Avec deux hypothèses, l'une sur le désir mimétique, l'autre sur le bouc émissaire, René Girard a bouleversé, depuis quarante ans, le champ des sciences humaines. Sa théorie, qui a replacé le christianisme au coeur de l'anthropologie, est aussi l'une des rares, depuis Durkheim, à tenter d'expliquer les phénomènes culturels et sociaux en remontant à leur origine. Au point que c'est de la ritualisation de cet événement premier que seraient nés les groupes sociaux et les mécanismes qui les protègent : tabous, normes, institutions. Mais seul le sacrifice du Christ, affirme René Girard, dévoile le meurtre fondateur.Répondant aux questions de Pierpaolo Antonello et de João Cezar de Castro Rocha, l'auteur de La Violence et le Sacré éclaire la nature de son entreprise : une théorie du chaos appliquée à l'anthropologie. Il revient pour cela sur les grandes étapes de sa vie et de sa carrière, évoque la réception de son oeuvre en France et dans le monde, et ses chantiers en cours. Face aux critiques qu'on n'a pas manqué de lui faire, mais aussi aux questions brûlantes de l'actualité, il formule différemment ses thèses (sous la forme d'un darwinisme revisité) et propose des analyses inédites : ainsi des pages sur l'Inde védique ou d'autres, plus polémiques, contre Régis Debray et ce qu'il est convenu d'appeler le « retour du religieux ». Cette autobiographie intellectuelle apporte un éclairage singulier sur l'une des pensées les plus stimulantes de notre époque. L'itinéraire de ce chercheur totalement indépendant apparaît de fait exemplaire. En restant à l'écart des écoles de pensées, des modes académiques, voire des compromis institutionnels, René Girard a su se ménager un surprenant espace de liberté. Le prouvent le nombre et la qualité des recherches interdisciplinaires que cette oeuvre suscite : autant de prismes nécessaires pour penser l'origine.
Nombre de pages
280
Date de parution
08/03/2004
Poids
380g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9782220053554
Titre
Les origines de la culture
Auteur
Girard René
Editeur
DDB
Largeur
145
Poids
380
Date de parution
20040308
Nombre de pages
280,00 €
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Le penchant de l'homme à chercher des boucs émissaires responsables de ses malheurs a rarement fait l'objet d'une réflexion critique. C'est désormais chose faite grâce à René Girard. Il montre ici comment le mécanisme du bouc émissaire repose sur une illusion persécutrice partagée entre bourreaux et victimes. Si les citoyens de Thèbes voient dans Oedipe le responsable du fléau qui ravage leur ville, celui-ci en retour est convaincu de sa culpabilité et se crève les yeux pour ne plus voir sa faute. Ce mécanisme victimaire engendre les illusions religieuses qui s'efforcent, par les sacrifices, d'apaiser la colère des dieux. Le christianisme a tenté de mettre fin au culte des idoles sanglantes en jetant le discrédit sur l'accusation persécutrice. Tel serait le sens de la passion du Christ, victime qui fait honte à ses bourreaux et oppose à leur violence le pardon d'un innocent. Le message de l'Évangile est donc le suivant : si les meurtriers pensent que leurs sacrifices sont méritoires, il faut leur pardonner car ils ne savent pas ce qu'ils font. --Paul Klein
R. Girard tente de remonter aux origines de l'édifice culturel et social qui est au coeur de la civilisation. S'appuyant sur une relecture très personnelle des tragiques grecs et sur l'étude des principaux systèmes d'explication, en particulier la psychanalyse, cette enquête met l'accent sur le rôle fondamental de la violence fondatrice et de la victime émissaire.
