Jean Gillibert dans son théâtre ne se contente pas d'explorer passionnément les fourvoiements de l'histoire de son siècle; il cherche, plus encore peut-être, à rendre compte d'un autre phénomène, lui aussi moderne et non moins inquiétant: la démission des mots. Il n'est certes pas le premier à avoir diagnostiqué et ausculté en nous cette maladie du verbe: Artaud - dont il paraît être aujourd'hui l'un des rares à prolonger fidèlement la quête avait frayé avant lui ce chemin de ronces empoisonnées et s'y était cruellement déchiré. Lui-même pense qu'il est sans doute trop tard pour tenter de guérir l'humanité du cancer langagier qui la ronge et la paralyse, la réduisant peu à peu à ce grand corps frappé d'aphasie baveuse et bavarde que l'on sait, à mesure que prolifère sa rage de communiquer pour ne rien dire. Ce qui n'est pas une raison, estime-t-il, pour baisser les bras, et moira encore pour baisser la voix-à condition que celle-ci daigne s'appliquer à articuler les mots de la tribu avec un minimum d'exigence. Car si le roman peine de plus en plus à dénoncer l'insuffisance de ce que nous avons à dire, ou plutôt de la façon dont nous essayons de le dire, le théâtre, lui. fort de cette présence physique partagée - et publiquement partagée- entre un acteur-locuteur et un auditeur à la fois spectateur et témoin, y parvient encore assez bien. Il est peut-être le dernier lieu où il ne soit pas tout à fait vain de secouer les mots, de leur faire rendre gorge.
Nombre de pages
656
Date de parution
21/12/2009
Poids
875g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782296107441
Titre
Théatre. 1963-2008
Auteur
Gillibert Jean
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
155
Poids
875
Date de parution
20091221
Nombre de pages
656,00 €
Disponibilité
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Ces Jean jusqu'à Jean Nouveau, dans la suite de Jean Sans Terre - leur déploiement dans une époque dite d'après-guerre, d'après 40 surtout. Cette époque est mise en alarme à travers des personnages, des rencontres. Pour Jean, de père et mère introuvables ou trouvés - désastreux. Jean ne parle donc pas toujours de lui - car lui, c'est les autres. Il eût fallu un roman qui distance le présent du passé. L'auteur n'en voulait pas, car il n'en pouvait pas. Peut-être y a-t-il un lecteur pour le rejoindre et l'aimer : si la vie ment, l'écriture peut dire vrai dans ses sommations de récit, puisqu'elle va jusqu'à la vie de la mort. Jean Gillibert nous offre, avec Exils, une suite somptueuse, tendre, grave, ironique. Poète, homme de théâtre reconnu et fit traducteur estimé, il est, avec ce texte, un grand prosateur.
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L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
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