publié trois livres, dont un, déjà, de récits, intitulé Méditations carnavalesques, qui avait été remarqué, et nominé au Prix
Les voies spirituelles apparaissent au premier abord très différentes les unes des autres : on ne voit guère ce qui rassemble la méditation assise, l'art des compositions florales et la pratique des arts martiaux. Et encore moins ce qui les rapproche de la « nuit obscure » de Jean de la Croix, ou de l?« expérience intérieure » de Georges Bataille. Mais la pluralité même de ces pratiques fait surgir la question de ce qui les réunit ? qu'ont-elles en commun ? Comment changent-elles notre vision du monde, des choses, des théories et, plus profondément, notre rapport à la vie ? Et finalement, qu'est-ce qu'une « voie » ? Que veut dire ce mot, quand on tente d'en explorer la profondeur ...Telles sont les questions auxquelles veut répondre ce livre qui, en suivant l'itinéraire d'un « chercheur spirituel », et en faisant jouer divers éclairages venus de la psychanalyse, de la psychothérapie et des sciences humaines, explore les fondamentaux de ces pratiques de soi.Jean-Luc Giribone, ancien élève de l'ENS (Ulm), agrégé de lettres, s'intéresse à la pratique spirituelle depuis plus de trente ans. Il est l'auteur d'essais et de récits : Méditations carnavalesques, Le Rire étrange, Qu'est-ce qu'un homme de vérité ? et La Nef immobile.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.