Le présent ouvrage rassemble huit essais, qui s'échelonnent du début des années 1950 à la fin des années 1980. Les cinq premiers sont des écrits de jeunesse. Ils témoignent des questions qui étaient les miennes au moment où je quittai l'Europe, lecteur passionné de Saint-John Perse et de Malraux. Les autres articles suivent le fil de mes réflexions sur l'histoire du roman bientôt achevée, et qui n'allait faire qu'un pour moi avec celle du désir."L'hypothèse mimétique apparaît dans ma critique de Valéry, auquel je préfère très vite Stendhal. Déterminante dans ces années de formation, la question du "pseudo-narcissisme" oriente alors ma critique de l'illusion d'autonomie, que des articles plus tardifs sur Freud et Proust (1978), puis sur Nietzsche et Wagner (1986), continueront de creuser. Ces études figurent avant le texte d'une conférence sur Wagner donnée en 1983. "Je ne voudrais pas qu'on prenne ce livre pour un simple essai d'esthétique. Cette jouissance m'est étrangère. Van ne m'intéresse en effet que dans la mesure où il intensifie l'angoisse de l'époque. Ainsi seulement, il accomplit sa fonction qui est de révéler."
René Girard a enseigné à l'Université de Stanford. Son oeuvre, traduite et commentée dans le monde entier, compte des ouvrages devenus des classiques, parmi lesquels "Mensonge romantique et vérité romanesque" (Grasset, 1961), "La Violence et le Sacré" (Grasset, 1972), "Des choses cachées depuis la fondation du monde" (Grasset, 1978). Son dernier essai, "Je vois Satan tomber comme l'éclair", est paru en octobre 1999.
Résumé : Il segreto dell'infanzia, publié en 1936 et connu en France sous le titre L'Enfant, est la meilleure introduction à l'oeuvre de la pédagogue italienne. Dans un style clair et concis, il expose les principes et les méthodes d'une éducation fondée tout entière sur le respect de la personnalité et des rythmes de l'enfant. Ce projet ne cesse, depuis près d'un siècle, d'inspirer théoriciens et praticiens de la pédagogie. Jusqu'ici, la traduction française ne proposait que les deux premières parties de la version originale, dans lesquels manquaient déjà 6 chapitres, avec plusieurs suppressions et des déplacements de textes. La troisième partie, constituée de sept chapitres, avait été omise. Cette nouvelle édition propose donc le texte dans son intégralité et dans l'exacte présentation initiale, avec plusieurs préfaces historiques. Traduction de Charlotte Poussin, éducatrice Montessori diplômée de l'AMI, membre du Conseil de l'Association Montessori France, et auteur de plusieurs ouvrages de référence autour de la pédagogie Montessori.
Résumé : Ce livre est à la fois sauvage et réfléchi. Sauvage parce qu'il exclut d'emblée les paix morbides, ces "sagesses de camomille" qui, sous couvert d'apprivoiser la mort, empoisonnent la vie. Il clame en premier lieu que nous ne sommes pas faits pour mourir. Mais ce cri oblige à une méditation plus profonde. Nous devons mourir à notre désir de maîtrise. Chaque fois que notre vie rencontre un obstacle, nous sommes invités à nous déprendre de nous-mêmes. Ce consentement à la mort se nomme amour. Mourir à soi-même, c'est tuer ce qui, dans notre vie, est obsédé par la vie. Ces "petites morts", lues à partir de la pensée de Simone Weil, indiquent un chemin de dépossession et de plénitude. A l'heure où nous serons dessaisis de tout, c'est notre propre vie qui nous sera redonnée. Nous étions à la lisière du paradis, et nous ne le savions pas ! Il faudra bien l'éternité pour prendre la mesure de cette étrange nouvelle.
Résumé : Symbole du progrès, du travail de la raison qui tente d'expliquer inlassablement le réel et le destin de l'univers, la science est aussi un extraordinaire lieu de dialogue entre les cultures par sa vocation à tendre vers l'universel. Astrophysicien, Pierre Léna propose d'abord une " promenade de science " évoquant des questions que chacun se pose. La science, traque de l'invisible à travers les apparences du visible, n'est-elle qu'une affaire de spécialistes ? Patient exercice de la preuve ou belle construction mathématique, voire relation subtile entre la vérité et le changement ? Spécialiste du gêne humain, Yang Huanming donne quant à lui la perception chinoise de la science, liée à la cosmologie, à la sagesse et à la vision de l'univers et des forces qui l'animent. Il s'interroge à son tour sur la dimension éthique à partir du génome humain.